24 novembre 2009 - 19H36  

En congrès, les syndicats autonomes poussent à la recomposition syndicale
Le secrétaire général de l'Unsa (syndicats autonomes), Alain Olive, a poussé les feux de la recomposition syndicale dès l'ouverture mardi du congrès de son organisation, à Pau, en appelant à un "très large rassemblement" du "syndicalisme réformiste", aujourd'hui éparpillé.
Le secrétaire général de l'Unsa (syndicats autonomes), Alain Olive, a poussé les feux de la recomposition syndicale dès l'ouverture mardi du congrès de son organisation, à Pau, en appelant à un "très large rassemblement" du "syndicalisme réformiste", aujourd'hui éparpillé.

AFP - Le secrétaire général de l'Unsa (syndicats autonomes), Alain Olive, a poussé les feux de la recomposition syndicale dès l'ouverture mardi du congrès de son organisation, à Pau, en appelant à un "très large rassemblement" du "syndicalisme réformiste", aujourd'hui éparpillé.

En présence de dirigeants de la plupart des autres confédérations, dont François Chérèque (CFDT), l'Unsa (Union nationale des syndicats autonomes) a voulu saisir l'occasion historique que constitue le chamboulement des règles du jeu syndical en 2008 pour en finir définitivement avec ce que M. Olive a appelé "le Yalta syndical",

Né en 1993 d'une alliance de syndicats de fonctionnaires et des services publics, venus notamment de la FEN, le "petit poucet", organisation non représentative à la différence des syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC, a tout à gagner à une redistribution des cartes.

L'Unsa, qui revendique "300.000 adhérents réels", est aujourd'hui la quatrième union syndicale, au moins en termes d'effectifs. Elle a recueilli 6,25% aux élections prud'homales de 2008, un score toutefois nettement en deçà de ses attentes, selon Gilles Desseigne (du secteur des banques).

Depuis la loi du 20 août 2008, qui fait dépendre la représentativité et l'existence des syndicats à tous les niveaux de leur audience aux élections professionnelles, l'avenir des "petits" (CFTC et CFE-CGC au 1er rang) n'est plus assuré. Selon Christian Chevalier (Unsa-Education), "l'instinct de survie pousse au rapprochement".

Pour Alain Olive, "le syndicalisme réformiste, s'il veut être ambitieux, doit avoir une perspective de très large rassemblement" et "l'Unsa doit y être prête".

Devant quelque 700 délégués, il a estimé qu'il y avait "toujours une ligne de partage qui sépare les organisations à dominante protestataire et les organisations à dominante réformiste", appelant celles-ci à "mieux coopérer pour aboutir à des propositions communes" sur tous les grands sujets sociaux.

La direction de l'Unsa avait engagé en 2008 un rapprochement avec la CFE-CGC, bloqué depuis par des oppositions internes à la centrale de l'encadrement. Mais selon M. Olive, "l'échec - pour l'instant - de cette démarche ne signe pas l'échec de toute tentative de rassemblement d'un pôle réformiste".

Le discours du secrétaire général a mis en évidence des convergences avec la CFDT: même volonté de "valoriser" les résultats des grands mouvements sociaux du 1er semestre, vision commune d'un syndicalisme intégrant "tous les sujets de société", mêmes réserves face à une grève générale : "pour quoi faire ?", a-t-il demandé dans des termes utilisés à la rentrée par François Chérèque.

M. Chérèque, présent pour la première fois à un congrès de l'Unsa, n'y a d'ailleurs trouvé "rien à redire". "Exactement pareil!", a appuyé Bernard van Craeynest (CFE-CGC).

La prise de distance a été nette avec FO. "Pour certains, l'unité n'est pas un combat, c'est au contraire un long et douloureux supplice", a asséné Alain Olive.

Le plaidoyer pour l'unité des réformistes, s'il est apparu majoritaire dans les débats, n'a pas été du goût de tous les cadres de l'Unsa.

"Les salariés n'attendent pas la construction d'une hypothétique troisième force, dont ils ne comprennent ni le sens, ni l'intérêt", a affirmé Gilles Desseigne.

Des critiques, de forme principalement, ont aussi fusé sur le rapprochement avec la CFE-CGC, engagé "un peu dans le secret" ou "à contre-temps", selon des délégués.

Le contexte social en est presque passé au second plan. Attention, a mis en garde Philippe Costa (agriculture) à "une crise entre la base et des responsables syndicaux parfois éloignés du terrain".

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