Dernière modification : 29/11/2009 

- Élection présidentielle - Honduras - Manuel Zelaya - Roberto Micheletti


Le pays aux urnes pour tenter de tourner la page de la crise politique

Ni le président déchu Zelaya (photo), ni le chef du régime putschiste Micheletti ne sont candidats à la présidentielle censée apaiser la crise hondurienne. Plusieurs pays voisins ont affirmé qu'ils ne reconnaîtraient pas le résultat du scrutin.

Par FRANCE 24 (vidéo)
FRANCE 24 avec dépêches (texte)
 

Près de 4,5 millions de Honduriens sont appelés aux urnes ce dimanche, dans une

Honduras
  • Population : 7,792,854 d'habitants
  • Capitale : Tegucigalpa
  • Langue officielle : espagnol
  • Institutions : République dont le président est élu pour 4 ans au suffrage universel
  • Economie : 68,9 % de la population vit dans la pauvreté ou la misère ; 40 % de chômeurs ; dette extérieure :  5,36 milliards de dollars (2007)
  • Taux d'homicide : 58 pour 100 000 habitants

 

atmosphère tendue, pour élire un nouveau président après le coup d’Etat qui a renversé, le 28 juin, le président Manuel Zelaya.

Ni Manuel Zelaya, réfugié à l’ambassade du Brésil à Tégucigalpa depuis le 21 septembre, ni Roberto Micheletti, propulsé à la présidence intérimaire du Honduras après le putsch, ne sont candidats. Porfirio Lobo (Parti national), qui avait appelé à la "réconciliation", s’affirme comme le favori du scrutin. Son principal rival, Elvin Santos, est, lui, issu du Parti libéral, comme Zelaya et Micheletti. 

Appel à boycott

La présidentielle se déroule sous haute sécurité. Près de 30 000 policiers et militaires devaient être déployés dans le petit pays d’Amérique latine.

Les autorités putschistes au pouvoir ont organisé les élections avec le soutien des Etats-Unis, partenaire principal et historique du Honduras. Elles espèrent que l’élection permettra de tourner la page de la crise politique qui a plongé le Honduras au bord de la faillite. Le pays, où 68,9 % de la population vit dans la misère ou la pauvreté, était déjà l’un pays des plus pauvres d’Amérique latine. Et la crise politique n'arrange pas les choses : les Etats-Unis et l’Union européenne ont suspendu plus de 120 millions de dollars d’aide au pays et plusieurs organismes internationaux ont gelé leur crédit. 

Manuel Zelaya a appelé à boycotter le scrutin, après avoir tenté en vain de le reporter. "C'est la première fois, il n'y a pas de précédent en Amérique latine, que la dictature organise elle-même sous sa tutelle, sans observateurs de l'Organisation des Etats américains, un processus [électoral]. Je regrette que les Etats-Unis soutiennent cela", déplore-t-il.

Condamnation de la communauté internationale

Le président déchu a toutefois obtenu le soutien de plusieurs pays d’Amérique latine : le Venezuela, l'Argentine, ou encore le Brésil ont fait savoir qu'ils ne reconnaîtraient pas le résultat de l'élection. Idem pour l'Equateur dont le président, Rafael Correa, s'exprimait ainsi vendredi à Bruxelles, au nom de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) : "Nous ne reconnaîtrons pas le résultat de l'élection [présidentielle]."

La communauté internationale avait condamné le coup de force qui a renversé Manuel Zelaya, le jour où il avait organisé une consultation populaire pour réformer la Constitution interdisant à un président de briguer un second mandat.

En accord avec les Etats-Unis, le Congrès du Honduras votera le 2 décembre pour savoir si Zelaya doit être rétabli dans ses fonctions et terminer son mandat, qui prend théoriquement fin le 27 janvier.

 

Commentaires (1)

La guerre des nuls

D’un côté, Zelaya souhaitait exercer le pouvoir seul, malgré les oppositions des autres institutions de la démocratie. D’un autre côté Micheletti a utilisé la force, rompant ainsi le principe de démocratie qu’il prétendait ainsi défendre.
Seules des élections peuvent faire sortir le Honduras de cet imbroglio. Vu la tension entre les deux hommes, il n’était pas souhaitable que Micheletti ou Zelaya occupe le poste de président pendant cette période. Il aurait été préférable d’écarter ces deux dictateurs en puissance pour instaurer un pouvoir temporaire de conciliation jusqu’aux élections.
Insister au retour de Zelaya, c’était en fait donner des arguments à Micheletti pour rester.
Aujourd’hui, l’important pour les honduriens, c'est de s'être qualifié pour le mundial 2010!!!

qui

L'enjeu pour les putchistes est actuellement le taux de participation aux elections. Ils essaient tous les stratagèmes possibles pour "inciter" les Honduriens voter : spots de propagande (ne pas voter, c'est voter Chavez; si vous ne votez pas, vous serez fichés ...) , Micheletti declarant "le vote est une obligation constitutionnelle, l'abstention est punissable"; les pressions aux employés par leur patrons pour aller voter; les pressions militaires sur ceux qui appellent à l'abstention.

Le tout dans un contexte de repression et de privation des libertés, arrestations arbitraires, les decrets se succedent en ce sens tel le dernier qui declare l'etat d'urgence, ainsi que l' Executive Order 124-2009 qui permet de fermer les médias jugés subversifs.

Le centre carter, les observateurs de OEA et de l'union eurooeennes qui habituellement supervisent les elections n'y particperont pas, les putchistes on choisit eux meme leur observateurs, bien evidemment ideologico-compliant.

En consequence, le soutient à cette election n'aura plus qu'une seul interet c'est d'observer qui tombera les masques dans la communauté internationale, les Etats-Unis c'est déja fait; au tour de l'Europe?

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