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Economie

WikiLeaks publie plus de 500 000 messages envoyés le 11-Septembre

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 27/07/2010

Spécialisé dans la publication de "fuites d’informations", le site Internet WikiLeaks vient de mettre en ligne d'innombrables messages envoyés depuis des "bipers" américains, le 11 septembre 2001. Il s'assure ainsi une renommée internationale.

"2001-09-11 03:00:05 : 'Bon anniversaire, mon amour'". Le site spécialisé dans la "fuite d’informations" WikiLeaks a publié, jeudi, ce message parmi les quelque 569 999 autres envoyés depuis des "bipers", le 11 septembre 2001, aux États-Unis. "Cette archive se veut une image complètement objective de ce moment crucial de notre histoire", peut-on lire sur le portail du site spécialement mis en place pour cette opération.

Des blogs se sont aussitôt mis à éplucher l’ensemble de ces témoignages qui forment un tout dont la lecture est aussi austère qu'indigeste. Selon WikiLeaks, les messages ont été écrits par des employés du Pentagone, du FBI, des services de secours de New York et de Washington ou par de simples particuliers. Le site Reddit en a déjà sélectionné plus d’une centaine. Certains sont poignants - "Appelle-moi pour me dire que tu n’es pas mort. Si tu ne m’appelles pas, je jure que je te tue !" -, d’autres restent plus factuels. L'opération est, à ce jour, le plus gros coup de WikiLeaks, compte tenu de son impact médiatique.

Comme à son habitude, WikiLeaks ne révèle pas sa source. Tout au plus, Daniel Schmitt, le porte-parole du site, consent-il à expliquer à la BBC que l'équipe a décidé de publier ces témoignages qu'elle jugeait fiables, après avoir passés plusieurs semaines à les vérifier. 

Dissidents chinois

Créé en 2006 par des dissidents chinois, des journalistes et des informaticiens, WikiLeaks n’en est pas à son coup d’essai. Le site héberge 1,2 million de documents "confidentiels" ou sensibles. Son credo : faire connaître au monde des informations provenant de pays pratiquant largement la censure.

C'est en mai 2007 qu'il obtient ses premières lettres de noblesse. Le quotidien anglais "The Guardian" cite alors WikiLeaks comme principal source de l'un de ses articles de une consacré à la corruption de l’ancien président kenyan Daniel arap Moi. Deux autres affaires lui permettent, par la suite, d’asseoir sa réputation. En novembre 2007, il publie d'abord le guide officiel distribué par l'état-major américain aux soldats chargés de garder le camp de Guantanamo ; l'année suivante, en pleine campagne électorale américaine, le site propose cette fois aux internautes le contenu de la boîte mail de Sarah Palin, la colistière du candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain.

À chaque fois cependant, ces "coups" ne se déroulent pas sans conséquences. WikiLeaks a, ainsi, eu plusieurs fois maille à partir avec la justice. En février 2008 par exemple, la banque Julius Bear a tenté - en vain - de faire fermer le portail après la publication de documents qui la reliaient à un paradis fiscal. Les autorités allemandes y sont, elles, parvenues avec wikileaks.de après la publication, en mars 2009, d’une liste noire de sites que le gouvernement australien voulait censurer (en s'appuyant sur une erreur administrative du gestionnaire du site). Le site se targue, lui, de n’avoir jamais été poursuivi pour avoir fait circuler une fausse information.

Première publication : 27/11/2009

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