Dernière modification : 02/12/2009
- Islam - Minaret - Suisse
Oskar Freysinger, figure de proue des anti-minarets, a le triomphe modeste
Celui qui a le plus ardemment défendu le oui au référendum suisse sur la fin des constructions de minarets est un homme aux multiples casquettes. Portrait.
Par FRANCE 24 (texte)
"Je ne m’attendais pas à ça… !" C’est par une réaction d’étonnement qu’Oskar Freysinger a accueilli les résultats du référendum, dimanche. Le conseiller national du parti de l'Union démocratique du centre (UDC), parti de la droite libérale et ultra-conservatrice, a pourtant été l’un des ardents défenseurs du oui à l’initiative populaire "contre la construction de minarets". Étant donné ses positions sur l'islam, l’homme avait choisi un lieu curieux pour attendre les résultats, ce dimanche : le Centre islamique de Lausanne. C'est la première fois qu'il visitait une mosquée.
Dans un reportage tourné par la télévision suisse TSR, Oskar Freysinger apparaît au milieu de musulmans en prière. Et l’homme - tenue décontractée, cheveux longs - se montre inquiet, quasiment ébranlé d’apprendre le triomphe du oui (voir vidéo ci-dessous).
À la sortie, au moment de remettre ses chaussures, il n'en mène pas large lorsqu'un fidèle lui assène : "J'vous boxerais bien la gueule !" Peu après que les résultats soient tombés, il fait savoir qu’il demandera une protection policière spéciale. Puis se rétracte. "J’étais surtout inquiet pour ma famille. Et je reconnais que, au moment où j’ai appris que nous allions gagner, j’ai eu mal au bide et un moment de panique. Mais je me suis dit :'Mon propos n’est ni extrémiste ni haineux, les choses devraient bien se passer.'", explique-t-il au quotidien "Le Matin". Ce qui fait réagir ses confrères de Berne : "Oskar Freysinger a peur de sa réussite, mais, quand on joue avec le feu, on finit par se brûler les mains", s’exclamait lundi le conseiller national Vert Antonio Hodgers.
Trublion de la politique
Interrogé par "Le Matin", l’homme tend paradoxalement la main à la communauté musulmane : "Les musulmans ont été trop discrets. Ils auraient dû sortir du bois." Et joue le "vainqueur modeste", d’après Le Temps, principal quotidien francophone helvète.
Qui est Oskar Freysinger ? Un homme à plusieurs casquettes. Pas seulement un trublion de la politique qui secoue Berne avec ses sorties fracassantes (lire "On fait entrer les incendiaires " et "Oskar Freysinger, piégé par ses amalgames sur l’islam", articles parus dans "Le Temps". Voir aussi sa confrontation avec Tariq Ramadan lors d’un débat à la télévision). A 49 ans, il est également professeur d’allemand en lycée, écrivain, et musicien à ses heures.
D’après l’intéressé, son roman, "Die Schachspiral" ("La spirale aux échecs", éd. de la Matze, 2006), ferait l’objet d’une adaptation au cinéma par un réalisateur américain - il refuse de dire qui -, avec Tom Hanks comme tête d’affiche. Il envisagerait même de quitter la politique pour se consacrer à l’écriture…
L'homme politique, qui a le goût de la provocation et des débats fielleux, voudra sûrement faire fructifier la victoire personnelle engrangée dimanche dernier. Il annonce déjà qu'il s'attelle à la question du port du voile à l'école, et l'expulsion des "criminels étrangers". Et serait ravi de voir le débat sur les minarets essaimer à l'étranger (voir notre vidéo ci-dessous).


























Commentaires (10)
"la spirale en échec"
ce livre sera-t-il traduit en français?
Oskar Freysinger
Pour M. Jean Lesieur
Cher Directeur ! Vos dernières archives sur OF -et il n'y en a que deux !- remontent à plus d'un an ... Il vient de faire un tabac ce samedi après midi 18 décembre à l'Espace Charenton devant 1 200 personnes "de tous bords" (gauche, centre, droite; laïques et religieux; riches et pauvres; fonctionnaires, salariés et patrons de PME) réunis à l'occasion des "Assises sur l'Islamisation de l'Europe". Son passage à Paris eût été pour France 24 une occasion rêvée d'interviewer une des personnalités montantes et incontournables de la scène politique européenne. Et ça nous changerait des sempiternelles guéguerres entre chefs africains (en ce moment la Côte d'Ivoire !) qui ne savent vider leurs querelles dans le sang car ils n'ont pas "les mots pour le dire"!
Freysinger, lui, professeur de littérature allemande parfaitement trilingue, a les mots, le cerveau, la détermination, l'humour et le charisme. Pourquoi ne pas faire PROCHAINEMENT un sujet sur les emprunts institutionnels (démocratie directe !) que la France embourbée et autiste pourrait faire à sa voisine hélvète ?
Bien cordialement
Minarets
@ 1/12/2009 - 20:19 "Pour moi, il s'agit là d'ignorance fondamentale"
C'est le seul argument des opposants, donc tous ceux qui ont accepté l'initiative (vers 56%) sont des ignorants, des imbéciles ou des ignares ? Merci !
Faisons confiance à la
Faisons confiance à la sagesse populaire.
minaret
Vive la démocrarie, la parole est aux citoyens. bravo! les Suisse
les minarets
enfin pourquoi l'islam ne s'adapte pas a l'europe, et non le contraire
Bravo la Suisse
Bravo la Suisse. Alors l'UE à quand la vraie démocratie
attention...
+1 au poste de 20:44 le 01/12/2009
ces journalistes français ont de la peine à comprendre notre pays...
un Conseiller national est un membre de la chambre basse du parlement fédéral. ;)
page du Conseil fédéral: http://www.admin.ch/br/index.html?lang=fr
page de l'Assemblée fédérale: http://www.parlament.ch/f/pages/default.aspx
Oskar Freysinger, figure de proue des anti-minarets, a le triomp
le peuple suisse donnerait une image exemplaire et d'un civisme admirable aux dires de Monsieur Freysinger. Pour moi, il s'agit là d'ignorance fondamentale.
Freysinger
Antonio Hodgers et Freysinger ne sont pas des conseillers fédéraux. Le Conseil fédéral est l'Exécutif de la CH. Il est formé de 7 membres. Les 2 personnages cités sont des conseillers nationaux, membre du Législatif donc.
B.V.
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