05 décembre 2009 - 10H19  

Les Roumains élisent leur président dimanche avant un Noël de récession
Les Roumains choisiront dimanche leur président pour les cinq ans à venir avec l'espoir de sortir de l'impasse politique qui paralyse depuis deux mois un pays confronté à une des pires récessions de l'Union européenne.
Les Roumains choisiront dimanche leur président pour les cinq ans à venir avec l'espoir de sortir de l'impasse politique qui paralyse depuis deux mois un pays confronté à une des pires récessions de l'Union européenne.
Bucarest a évité de sombrer grâce à un prêt de 20 milliards d'euros accordé par le Fonds monétaire international (FMI), l'Union européenne (UE) et la Banque mondiale.
Bucarest a évité de sombrer grâce à un prêt de 20 milliards d'euros accordé par le Fonds monétaire international (FMI), l'Union européenne (UE) et la Banque mondiale.

AFP - Les Roumains choisiront dimanche leur président pour les cinq ans à venir avec l'espoir de sortir de l'impasse politique qui paralyse depuis deux mois un pays confronté à une des pires récessions de l'Union européenne.

A trois semaines d'un Noël où 50% des citadins se passeront de sapin pour économiser, selon une enquête de l'institut Mednet, la présidence se joue entre un ancien capitaine de marine de centre-droit, le président sortant Traian Basescu, et un ex-diplomate social-démocrate, Mircea Geoana.

S'ils sont arrivés au coude-à-coude au premier tour, Basescu récoltant 32,44% des voix, contre 31,15% à son rival, M. Geoana fait figure de favori après avoir rallié les libéraux, troisième force politique du pays, et le parti de la minorité hongroise (UDMR).

Un sondage publié cette semaine, par l'institut Insomar, le crédite de 54% des suffrages.

"Il est quand même difficile de dire que les jeux sont faits", tempère l'analyste politique Cristian Pârvulescu.

Une certitude demeure: la tâche du prochain chef de l'Etat sera complexe. Enivrée par une croissance de 5% voire 8% au milieu des années 2000, la Roumanie se réveille avec une gueule de bois et une économie en recul de 7,4% sur les neuf premiers mois de 2009.

Le chômage est reparti à la hausse à 7,1%, même si la soupape de l'émigration, 2,5 millions de Roumains sont à l'étranger, continue de fonctionner.

Bucarest a évité de sombrer grâce à un prêt de 20 milliards d'euros accordé par le Fonds monétaire international (FMI), l'Union européenne (UE) et la Banque mondiale.

Mais cette bouée de sauvetage menace de faire défaut, le FMI et l'UE ayant suspendu en novembre un troisième versement en attendant la formation d'un nouveau gouvernement.

Car depuis l'éclatement le 1er octobre de la coalition formée entre le Parti social-démocrate (PSD) de M. Geoana et le Parti démocrate-libéral (PDL) de M. Basescu, la Roumanie est gouvernée par un exécutif intérimaire.

S'il est élu, M. Geoana promet un nouveau gouvernement avant Noël, dirigé par un membre de la minorité germanophone de Roumanie, Klaus Iohannis, et soutenu par une majorité au Parlement grâce à l'alliance entre PSD, libéraux et petits partis. M. Geoana promet de maintenir l'emploi.

M. Basescu pour sa part affirme que le PDL réussira à trouver des partenaires de gouvernement, mettra fin aux privilèges des hommes politiques et diminuera les dépenses publiques. Il a lancé vendredi un appel aux libéraux en estimant que le pays a besoin d'une alliance de droite pour mener les réformes.

Aucun des deux candidats ne chiffre son programme alors que le déficit public doit monter à 7,3% du Produit intérieur brut.

Si des analystes craignent la poursuite des guéguerres politiques stériles avec le "lutteur" Basescu, d'autres mettent en doute la capacité de Geoana "le diplomate" à contrôler certains membres du PSD poursuivis pour corruption.

Après une campagne où les "révélations" se sont succédées --vidéo montrant M. Basescu frappant un enfant lors d'un meeting en 2004, qu'il dénonce comme un faux, liens supposés de l'un ou de l'autre avec des figures douteuses--, "la raison n'aura pas le droit de vote dimanche", estime l'éditorialiste du quotidien Gândul, Cristian Tudor Popescu.

"La majorité des choix sera émotionnelle avec pour critères de base:+je ne supporte plus Basescu+ ou +je ne peux pas voter pour Geoana+", dit-il.

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