- Éducation - France - Luc Chatel
Fronde des universitaires contre la suppression de l'histoire-géo en terminale S
Une vingtaine d'universitaires de renom ont lancé un appel dans le "Journal du dimanche" contre une mesure de la réforme du lycée qui prévoit de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale scientifique.
Haro sur l’histoire-géo. Au nom d’un rééquilibrage des séries et de la revalorisation de la filière littéraire, qui peine à attirer plus de 10 % des élèves inscrits au baccalauréat général, le gouvernement français propose, dans le cadre de sa réforme du lycée, de rendre optionnelle cette matière en terminale scientifique. Un projet qui a déclenché un véritable tollé dans le monde universitaire.
Dans un manifeste publié dans les colonnes de la dernière édition du "Journal du dimanche", historiens, universitaires, chercheurs, journalistes et politiques pointent du doigt le "décalage" de cette réforme avec "les nécessités évidentes de la formation des jeunes Français au début du XXIe siècle."
Soutenus par quelques têtes d’affiche politiques, comme les socialistes Martine Aubry, Laurent Fabius, Ségolène Royal, ou la vice-présidente du Modem Marielle de Sarnez, les universitaires dénoncent une contradiction profonde avec le débat sur l’identité nationale et l’intérêt du président français, Nicolas Sarkozy, pour l’Histoire.
"On n’avait pas trouvé mieux que l’Histoire pour comprendre l’identité collective. Elle permet d’appréhender la représentation mentale des autres, de comprendre le présent et de préparer l’avenir. L’enseignement de l’histoire est essentiel pour transmettre les valeurs fondamentales, réagit Dimitri Casali, historien à Paris-IV et ancien professeur d’histoire en collège et lycée. Plutôt que de payer des élèves pour aller à l’école, on ferait mieux de leur transmettre le goût de l’effort en leur parlant des grands hommes qui ont fait l’Histoire."
"Un bon compromis"
Dans une interview au "Figaro", le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, chargé d’orchestrer la réforme, se défend d’avoir consulté "pendant des mois" professeurs, directeurs d’établissement et recteurs avant d’avoir trouvé ce qu’il considère comme un "bon compromis". Selon lui, la suppression de l’histoire-géo en terminale S permettrait de mettre l’accent sur une plus grande spécialisation et de solidifier les passerelles entre le lycée et l’enseignement supérieur sans sacrifier aucune discipline.
La réforme prévoit en effet que le programme d’histoire-géographie soit regroupé sur les deux années de seconde et de première afin de laisser place à un enseignement de "méthode et outils" censé préparer aux études supérieures. "Pas une mauvaise idée au départ, concède Dimitri Casali, mais comment construire des passerelles lorsqu’on enlève aux lycéens leurs repères spatio-temporels !"
Les historiens qui demandent l’annulation pure et simple de cette décision ne défendent pas seulement leur discipline mais s’attaquent aussi à l’ensemble de la réforme et à sa philosophie "inspirée par un utilitarisme à courte vue" plutôt qu’à sa forme.
L’entrée en vigueur de la réforme du lycée, qui doit être entérinée jeudi par le Conseil supérieur de l'Education, est prévue pour la rentrée 2010.


























Commentaires (6)
mort de rire !
comment s'offusquer de vouloir une spécialisation reelle des étudiants scientifiques ! n'est il pas possible de penser que ces étudiants seront assez curieux pour s'instruire par eux mêmes sur l'histoire et la géo une fois leur cycle d'étude terminé ? Doit on les gaver comme des canards ? C'est faire peu de cas de leur aptitude à "auto evoluer". S'il n'en sont pas capables, leur cas est désespéré. Mes parents, titulaires du certificat d'étude ont, par eux mêmes, atteint un niveau de culture que beaucoup de pseudo intellectuels pourraient leur envier !!
Laissons aux scientifiques le soin de se cultiver. Sinon qu'ils restent ignares, donnant par la même la preuve de leur incoherence.
Jean
contre la suppression de l'histoire en terminale S
Scandaleux de penser à supprimer l'enseignement de l'histoire en terminale s . On veut fabriquer quoi ? des clones obéissants sans références , sans recul , béni oui ,oui . Et la culture d'une façon générale ds tout ça ? La table de multiplication, c'est un peu juste pour aider à réfléchir ......
Histoire Géo supprimée en T S
Que nos "profs" apprennent à nous intéresser ! au lieu de nous "débiter" des Km de chiffres, dates qui ne nous intéressent pas ! Je m'interresse à l'histoire géo depuis que je me suis plongé dans l'histoire de mes ancètres (qui ils étaient, comment ou ils vivaient, leurs conditions de vie etc... C'est "la même chose" mais en plus ludique... Et si mes camarades "Juan" "Mohamed" "John"... avaient fait la même chose, nous aurions croisé les peuples...
supression de l'histoire,géo en terminale
c'est carrément honteux de vouloir faire une telle chose, déja à mon époque et même en terminale (1988), maintenant que j'ai bientôt 40 ans, je trouve que déja à mon époque on a omis beaucoups de choses en histoire, et la géo change tout le temps ou presque alors si on ne continue pas d'apprendre le minimum concernant l'histoire et la géo ,comment nos jeunes pourront se faire une idée sur l'évolution de tout cela?
Les étudiants s'expriment également à ce sujet...
Pour voir notre communiqué de presse, cliquez sur le lien ci-dessous :
http://afneg.org/blog/2009/11/cdp-reforme-du-lycee-et-histoire-geographi...
Bruno MARTIN
Président de l'AFNEG - Les étudiants géographes !
Bassesse gouvernementale !
C'est sûr que nos "élites", menées par un président dont la culture générale fait honte à la France, ne cherchent qu'à "former" des individus corvéables et malléables parfaitement adaptés aux entreprises pratiquant le "Tais-toi et travaille !"...
C'est encore un scandale de plus dans cette république bananière qui veut abaisser le savoir au niveau de son président inculte. Mais dans ce cas, il suffit de remplacer collèges et lycées par des crèches !!!
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