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"L'ange blond de la mort" devant ses juges

Vidéo par Karim YAHIAOUI

Texte par Andres BERMUDEZ LIEVANO

Dernière modification : 12/12/2009

Le procès de l'ancien capitaine Alfredo Astiz s'ouvre ce vendredi à Buenos Aires. Celui que l'on surnomme "l’ange blond de la mort" est considéré comme l'un des pires tortionnaires de la "guerre sale" (1976-1983).

Vingt-six ans après la fin de la dictature militaire en Argentine (1976-1983), l'ancien officier de la marine Alfredo Astiz, 58 ans, doit répondre de ses actes devant la justice. Reporté une première fois - la défense ayant récusé le juge -, son procès s'ouvre vendredi à Buenos Aires. Accusé de crimes contre l'humanité, celui dont la chevelure dorée lui a valu le surnom d'"ange blond de la mort" est considéré comme l’un des pires tortionnaires de la "guerre sale" menée contre les opposants de gauche durant les années 1970.

"Vols de la mort"

Aux côtés d'Alfredo Astiz figure, sur le banc des accusés, 18 membres d’une unité spéciale de l'École de mécanique de l'armée (ESMA), qui ont servi sous la "guerre sale".  L'ESMA, un nom qui fait frémir : près de 5 000 dissidents politiques ont été torturés puis exécutés entre 1976 et 1983 dans les bâtiments de l'École, véritable centre de détention illégal devenu le symbole de la répression durant ces années noires de l'Argentine.

Nombre de personnes passées par l'Esma ont été embarquées dans les sinistres "vols de la mort" pour être jetées dans le fleuve Rio de la Plata depuis des avions. Dans le procès d'Astiz et de ses co-accusés, qui doit durer six mois, 86 disparitions seront examinées.

Étouffés pendant de longues années, les dossiers judiciaires sur les militaires de la dictature ont été dépoussiérés en 2003, date de l'annulation des lois d'amnistie sous la présidence Kirchner. Depuis, les autorités souhaitent que les tortionnaires soient jugés rapidement. Au total, on dénombre plus de 30 000 disparus, selon les organisations de défense de droits de l'Homme.

Condamné à perpétuité en France

À la tête d'un commando à l'époque des faits, l'"ange blond de la mort" est accusé de torture contre des opposants au régime. Il est également soupçonné d'être impliqué dans la disparition de deux religieuses françaises, Léonie Duquet et Alice Domon, ainsi que dans celles de la fondatrice du mouvement des Mères de la Place de Mai, Azucena Villaflor, et de l'Argentino-Suédoise Dagmar Hagelin, en 1977.

Il a déjà été condamné par contumace en France à la prison à vie pour le meurtre des deux religieuses françaises, ainsi qu’en Italie pour celui de trois Italiens. Mais c’est la première fois qu’il va faire face à la justice de son propre pays.

L'"ange blond de la mort" a justifié son surnom en étant l’un des rares anciens militaires à justifier la "guerre sale" et à se vanter des techniques d’enlèvement et de tortures en cours sous la dictature.

Première publication : 09/12/2009

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