Dernière modification : 11/12/2009 

- Élections régionales - Martine Aubry - Modem - Nicolas Sarkozy - Parti socialiste - Politique française - Ségolène Royal - UMP


Jean-Christophe Cambadélis, Député PS de Paris et Secrétaire national chargé des questions internationales

Michaël Szames reçoit Jean-Christophe Cambadélis, Député PS de Paris et Secrétaire national chargé des questions internationales, pour débattre des élections régionales, de la stratégie du parti socialiste mais également du bilan de Nicolas Sarkozy.

Regardez la seconde partie de Politiques avec Jean-Christophe Cambadélis et Eric Raoult.

 

L’intégralité de l’interview :
 
Michaël SZAMES.- Bonjour et bienvenue dans politiques...Ségoléne Royal est prete à faire alliance avec le Modem de Français Bayrou pour les élections régionales, et ce dès le premier tour. A-t-elle franchi la ligne jaune ? Le PS acceptera-t-il la stratégie de Ségolène Royal ou s'est-elle mise d'elle-même en dehors du parti ? Pour en parler, nous recevons sur ce plateau Jean-Christophe Cambadélis. Bonjour.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Bonjour.
 
Michaël SZAMES - Député PS de Paris et secrétaire national aux questions internationales. Avec vous, nous parlerons également de Dominique Strauss-Kahn. Vous êtes un très proche, un fidèle lieutenant de Dominique Strauss-Kahn. Et puis nous évoquerons les questions internationales. C'est d'ailleurs avec ces questions que l'on va commencer. Barack Obama est allé récupérer son prix Nobel à Oslo. Est-ce qu'en fait il est récompensé pour ses bonnes intentions ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oh, il est soutenu, on va dire. C'est un prix d'encouragement. On veut faire en sorte qu'il réussisse et je crois que c'est une bonne chose parce que, honnêtement, le monde ne gagnerait rien à un échec de Barack Obama. Tant l'Europe que le monde entier. Je crois qu'il faut qu'il réussisse. Et, pour cela, il a besoin d'encouragements.
 
Michaël SZAMES.- Mais c'est quand même un pays qui est en guerre. En Afghanistan, en Irak. Est-ce que c'est bien de récompenser un pays qui est en guerre ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- C'est un pays qui veut se désengager. C'est un pays ou un Président, puisque c'est le Président qu'aujourd'hui on nobélise, qui a pris des positions, à mon avis, extrêmement fortes sur la question du désarmement, qui veut terminer ce qui s'est malheureusement noué en Irak avec le Président Bush et qui veut finir au plus vite - mais le peut-on ?- en Afghanistan.
 
Michaël SZAMES.- Qu'est-ce que vous pensez du couple, entre guillemets, si l'on peut dire, Barack Obama-Nicolas Sarkozy ? C'est un petit peu "Je t'aime, moi non plus" ? Les frères ennemis ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- C'est un peu incompréhensible, cette querelle, cette guérilla médiatique de Nicolas Sarkozy avec Barack Obama. Ça n'a aucun sens stratégique. On peut discuter de la politique de Barack Obama. On peut discuter sur l'Afghanistan, par exemple. Mais, pour cela, il faudrait qu'on soit au clair sur notre propre position. Qu'est-ce qu'on y veut ? Qu'est-ce qu'on y cherche ? On peut discuter du bipartisme ou du bilatéralisme entre les Etats-Unis et la Chine. On peut discuter de la question...
 
Michaël SZAMES.- Europe-Etats-Unis ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Europe-Etats-Unis. Mais là, on a l'impression que c'est sur de petites choses. Le président de la République dit à Barack Obama : "C'est pas au début de la conférence de Copenhague qu'il faut aller mais à la fin de la conférence." On l'interpelle devant les Nations unies sur la question iranienne en des termes qui ne sont pas acceptables. On se souvient de la manière dont Nicolas Sarkozy avait parlé à Joe Biden lors de la conférence de Munich. Bref, c'est des petites choses qui montrent un agacement du président de la République par rapport à Barack Obama.
 
Michaël SZAMES.- D'accord mais, finalement, Barack Obama a écouté Nicolas Sarkozy, Barack Obama se rendra à la fin du sommet de Copenhague avec les autres chefs d'Etat, si on peut dire.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Ecoutez, franchement, Barack Obama n'a pas écouté Nicolas Sarkozy. Ce qui est formidable, c'est quand on regarde la presse internationale. Elle se moque de notre Président, ça finit par poser un problème, de sa volonté de faire le monde, de dire que le monde tourne autour de lui, que c'est lui qui...
 
Michaël SZAMES.- C'est l'arrogance française ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oui, il y a une forme d'arrogance et ça finit par porter préjudice à la France. On voit Nicolas Sarkozy partout, on ne voit la France nulle part. C'est un peu le bilan de la politique internationale de Nicolas Sarkozy. Il y a une situation où on est dans les faux-semblants, où on est dans des politiques contradictoires en Afrique, au Moyen-Orient, où il y a eu le trop-plein et maintenant il y a le trop-peu. On le voit. Disons que Nicolas Sarkozy veut être visible alors que la France doit être lisible.
 
Michaël SZAMES.- Le sommet de Copenhague, vous y croyez ou pas ? Vous pensez qu'on va finalement arriver à un accord ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Ecoutez, moi, j'ai une position très personnelle sur le sujet de Copenhague. Je pense...
 
Michaël SZAMES.- Vous nous direz peut-être la position du Parti socialiste.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oui. Bon, il faut un accord et il faut une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Evidemment, la question du climat est devenue une question essentielle. Mais, tant qu'il n'y aura pas une architecture institutionnelle pour réglementer, ou tout du moins contrôler, pour impulser, du type organisation mondiale sur le climat ou que sais-je encore, je pense qu'on ira de conférence en conférence. Parce qu'on peut annoncer des choses. Par exemple, à la conférence de Kyoto, on a annoncé un certain nombre de choses.
 
Michaël SZAMES.- Ça n'a pas été suivi d'effets.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Voilà. Et là, on peut avoir une conférence qui annonce...
 
Michaël SZAMES.- Les mentalités ont changé, non ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Les mentalités ont changé, c'est vrai. De ce point de vue...
 
Michaël SZAMES.- L'environnement prend une place beaucoup plus importante.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Les mentalités ont changé, il y a une prise de conscience planétaire, évidemment. Mais c'est tellement difficile de changer le modèle qu'il faut qu'il y ait une architecture internationale qui puisse aider et proposer pour aller dans le bon sens.
 
Michaël SZAMES.- Quelques mots sur l'Europe. On le voit bien, on est encore en pleine crise et les pays européens subissent la crise de plein fouet. On le voit avec la Grèce notamment, qui est au bord de la faillite. Aujourd'hui l'Espagne, demain le Portugal. Qu'est-ce que vous pouvez répondre à ça ? Qu'est-ce que le Parti socialiste peut avancer comme propositions pour répondre à cette crise ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Le Parti socialiste peut annoncer un certain nombre de choses mais, honnêtement, nous sommes là... Et nous l'avions dit. Après la bulle spéculative bancaire, nous avons la bulle des déficits publics. On est dedans. Mais il y a un problème. Regardez. On dit que Nicolas Sarkozy est présent sur tous les fronts mais il n'est pas présent sur la situation de la Grèce. Qu'est-ce que nous allons dire ? Qu'est-ce que nous allons faire ? Qu'est-ce que nous allons proposer ? Où est la solidarité européenne par rapport à la Grèce ? Nicolas Sarkozy met le franco-allemand à toutes les sauces et puis là, on ne le voit pas.
 
Michaël SZAMES.- C'est un moteur qui ne marche pas, le couple franco-allemand ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Non mais c'est devenu... Maintenant, on est presque dans une espèce de fédération fictive franco-allemande au détriment de l'ensemble de l'Europe. Normalement, on aurait dû...
 
Michaël SZAMES.- Qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Amener tous les pays européens avec le moteur franco-allemand ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oui. Il faut faire le multilatéralisme là aussi. Il faut essayer de...
 
Michaël SZAMES.- Ça peut marcher, Jean-Christophe Cambadélis ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Ben, c'est l'Europe, je veux dire. Nous avons un traité, nous l'avons signé.
 
Michaël SZAMES.- C'est peut-être une Europe à plusieurs vitesses.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Nous avons signé un traité. Et puis il y a l'euro aujourd'hui, il faut le piloter. Il faut peut-être même être en situation de faire face. Parce que, dans le traité de Maastricht, il y avait le respect des critères de convergence - que tout le monde a explosés, d'ailleurs - mais, en même temps, il n'y avait rien sur la manière dont on sortait les pays de l'ornière et il faudrait maintenant sortir la Grèce de l'ornière.
 
Michaël SZAMES.- On va passer un petit peu à la politique française. Qu'est-ce que vous pensez de l'appel de Ségolène Royal à faire alliance avec le Modem pour des élections régionales en Poitou-Charentes dès le premier tour ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Vous savez, moi, je pense qu'il ne faut pas aller au centre mais qu'il faut être central. Le problème du Parti socialiste...
 
Michaël SZAMES.- Expliquez-vous.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.-  Oui. C'est-à-dire que le Parti socialiste ne peut pas, quand Besancenot est à la mode, faire une embardée à gauche.
 
Michaël SZAMES.- Un petit peu moins en ce moment.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Un peu moins. Faire une embardée à gauche. Quand les écologistes ont fait un bon score aux élections européennes, se repeindre en vert. Et, quand Bayrou a une dynamique électorale ou sondagière, être dans l'ouverture au centre. Cette politique qui vise sans arrêt à aller au devant de ce qui est à la mode est une politique qui mine le Parti socialiste. Il faut être central, c'est-à-dire qu'il faut être nous-mêmes. Il faut être en capacité d'être une force propulsive qui organise autour du Parti socialiste.
 
Michaël SZAMES.- Donc, si je vous entends bien, c'est une vraie critique contre Ségolène Royal, ce que vous dites.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Non parce que je pense que Ségolène Royal voulait faire la démonstration que François Bayrou ne voulait pas de l'union. Elle ne voulait pas vraiment l'union. Elle voulait faire la démonstration que...
 
Michaël SZAMES.- On est dans la stratégie de communication politique.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Mais oui, bien sûr. Elle voulait démontrer que François Bayrou parle beaucoup d'union mais, avec le Modem, l'union, ça se termine toujours par la candidature de François Bayrou.
 
Michaël SZAMES.- Vous avez été surpris par cet appel ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oui, un peu.
 
Michaël SZAMES.- Est-ce qu'elle en a parlé au Parti socialiste ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Non parce qu'elle n'est pas dans les instances du bureau national du Parti socialiste, donc elle ne peut pas intervenir à chaque fois.
 
Michaël SZAMES.- Martine Aubry n'a pas été prévenue ? Vous êtes aussi proche de Martine Aubry, il faut le rappeler.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oui. Enfin, je ne pense pas que Martine Aubry ait été prévenue de l'initiative de Ségolène Royal mais Ségolène Royal a l'habitude d'être singulière, tout le monde le sait. Elle prend des initiatives sous son chapeau etc. Bon. Parfois c'est positif...
 
Michaël SZAMES.- Vous le regrettez ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Non, parfois c'est extrêmement positif. C'est même pertinent, c'est intelligent. Parfois ça l'est un peu moins. Mais il y a toujours une volonté d'exister par elle-même.
Michaël SZAMES.- Et cette stratégie, vous la condamnez aujourd'hui ou pas ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Laquelle ? Celle du Modem ou de parler toute seule dans son coin ?
 
Michaël SZAMES.- Non, de parler toute seule dans son coin.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Eh bien je pense que la gauche, c'est plutôt la solidarité et Ségolène Royal n'en manque pas. Donc, si on tire tous dans le même sens, on peut gagner.
 
Michaël SZAMES.- La question est très claire. Est-ce qu'elle s'est mise hors du parti ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Non, bien sûr que non. Mais elle a dit, elle a écrit qu'elle avait beaucoup souffert pendant la campagne présidentielle parce qu'un certain nombre de responsables politiques tiraient à hue et à dia, n'allaient pas dans son sens. Je crois que, si elle tire le bilan de ce qu'elle a eu à souffrir, aujourd'hui elle devrait comprendre qu'il faut que nous allions tous dans le même sens.
 
Michaël SZAMES.- Jean-Christophe Cambadélis, vous êtes aussi très proche de Dominique Strauss-Kahn.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oui.
 
Michaël SZAMES.- Comment va-t-il ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Bien, à première vue. Je crois qu'il est avec Barack Obama à Copenhague.
 
Michaël SZAMES.- Les sondages sont très bons pour Dominique Strauss-Kahn. Les sondages français le classent parmi les leaders pour pouvoir prétendre à l'élection présidentielle de 2012. Vous avez envie qu'il se présente ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Moi, je le souhaite mais je ne sais pas s'il le veut. C'est un peu la situation. Et puis moi, je souhaite surtout que le Parti socialiste gagne l'élection présidentielle. Pas simplement pour le Parti socialiste mais pour le pays.
 
Michaël SZAMES.- Peu importe le candidat ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Peu importe le candidat. Je souhaite que celui qui serait en capacité de gagner soit sélectionné. Peu importe. On a des amitiés, on a des préférences, on estime que les uns et les autres seraient mieux ou seraient plus en capacité mais, à un moment donné, il va falloir choisir le meilleur, celui qui peut gagner et celui qui peut - attention ! - aussi redresser la France parce que nous serons dans une situation difficile, avec des déficits publics colossaux.
 
Michaël SZAMES.- Et donc Dominique Strauss-Kahn est peut-être la meilleure personne pour redresser la France, comme il l'a fait pour le FMI pendant la crise ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Je pense qu'il a des qualités et, si les Français, dans les sondages, le mettent dans cette posture, c'est qu'ils le reconnaissent. Mais il y a d'autres militants socialistes qui en ont. Comme Martine Aubry. Je pense que ça se jouera comme ça.
 
Michaël SZAMES.- Elle serait une bonne candidate pour le Parti socialiste ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oui, je pense qu'elle serait une bonne candidate pour le Parti socialiste. Mais, vous savez, tout ça, c'est un peu tôt. Nous ne connaissons pas la situation économique, nous ne connaissons pas l'équation politique, nous ne connaissons pas ce qui se sera passé à droite. Il est beaucoup trop tôt pour spéculer. Je sais que les journalistes adorent ça mais c'est beaucoup trop tôt.
 
Michaël SZAMES.- Non, on cherche juste à avoir des réponses. "Un peu trop tôt." C'est quand, la meilleure date ? C'est quand, la meilleure période pour annoncer le futur candidat PS ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- J'en sais rien.
 
Michaël SZAMES.- Il y aura sûrement des primaires.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oui, j'en sais rien. Au printemps ou à l'automne 2011 sûrement. Je sais pas.
 
Michaël SZAMES.- Et alors, pour un Dominique Strauss-Kahn, c'est encore la bonne période ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Ecoutez, on verra.
 
Michaël SZAMES.- Je vous titille mais on sait que vous êtes très proche de Dominique Strauss-Kahn. Il est loin, il est à Washington, donc on voudrait avoir des nouvelles.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Oui, on ne va pas décider ça maintenant. Je pense que c'est trop tôt. Tous ceux qui veulent se précipiter maintenant ont des idées derrière la tête.
 
Michaël SZAMES.- Un petit mot sur Georges Frêche. Il est candidat, c'est un ancien responsable du Parti socialiste en Languedoc-Roussillon, il a été exclu du PS en 2007. Aujourd'hui, finalement, il n'y aura pas de candidat contre lui aux élections régionales de mars prochain. Qu'est-ce qui se passe au PS avec Georges Frêche, finalement ? C'est : "Oui, il peut venir" ; "Non, il est exclu". Il a finalement eu gain de cause, c'est ça ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Mais c'est très clair. Ce n'était pas notre choix mais nous n'avons pas vocation à faire gagner la droite, donc nous avions proposé à nos amis écologistes de faire une liste alternative. Ils l'ont refusée avec une petite arrière-pensée politicienne en se disant que, en étant autonomes, ils pourraient capter des voix critiques de Georges Frêche. Nous aurions préféré qu'ils soient plus éthiques et qu'ils soient avec nous. Dans ces conditions-là, nous avons pris acte de ce qu'ont dit les militants.
 
Michaël SZAMES.- Et c'est un bon candidat ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Nous n'avons pas dit ça. C'est pas notre choix mais c'est comme ça. Nous prenons acte de la situation. On peut pas... A partir du moment où vous avez des militants socialistes qui votent, où vous avez des écologistes qui refusent... Si nous avions dit : "Nous présentons une liste", on nous aurait dit quoi aujourd'hui ? A votre place, vous m'auriez dit : "Mais alors vous allez faire perdre la gauche en Languedoc-Roussillon ?" et vous auriez eu raison.
 
Michaël SZAMES.- Est-ce que vous avez un DRH au Parti socialiste ?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Nous n'avons pas de DRH parce que nous ne fonctionnons pas comme une entreprise privée.
 
Michaël SZAMES.- Vous savez qu'on trouve de tout sur Internet, notamment lorsqu'il y a un meeting privé. Aujourd'hui, c'est très facile tout simplement de prendre des réactions et Nicolas Sarkozy a eu une réaction par rapport au Parti socialiste. C'était mardi à Mulhouse, en tout cas dans le Bas-Rhin. Je vous propose d'écouter la réaction de Nicolas Sarkozy à propos du Parti socialiste et on en discute juste après avec Jean-Christophe Cambadélis.
 
 
Michaël SZAMES.- Alors, Jean-Christophe Cambadélis, c'est un bon DRH, Nicolas Sarkozy?
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Vous savez...
 
Michaël SZAMES.- Bon, c'est un document amateur, vous l'avez vu.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Bien sûr mais il y a deux choses. C'est très illustratif, je pense, d'une certaine prétention sarkozienne, c'est-à-dire qu'on est à ce point dominateur qu'on dit : "J'ai envoyé à Washington." Comme s'il n'y avait rien, comme si la planète n'existait pas, comme si le FMI n'était pas le résultat d'une négociation entre différents pays. "J'ai."
 
Michaël SZAMES.- Là, il est devant des militants UMP. Ils sont entre eux, entre guillemets, si on peut dire.
 
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- Mais le respect, le respect de l'autre, le respect des gens ! On construit une politique à son image. Quand vous parlez comme ça de vos adversaires politiques - on n'est pas des ennemis mais on est des adversaires politiques dans la République - vous donnez une connotation à la politique. C'est une connotation de mépris qui procède du fait que c'est vous qui faites tout. Ça, ça résume le bonhomme.
 
Michaël SZAMES.- Merci, Jean-Christophe Cambadélis. Vous restez avec nous, vous allez participer à la deuxième partie de "Politiques". Nous, on va s'interrompre quelques petites minutes. Vous allez retrouver le journal. Restez avec nous sur France 24.
 

 


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