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Dernière modification : 16/12/2009 

- Archéologie - Égypte


Les bonnes affaires du docteur Zahi Hawass à Paris

Les bonnes affaires du docteur Zahi Hawass à Paris

À l'occasion de la visite en France du président égyptien Hosni Moubarak, Paris a restitué au Caire cinq fragments de fresques de la XVIIIe dynastie. Mais l'homme à l'origine de cette remise l'affirme : il ne compte pas en rester là...

Par Guillaume LOIRET / Hussein EMARA (texte)
 

Il est bien loin le temps où un futur ministre français de la Culture, un certain André Malraux, découpait illégalement quatre sculptures dans un temple cambodgien pour les ramener à Paris. Lundi 14 décembre, la France a officiellement rendu à l’Égypte cinq fragments de peintures murales qui étaient conservés au Louvre... une première.

Le Caire les réclamait avec insistance, et pour cause : issus du tombeau d’un prince de la XVIIIe dynastie (1550-1290 av. J.C.), ces fragments avaient été illégalement sortis d'Égypte avant que le Louvre ne les achète, en 2000 et 2003.

L’homme aux 5 000 antiquités

Leur retour au pays, officialisé le 14 décembre à l'occasion d’une rencontre entre le président égyptien Hosni Moubarak et son homologue français Nicolas Sarkozy, est l’œuvre d’un homme, en particulier : Zahi Hawass, un Égyptien de 62 ans qui s'est donné pour mission de traquer, partout dans le monde, les antiquités datant de l'époque des pharaons. "Cet événement me rend heureux. J’ai envoyé une mission du musée du Caire pour aller les récupérer à Paris !", déclare à France24.com cet homme haut en couleurs, spécialiste controversé de l’art égyptien et responsable du Conseil suprême des antiquités égyptiennes depuis 2002.

Acquis par le Louvre en 2000 et 2003, les cinq fragments de peinture murale rendus à l'Égypte le 14 décembre proviennent d'une tombe princière de la Vallée des Rois, près de Louxor.Photo AFP
Le zodiaque de Dendéra, qui provient du domaine dédié aux déesses Hathor et Isis, dans le sanctuaire de Dendéra, remonte à - 50 avant J.C. Prélevé lors de l'expédition d'Égypte, arrivé en France en 1821, exposé au Louvre, il est réclamé par l'Égypte.Photo musée du Louvre
Découvert lors d'une visite princière allemande à la fin de 1912, le buste de Nefertiti est le plus célèbre portrait de l'art antique égyptien. Le Caire réclame sa restitution au Neues Museum de Berlin.Photo Neues Museum de Berlin
La pierre de Rosette est un fragment de stèle portant trois versions d'un décret antique de -196. Découvert en 1799, durant la campagne d'Égypte de Napoléon, il est exposé au British Museum depuis 1802 et ardemment réclamé par Le Caire.Photo British Museum

    À ce titre, celui qui octroie toutes les autorisations aux archéologues souhaitant fouiller les sables de son pays s’est lancé dans une croisade, il y a quelques années : rapatrier un certain nombre d’œuvres antiques conservées dans de grands musées occidentaux. Sur son site Internet, Zahi Hawass se targue ainsi d'avoir déjà rapatrié en Égypte quelque 5 000 œuvres jusqu'alors dispersées aux quatre coins du globe. Pour mettre la main sur les fragments du Louvre, il est allé jusqu'à suspendre toute coopération avec le célèbre musée parisien.

    "Il s'est livré à un véritable chantage !", réagit-on du côté du ministère français de la Culture - où l'on s'est pourtant rapidement plié aux desideratas égyptiens -, avant  de préciser qu’il s’agit non pas d’une restitution, mais d’une remise. "Une restitution, cela aurait signifié qu’on avait volé quelque chose ! Or, ces fragments ont été acquis en toute bonne foi par le Louvre, même s'ils ont quitté l'Égypte de façon illicite", poursuit la même source. Bref, Zahi Hawass irrite… Et pas seulement le musée du Louvre. 

    "Il s'agit d'une affaire plus politique que juridique"

    Jean-Jacques Neuer est avocat, spécialiste des contentieux liés aux œuvres d’art.

    De quels instruments juridiques disposait l’Égypte pour récupérer les cinq fragments de fresque conservés au Louvre ?
    Le corpus de textes internationaux comprend la convention de La Haye (1907), qui interdit le pillage culturel en temps de guerre, et surtout une convention de l’Unesco (1970), qui interdit l’importation et l’exportation d’œuvres acquises de manière illicite. Mais si ces instruments juridiques existent, il est très difficile d’en faire quelque chose de systématique...

    Est-ce à ce stade que la politique prend le relais ?
    Les cinq fragments ayant été sortis d'Égypte avant 1970, la convention de l’Unesco ne s’appliquait pas. En décidant de suspendre sa collaboration avec le Louvre, Le Caire a usé d'une pression politique. La dimension politique de cette affaire est, d'ailleurs, beaucoup plus forte que sa dimension juridique. Il y a actuellement un mouvement de fond au sein des pays émergents pour se réapproprier un patrimoine culturel qui a souvent été pillé.

    Cette affaire, ainsi que la conférence sur la restitution des œuvres d'art que veut organiser le docteur Zahi Hawass en 2010, risquent-elles de créer un appel d’air en la matière ?
    Si on l'encourage, cette démarche peut conduire à un raisonnement dangereux : si tout ce qui a été mal acquis doit être restitué, le Louvre, le British Museum et le Metropolitan Museum seront vidés demain ! L'Égypte a évidemment une légitimité à réclamer ces œuvres, mais dire qu’un patrimoine, parce qu’il émane d’un pays, doit y rester, est une question complexe au regard de l’histoire. Les œuvres d’art ont toujours été des messagères, elles ont toujours voyagé…

    Opération restitution

      Ces derniers jours, celui-ci a de nouveau exprimé le souhait de voir revenir au Caire la célèbre pierre de Rosette, qui permit à Jean-François Champollion de percer le mystère des hiéroglyphes, exposée au British Museum de Londres depuis plus de 200 ans. Le sulfureux archéologue a également dans sa ligne de mire le buste de Nefertiti, une œuvre majeure de l’art pharaonique détenue par le Neues Museum de Berlin. Zahi Hawass doit d’ailleurs rencontrer le 20 décembre au Caire le directeur des collections égyptiennes du musée berlinois pour discuter de ce dossier épineux. "Les négociations avec l’Allemagne ne font que commencer", précise à ce propos M. Hawass.

    Quant au Louvre, sa récente bonne volonté ne lui donne aucun passe-droit, loin s'en faut. Pour Zahi Hawass, la récupération des fragments que possédait le musée n'est qu'un début : "Nous allons officiellement réclamer six autres œuvres importantes à la France, dont le fameux zodiaque de Dendéra [une œuvre transportée à Paris en 1821, considérée comme l’un des plus célèbres monuments égyptiens conservés en France] !", déclare-t-il à France24.com.

    À Paris, les initiatives de M. Hawass finissent par agacer. "Il fut un temps, il voulait même récupérer l’obélisque de la place de la Concorde ! On ne peut tout de même pas vider les musées français pour lui faire plaisir. Concernant le zodiaque de Dendéra, on s’abrite derrière la convention de l’Unesco [le seul texte international régissant le retour des œuvres acquises dans des conditions frauduleuses - hors temps de guerre - dans leur pays d’origine, voir l'interview ci-contre], un point c’est tout !", réagit encore le ministère français de la Culture.

    Une énergie non dénuée d'arrière-pensées

    Reste que Zahi Hawass a plus d’un tour dans son sac. Pour accentuer la pression sur Paris, Londres et Berlin, celui-ci a récemment annoncé l'organisation d’une conférence internationale sur la restitution des œuvres d’art au Caire, l'année prochaine. "L’idée, c’est de faire du bruit autour de ce problème et d’établir une liste dans laquelle chaque pays précisera les antiquités qu’il souhaite récupérer", explique-t-il. La date du sommet n’est pas encore fixée, mais des invitations seront lancées à l’Italie et à la Grèce, précise d'ores et déjà l'archéologue.

    Pour ses détracteurs, toute cette énergie déployée par le vibrionnant docteur Hawass n'est pas sans arrière-pensées. "Hawass pense ainsi décrocher le poste de ministre de la Culture", croit savoir l'un. Une chose est sûre, quoi qu'il en soit  : celui-ci aimerait que le futur Grand Musée égyptien, qui devrait être inauguré sur le plateau de Gizeh en 2011 ou 2012, expose les plus belles pièces de l’Égypte ancienne. Y compris celles qui se trouvent à l’étranger.

    Commentaires (11)

    retour des artéfacts Egyptiens!

    Bravo! Bravo! Bravo! Dr.Hawass. Je vous félicite pour vos merveilleux efforts de réclamer et d'obtenir tous les artéfacts sortis de votre pays depuis tant d'années.De magnifiques objets doivent retourner au pays d'origine! Ce n'est pas une question de peut etre qu'on devraient les retourner mais une question d'honnêté et d'honneur. Continuez votre magnifique travail. Denyse

    Curiosité

    Dans le liste des restitutions y a t-il aussi de modestes objets d'étude comme les poteries BADARIENNES, de NAGADAH etc...? des microlithes proto historiques, ....ou simplement des objets tape-à-l'oeil ?

    De fil en aiguille...

    Faut-il rendre aussi NOTRE DAME DE PARIS sous prétexte qu'elle occupe un ancien temple ISIAQUE ????

    De fil en aiguille...

    Pourquoi ne pas rendre le SPHINX à l'ATLANTIDE ? ALEXANDRIE aux GRECS ? etc...etc.... ?????

    il et urgent d'attendre

    si on devrait rendre tout et plus encor , rien ne serait a personne; ces pièce on et récupère a l'époque ou ces pays n'en donnai aucune valeurs maintenant qu'ils s’aperçoivent de leurs vrais valeurs ils les réclament ,merci qui?? ...merci l'occident qui a sauver de l'oublie des civilisation que son propre peuple avait oubliée et ne sen souciait guère et puis rendre des relique du passé a des pays instable politiquement c'est courir le risque de les voire disparaitre a jamais il y a qu'a voire l'Afghanistan (des bouda millénaire "pfut" parti en fumée l'Irak le musée dévaliser qui peine a retrouver ses pièces, la Grèce le pays et au bord de la banqueroute et instable ,s’il ne serait pas dans la CEE se serai "guerre civile" (merci l'Europe).alors mollo sur les revendication et critique envers les pays, qui on sauver votre histoire de l'oublie ;il est urgent d'attendre!!!

    restitution

    Il faut s'y faire, les pays Occidentaux et autres devront restituer les antiquites qu'ils ont thésaurisés depuis des siècles. S'il y a des instances de restitution, le précédent est crée, le reste suivra. Ce sera du cas par cas, mais nul doute que les pays dont sont sortis ces trésors (bien mal acquis, la plupart du temps et il serait plus simple et honnête de le reconnaître) vont vouloir récupérer ce qui se trouvait sur leurs territoires.

    enfin le président sarkozi

    enfin le président sarkozi sait pour quoi lui donne , je me fou

    La France actuelle triche

    La France actuelle triche déjà au foot, nul besoin de nous faire receleurs pour redorer notre drapeau, ces bouts de pierre appartiennent aux égyptiens qu'on leur rendre nous honore.

    restons à 1970

    C'est bien une mauvaise idée politiquement correcte que de penser que l'Egypte ou la Grèce doivent retrouver ces pièces. C'est un piège qui s'appuie sur ces "bons sentiments", car en vérité il ne s'agit pour les gouvernements grecs et égyptien que de manoeuvres commerciales, pour développer le tourisme, et de fierté patriotique, type débat sur l'identité nationale. D'une part, ces peuples ne sont pas des héritiers directs de ces glorieuses civilisations et n'ont pas plus de légitimité que les anglais ou les allemants à posséder ces pièces qui appartiennent au patrimoine commun de l'humanité, et pas à un pays précis. C'est même assez beau de penser que les frises de la démocratie athénienne soient en grande-bretagne, pays qui 2000 ans après, a réactivé l'idée de démocratie, c'est une vraie filliation. Si c'est pièces sont connues, c'est bien parce que les anglais les ont sauvées d'une ruine certaine (les frises du Parthénon), les ont étudiéess et ont fait connaitre ces civilisatiosn oubliées, au XIX e siècle. La régle de non-rétroactivité à 1970 est une bonne et sage décision (et elle est bien antérieure pour l'Egypte, puisqu'elle date des années 1920, du moment de la découverte du tombeau de Touthankamon). Ce qui explique que les Louvre ait rendu ces pentures, et ON ESPERE QU'ILO VE SE RETOURNER VERS LE VENDEUR pour se faire rembourser. Et enfin, pour les "bien-pensants" de gauche, est ce qu'ils ont une seule fois réclamé le retour en France des cloîtres médiévaux ou des chefs d'oeuvres impressionnistes exposés à New York et Philadelphie, En quoi c'est moins patrimonial pour la France que des pierres millénaires pour les grecs ou les égyptiens ?

    restons en 1970

    C'est bien une mauvaise idée politiquement correcte que de penser que l'Egypte ou la Grèce doivent retrouver ces pièces. C'est un piège qui s'appuie sur ces "bons sentiments", car en vérité il ne s'agit pour les gouvernements grecs et égyptien que de manoeuvres commerciales, pour développer le tourisme, et de fierté patriotique, type débat sur l'identité nationale. D'une part, ces peuples ne sont pas des héritiers directs de ces glorieuses civilisations et n'ont pas plus de légitimité que les anglais ou les allemants à posséder ces pièces qui appartiennent au patrimoine commun de l'humanité, et pas à un pays précis. C'est même assez beau de penser que les frises de la démocratie athénienne soient en grande-bretagne, pays qui 2000 ans après, a réactivé l'idée de démocratie, c'est une vraie filliation. Si c'est pièces sont connues, c'est bien parce que les anglais les ont sauvées d'une ruine certaine (les frises du Parthénon), les ont étudiéess et ont fait connaitre ces civilisatiosn oubliées, au XIX e siècle. La régle de non-rétroactivité à 1970 est une bonne et sage décision (et elle est bien antérieure pour l'Egypte, puisqu'elle date des années 1920, du moment de la découverte du tombeau de Touthankamon). Ce qui explique que les Louvre ait rendu ces pentures, et ON ESPERE QU'ILO VE SE RETOURNER VERS LE VENDEUR pour se faire rembourser. Et enfin, pour les "bien-pensants" de gauche, est ce qu'ils ont une seule fois réclamé le retour en France des cloîtres médiévaux ou des chefs d'oeuvres impressionnistes exposés à New York et Philadelphie, En quoi c'est moins patrimonial pour la France que des pierres millénaires pour les grecs ou les égyptiens ?

    restitution Egyptiennes du mus';ee du Louvre

    Arretons l'hémoragie !!!!et s'en tenir á la convention de l'UNESCO en date de 1970
    Les idées fixes du Dr.Zahi Hawas doivent être limitées car son ambition semble démesurée .Nous sommes en droit de connaitre les merveilles de l'Egypte sans devoir ns.déplacer sur place faute de moyen
    A-M

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