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Planète

Pour Gordon Brown, trouver un accord sera "très difficile"

©

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/12/2009

Bien que "déterminé à travailler avec tous les pays", le Premier ministre britannique - à l'instar de la présidente danoise de la conférence - s'est montré réservé sur la conclusion d'un accord pour lutter contre le réchauffement climatique.

AFP - La session ministérielle de la conférence de l'ONU visant à conclure un accord mondial sur le climat a débuté mardi après-midi à Copenhague par des mises en garde répétées sur le risque d'échec en raison du blocage persistant dans les négociations.
   

A trois jours du sommet qui doit rassembler quelque 120 chefs d'Etat et de gouvernement pour clore la conférence, les ministres de l'Environnement ont formellement entamé leurs travaux, en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, venu donner un coup de fouet à des pourparlers enlisés dans les querelles entre pays riches et en développement sur les objectifs et les financements. Ce sommet constitue un "moment déterminant dans l'histoire", a-t-il affirmé.
   
La présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, a averti les ministres: "Je dois vous le dire, nous pouvons échouer. Si nous voulons réussir - et nous allons réussir ! - nous devons changer de vitesse. Cela signifie que le mot clé des deux prochains jours doit être +compromis+".
   
"Nous sommes presque à court de temps", a lancé le responsable de l'ONU chargé du climat, Yvo de Boer, déplorant qu'il y ait eu "des progrès mais pas suffisamment pour pouvoir présenter Copenhague au monde comme un succès".
   

Un webdocumentaire FRANCE 24 - RFI

Un cri d'alarme déjà lancé la veille par M. Ban, qui a souligné mardi à Copenhague que le financement pour "venir en aide aux pays les plus vulnérables" constituerait un "élément clé" d'un accord.
   
Ce financement est un des points majeurs sur lesquels s'affrontent pays industrialisés et en développement, avec les objectifs chiffrés et la répartition des efforts.
   
Mardi, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton soulignait ainsi que la pression ne peut reposer exclusivement sur les pays industrialisés, qui doivent certes montrer la voie, car "pratiquement toute la croissance des émissions dans les 20 années à venir viendra des pays en développement".
   
Ce point oppose notamment les Etats-Unis et la Chine, les deux plus gros pollueurs de la planète. Tous deux ont réitéré mardi leurs positions, irritant l'Union Européenne.
   
"Il y a deux pays qui représentent la moitié des émissions mondiales", a lancé le ministre suédois de l'Environnement, Andreas Carlgren, dont le pays préside actuellement l'UE. "Nous attendons toujours de leur part qu'ils relèvent leur niveau d'ambition en termes de réduction d'émissions".
   
Mais Pékin s'est à nouveau refusé à débattre de ses objectifs d'émissions de gaz à effet de serre, qui ne prévoient pas de réduction en volume absolu afin de ménager sa croissance.
   
Et l'émissaire américain à la conférence, Todd Stern, a lui aussi exclu de revoir à la hausse à Copenhague les objectifs de réduction à l'horizon 2020, soulignant que le Congrès doit encore adopter une loi en la matière.
   
Mardi matin, un nouveau projet d'accord, laissant de côté les objectifs chiffrés de réductions, confiés à des groupes de travail, a été soumis aux délégués. Et un nouveau projet d'accord global, rédigé par la présidence danoise, était attendu mercredi.
   
L'idée reste de limiter le réchauffement de la planète à + 2 degrés. Ce qui implique des réductions drastiques et rapides des émissions.
   
Le sentiment d'urgence s'accroît d'heure en heure, avant le sommet de vendredi.
   
Une conférence téléphonique pour faire le point a eu lieu dans l'après-midi entre Mme Merkel, le président américain Barack Obama, le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown.
   
A son arrivée dans la capitale danoise, M. Brown a estimé qu'il sera "très difficile" d'aboutir à un accord.
   
L'avenir du protocole de Kyoto, seul traité international contraignant contre le réchauffement, dont la première période d'engagement s'achève fin 2012, reste aussi sujet de tensions. Y voyant la seule garantie crédible d'un engagement contraignant des pays riches, les pays en développement y sont farouchement attachés.
   
L'Union africaine a ainsi averti mardi que Copenhague risquait de déboucher sur "l'arrêt de mort du protocole de Kyoto", ce qui entraînerait "la mort de l'Afrique".
   
Mais l'intransigeance sur Kyoto irrite d'autres pays. "C'est inquiétant. La conférence ne progresse pas à cause de cela", a estimé le ministre japonais de l'Environnement, Sakihito Ozawa.
   
D'ores et déjà, l'ancien vice-président américain et prix Nobel de la Paix Al Gore a réclamé mardi à Copenhague un sommet dès juillet 2010 à Mexico pour finaliser l'accord contre le réchauffement, que pourraient adopter vendredi plus de 110 chefs d'Etat et de gouvernement.
   
Pour assurer la sécurité des dirigeants mondiaux, attendus d'ici à vendredi pour la fin du sommet, la police danoise a accentué mardi son dispositif et prôné la fermeté en cas de nouvelles manifestations de protestation. Une trentaine de militants d'ONG ont été arrêtés mardi après-midi à la veille d'une action de désobéissance civile prévue devant le Bella center.

Première publication : 16/12/2009

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