- Diplomatie - Togo
Tensions entre Paris et Lomé après le renvoi d'un diplomate français jugé trop proche de Kofi Yamgnane
Lomé a ordonné l'expulsion d'un diplomate français dont le tort fut de s'afficher aux côtés de l'opposant Kofi Yamgnane (photo). Une décision qui témoigne du climat de nervosité régnant dans le pays à quelques mois de la présidentielle.
Il ne reste plus que quelques jours à Eric Bosc pour plier bagages. Sur ordre des autorités togolaises, le premier secrétaire de l'ambassade de France à Lomé doit quitter, dans les plus brefs délais, la capitale, où il réside depuis trois ans. La raison ? Le diplomate français se serait affranchi de son devoir de réserve en s’affichant à plusieurs reprises aux côtés de l’opposant Kofi Yamgnane, candidat à la présidentielle du 28 février 2010.
Interrogé par FRANCE 24, l’intéressé, que l’on disait être encore à Lomé ce mercredi, s'est refusé à tout commentaire. De son côté, Kofi Yamgnane admet connaître depuis plusieurs années Eric Bosc. "C’est est un ami. Mais ce n’est pas interdit à un diplomate d’avoir un ami politique !" s’exclame l’homme politique franco-togolais, qui a accompli ses premiers faits d’armes dans l’Hexagone. Ancien secrétaire d'Etat du président socialiste François Mitterrand, Kofi Yamgnane s’est fait connaître du grand public en devenant le premier maire noir de France. A Saint-Coulitz, un village de l’Ouest de la Bretagne, la région d’origine d’Eric Bosc. De quoi tisser des liens…
Nervosité à l'approche d'une présidentielle délicate
Pour nombre d’observateurs, cette expulsion trahit une certaine nervosité du pouvoir togolais à l'approche d'une échéance présidentielle délicate. "Le climat dans le pays est électrique en ce moment. L’opposition est en train de faire monter la pression", rapporte Emmanuelle Sodji, correspondante de FRANCE 24 au Bénin. Les candidats à la présidentielle militent en faveur d’une consultation à deux tours plutôt qu’à un seul comme il en est pour l’instant question. Un mode de scrutin qui, selon l’opposition, favoriserait le président sortant, Faure Gnassingbé, fils de Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir pendant 38 ans.
"Le message est très clair : le gouvernement à peur parce que je suis devenu un candidat sérieux", affirme Kofi Yamgnane. Et son attaché de presse, Ronan Le Flécher, d’ajouter : "Kofi Yamgnane est régulièrement intimidé par le gouvernement en place. Il n’a pas encore reçu, par exemple, sa carte de l’électeur". Une information que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’a pas souhaité confirmer ni infirmer.
Chargé au sein de l’ambassade française du suivi de la politique intérieure, Eric Bosc serait considéré à Lomé comme le témoin gênant de pratique électorale peu scrupuleuse. Selon le ministère des Affaires étrangères, qui, en guise de représailles, a demandé le départ de Paris d’un diplomate togolais du même rang, Eric Bosc "a fait preuve d'un grand professionnalisme".
Un message pour Paris
Pour Albert Bourgi, politologue et spécialiste du continent africain, il ne fait aucun doute que cette expulsion "a un fort parfum électoraliste. Il s’agit probablement de mettre en garde Paris contre des velléités d’ingérence."
Un point de vue partagé par d’autres experts du Togo. "Faure Gnassingbé veut signifier à la France qu'il ne veut pas que l'on s'occupe de ses affaires", appuie Antoine Glaser, directeur de la publication "La Lettre du continent".
Selon le journaliste, l’homme fort de Lomé est très agacé des "messages" de démocratie que lui envoie la France via le président burkinabè, Blaise Compaoré, chargé de la médiation entre le pouvoir et l'opposition. "Des officiels à Paris ont reçu à plusieurs reprises des opposants togolais comme Gilchrist Olympio. Et cela irrite le chef de l’Etat togolais", explique-t-il.
En renvoyant le diplomate français, Faure Gnassingbé montre "à ses ‘amis’ français qu'il est totalement indépendant [de la France], même si l’homme d’affaires Vincent Bolloré a fait un retour majeur sur le port autonome de Lomé", analyse Antoine Glaser.
En juin 2009, le gouvernement togolais a confié au groupe Bolloré la gestion de ce port en eaux profondes, porte d’entrée vers le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Certains observateurs avaient alors analysé cette décision comme un geste envers Nicolas Sarkozy, le grand ami de Vincent Bolloré, pour obtenir son soutien lors de la présidentielle togolaise.
























Commentaires (7)
Togo
avez vous des nouvelles du colonel francois boko
ex ministre de l interieur
politique togo
pour le meme sujet du diplomate coffi G. certains freres togolais ont ete enlever dont faisait partir quelques amis etudants qui sont porter disparu jusqu`a present.Ce sont-ils sauver ou mort?la questions reste posee
etat de moussa dadisse camara
dadisse ne doit pas se retourner en guinee
affaire gnass
tel pere tel fils.Il n y a que la famille gnassingbe qui peut gouverner le royaume du togo et tout cela estcautionne par la france.Le vin est tiré tout le monde n a qu a gouter.merci
C'est normal
Si Paris est capable d'expulser des afghans en pleine guerre dans leur pays, les français doivent en principe s'attendre à toutes les réactions possibles, même pas des pays africains, mais de tous les pays épris de paix et de respecter de la dignité humaine. Respect de la déclaration universelle des droits de l'homme librement ratifiée par la France oblige
tentions entre Paris et Lomé
Je pense que le pouvoir Togolais doit savoir que les candidats sont libre de parler avec qui ils veulent et Faure ne peux pas être agacé parce que Paris parle de vraie démocratie. Faire un combat pour la liberté n'est pas seulement l'apanage des concitoyens qui vivent au Togo;Bodjona doit s'occuper de ce qui le regarde.
A. Mohamed
chance de kofi Y à l'élection de février 2010
Faure Eyadéma peut dormir tranquille il sera réélu, Campaoré, Sarkosy et Bolloré veillent sur leurs intérêts, arrêtons de rêver!
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