- Kurdes - Turquie
La colère des jeunes Kurdes
Il y a un mois le gouvernement turc a tendu la main à ses citoyens d'origine kurde et annoncé une "ouverture démocratique". Mais les nationalistes des deux bords ont tout fait pour saper le processus de réconciliation et la dissolution d'un parti pro-kurde a achevé de mettre le feu aux poudres.
La décision des juges turcs de fermer le parti pro-kurde DTP, le 11 décembre, à cause de ses liens avec le PKK, a aggravé une situation déjà tendue.
La communauté kurde, menée par le DTP, avait déjà exprimé sa colère et manifesté fin novembre pour dénoncer les conditions de détention du chef du PKK, Abdullah Ocalan.
Ces dernières semaines les affrontements entre policiers et jeunes kurdes se sont donc multipliés, notamment dans le sud-est du pays. Trois personnes sont mortes dans les émeutes. Au moins 200 jeunes ont arrêtés. Selon la législation anti-terroriste en vigueur, toute personne participant a une manifestation de soutien au PKK, ou toute personne jetant des pierres contre les forces de l'ordre est considérée comme membre de l'organisation terroriste et risque une peine allant jusqu'à 15 ans de prison.
A cause de ces jeunes lanceurs de pierre, les récents événements ont été qualifiés par certains observateurs “d'Intifada kurde”.
Arif Akkaya est membre de l'Association pour les droits de l'homme de Diyarbakir et s'occupe particulièrement de la protection des enfants. “Ces jeunes font face à des tanks, des uniformes, des gaz lacrymogènes et des matraques dans les endroits où ils vivent, explique-t-il, alors ils réagissent de manière émotionnelle. Ils répondent avec leurs seules armes, qui sont les pierres”.
Le propre fils d'Arif Akkaya, 17 ans, est allé en prison pour avoir participé à de telles manifestations. Si sa condamnation est confirmée en appel, il risque 7 ans de prison ferme.
“Quand ils ont arrêté mon fils, il a été envoyé dans une section anti-terroriste et il a été torturé pendant 4 jours. Il a été battu et insulté de toutes les manières possibles. Bien sûr, il est sorti de là traumatisé…”
Abdullah Demirbas le maire d'un district de Diyarbakir, vit une expérience familiale tout aussi pénible. Son fils, également âgé de 17 ans, est parti il y a 8 mois dans les montagnes voisines, en Irak, rejoindre le PKK. “
Au mois de mai dernier j'ai été condamné à deux ans de prison pour avoir fait imprimer des brochures en langue kurde raconte-t-il. Mon fils m'a dit : “tu vois papa, la politique de résout rien. Si la politique servait à quelque chose tu n'aurais pas été condamné". Et le 30 mai il est parti. Mon fils n'avait pas de problèmes, il allait à l'école et faisait du théâtre. Sa tragédie est un exemple de la tragédie des Kurdes”.
Pour l'heure, l'incitation à la révolte et l'appel aux armes du PKK sont plus fort que les tentatives d'apaisement du gouvernement. Tant que ce dernier ne proposera pas de solution concrète et durable, les montagnes continueront d'attirer la jeunesse de Diyarbakir.

























Commentaires (4)
Vraiment déçu !
"Pour l'heure, l'incitation à la révolte et l'appel aux armes du PKK sont plus fort que les tentatives d'apaisement du gouvernement" Non mais c'est une blague ?!!!
Depuis les années 1990,le PKK a décrété au moins huit cessez-le-feu unilatéral et à chaque fois la Turquie a refusé !
Depuis 2009, le PKK a envoyé deux groupes de paix en Turquie pour montrer sa « bonne volonté » en vue de faire avancer le processus de paix, mais ils ont été arrêtés.
ALORS NON, CE N'EST PAS LE PKK MAIS LA TURQUIE QUI REFUSE LA PAIX!!
Je dois dire que je suis vraiment déçu de ce reportage .
probagante
pour les rares fois où des étrangers "s'intéressent" aux Kurdes, je trouve que c'est bien dommage et regrétable que ceux-ci soient pas neutre. En effet ce reportage tente de nous faire croire que le gouvernement turc est en faveur du peuple Kurde et que les Kurdes sont des terroristes qui enmpechent toute solution qui pourrait amélioré le problème déjà abominable. !
Seyran95
C'est aberrant... Faux débats, Fausse démocratie mais vrai massacre..Et c'est ac ça que la Turquie tente désespérément de convaincre l'UE que la Turquie est un pays démocratique..
"terroristes..."
Vous utilisez dans votre reportage (2'40) le terme de "terroristes du pkk" alors que cette réference ne devrait pas apparaître vu le reportage et vu la situation au kurdistan turc. On ne peut pas continuer à stigmatiser ce parti de terroriste alors qu'il a le soutien de la population et qu'il cherche à résoudre de manière politique et parlementaire le problème kurde.
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