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Asie - pacifique

Cinq ans après le tsunami, l'Asie honore ses morts

©

Vidéo par David THOMSON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/12/2009

Le 26 décembre 2004, un immense raz-de-marée touchait le littoral de l'océan Indien, emportant 220 000 personnes. Cinq ans plus tard, les cérémonies d'hommage aux victimes se succèdent en Indonésie, au Sri Lanka, en Inde ou encore en Thaïlande.

AFP - L'Asie honorait samedi la mémoire de ses morts cinq ans après le tsunami du 26 décembre 2004, pire cataclysme depuis des décennies, qui a anéanti plus de 220.000 vies et bouleversé celles de millions d'autres sur le pourtour de l'océan Indien.

Dans la province indonésienne d'Aceh, qui a payé le plus lourd tribut à la catastrophe, une journée de prière se tenait dans les mosquées de cette province à la mémoire des 168.000 morts ou disparus recensés dans l'archipel.

"Aucun des membres de ma famille n'a survécu au tsunami. Mes enfants, mes petits-enfants, mes frères, mes soeurs sont tous morts et m'ont laissée seule, ici", témoigne auprès de l'AFP Siti Aminah, 72 ans.

"Ils sont peut-être enterrés ici ou bien ils ont été peut-être emportés par la mer, car nous habitions sur la plage", explique-t-elle devant une des fosses communes où rescapés et proches se sont rassemblés.

"Même si je ne suis pas sûre de l'endroit où ils sont enterrés, je viens tous les ans afin de prier pour eux, pour que Dieu leur permette de reposer en paix", ajoute-t-elle.

A deux kilomètres de là, dans le port de Ulee Lheu, le vice-président indonésien Boediono (un seul nom) a conduit une cérémonie du souvenir.

"Cinq ans plus tard, les habitants d'Aceh, avec l'aide la communauté internationale, sont parvenus à se relever et à renaître en reconstruisant leur vie sociale, économique et culturelle", a-t-il déclaré devant un millier de personnes.

Au Sri Lanka, où les organisations humanitaires évoquent généralement le chiffre de 31.000 décès, deux minutes de silence national ont été observées à la mémoire des disparus.

La radio et la télévision publiques ont suspendu leurs programmes à 09H25 (03H55 GMT), l'heure vers laquelle le tsunami a frappé.



Des cérémonies similaires sont prévues en Inde en Thaïlande où quelque 20.000 personnes ont été tuées par la vague géante provoquée par un séisme de magnitude 9,3.

Des systèmes d'alerte anti-tsunami ont été mis en place - de manière éparse - afin d'éviter une répétition de la catastrophe de 2004 mais des "failles significatives" subsistent, selon Noeleen Heyzer, sous-secrétaire générale de l'ONU.

"Les systèmes d'alerte sauvent des vies mais seulement s'ils atteignent les personnes en danger", a-t-elle rappelé. "Une partie importante des efforts doivent se concentrer sur l'information des communautés côtières, sur les risques qu'elles encourent et la façon d'y parer".

En outre, la reconstruction a buté dans certains pays sur des problèmes de corruption, comme au Sri Lanka par exemple. A tel point que le gouvernement de Colombo doit aujourd'hui rendre des comptes sur la moitié des quelque 2,2 milliards d'aide promis par les donateurs étrangers.

La Banque mondiale (BM), qui avait alloué une enveloppe de quelque 150 millions de dollars pour la reconstruction, a récupéré 134.000 dollars en mai. Les autorités de Colombo avaient par exemple acheté 168 motocyclettes sur le budget du tsunami.

En Indonésie, l'agence spécialement créée pour coordonner la reconstruction des régions dévastées a été dissoute en avril. L'Agence de réhabilitation et de reconstruction (BRR) a affirmé que 6,7 milliards de dollars, sur les 7,2 engagés par le gouvernement et les donateurs internationaux, avaient été alloués aux différents projets de reconstruction à Aceh et sur l'île voisine de Nias.

Ils ont notamment permis de construire plus de 140.000 maisons, 1.759 établissements scolaires, 363 ponts et 13 aéroports, selon la BRR.

Première publication : 26/12/2009

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