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Violents heurts à Téhéran en marge de l'Achoura

©

Vidéo par Siavosh GHAZI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/12/2009

Selon un site réformiste, les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait quatre morts - ce que la police dément - dont le neveu de Moussavi. Un autre site rapporte que certains policiers refusent de tirer sur les manifestants.

 

AFP - Plusieurs manifestants ont été tués et de nombreux autres blessés ou arrêtés dimanche à Téhéran, lors de très violents affrontements qui ont parfois tourné à l'émeute entre des dizaines de milliers d'opposants au gouvernement et les forces de l'ordre, selon l'opposition.

Au moins cinq manifestants, dont un neveu du leader de l'opposition Mir Hossein Moussavi, ont été tués lors de ces affrontements, les plus sanglants depuis les grandes manifestations de juin qui avaient suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, selon les informations fournies par plusieurs sites d'opposition.

Le neveu de M. Moussavi, agé de 35 ans, a été tué d'une balle dans la région du coeur, selon le site des parlementaires de l'opposition Parlemannews.ir. Trois des quatre autres victimes recensées auraient également été tuées par des "tirs directs", selon Rahesabz, l'un des principaux forums de l'opposition iranienne.

Avant que ne soit annoncée la mort par balle du neveu de M. Moussavi, le chef de la police de Téhéran, Azizollah Rajabzadeh, avait démenti la mort de manifestants, affirmant "la police n'a pas procédé à des tirs", et que "les membres des forces de l'ordre n'ont pas d'armes de guerre avec eux".

Les manifestations de dimanche se sont toutes déroulées sur la grande avenue Enghelab traversant la capitale d'est en ouest sur une dizaine de kilomètres, théâtre des grands rasemblements de juin contre le président Ahmadinejad.

Des dizaines de milliers de manifestants ont envahi simultanément différents points de cette avenue, prenant parfois les forces de l'ordre par surprise, selon de nombreux témoignages recueillis par l'AFP. Pour pouvoir se rassembler rapidement, les opposants ont profité de l'affluence liée aux nombreuses cérémonies de l'Achoura, journée de deuil religieux commémorant le martyre de l'imam Hossein, figure centrale du chiisme.

De nombreux affrontements, parfois très violents, ont rapidement opposé manifestants et forces anti-émeute sur toute la longueur de cette grande artère d'une dizaine de kilomètres, selon les témoignages recueillis par l'AFP.

Les manifestants ont allumé de nombreux incendies pour se protéger des gaz lacrymogènes et ralentir les assauts des policiers auxquels ils jetaient des pierres, érigeant parfois des barricades comme près de la place Azadi (ouest).

"Nous nous battrons, nous mourrons mais nous reprendrons l'Iran", scandaient les manifestants, criant aussi : "C'est le mois du sang, et les bassidjis vont tomber", double allusion au mois de deuil de Moharram dont Achoura est le point culminant et à la milice du régime islamique, largement utilisée par le gouvernement contre les manifestants.

Les opposants ont parfois débordé les forces de l'ordre en dépit des gaz lacrymogènes et des tirs d'avertissement, et malgré l'aide de nombreux policiers en civils et bassidjis qui poursuivaient et frappaient les manifestants jusque dans les rues voisines.

Toujours selon les témoignages recueillis par l'AFP, des véhicules et motos de police ont été incendiés par les manifestants qui scandaient "mort au dictateur", nom donnée par l'opposition au président Ahmadinejad depuis sa réélection. Plusieurs policiers ont été blessés, selon ces témoins.

Aucun bilan global ou estimation du nombre des blessés et des arrestations n'était disponible en fin de journée, alors que le calme était revenu, après plusieurs heures d'affrontements, sur la grande avenue occupée par de nombreux policiers.

D'autres affrontements violents ont eu lieu dimanche en province, notamment à Ispahan, Najafabad, Arak (centre), Shiraz (sud), Babol (nord), Machhad (nord-est) et Tabriz, selon Rahesabz. Le site d'opposition a évoqué des "informations non confirmées" faisant état de quatre morts dans cette grande ville de l'ouest de l'Iran lors de ces affrontements.



 

Première publication : 27/12/2009

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