Dernière modification : 19/10/2010 

- Hongrie - Industrie - Pollution


La pollution industrielle

En Hongrie, le village de Devecser a été ravagé par des boues toxiques, provoquant problèmes respiratoires et brulures chez les habitants. Cette semaine, nous avons enquêté pour comprendre les risques de l’aluminium.

Par Jennifer KNOCK

Le 4 octobre, les boues rouges ont déferlé comme un raz de marée sur le village de Devecser, après la rupture d’un réservoir de l’usine de bauxite-aluminium d’Ajka. Certains habitants ont été submergés par ces flots toxiques qui sont parfois montés à plus de 2 mètres de haut. Ils ont été très gravement brulés. Nous avons rencontré Jozef Orvat. Ses brûlures sont profondes, il aura besoin de greffe pour pouvoir se tenir à nouveau sur ses jambes.

D’après l’ONG Greenpeace, les boues rouges contiennent de l’arsenic, du mercure et du plomb. Leur Ph est surtout anormalement élevé. Cette solution basique ronge la peau, même plusieurs jours après l’accident. Les nettoyer à l’eau ne sert à rien. Les victimes sont donc soignés avec des pansements imprégnés d’acide pour empêcher que la blessure ne progresse et ne s’approfondisse.

Pour les experts, ces boues présentent aussi un autre danger : lorsqu’elles sèchent, elles s’effritent et les poussières sont particulièrement toxiques lorsqu’elles pénètrent dans les poumons. L’aluminium, le fer et le nickel pénètrent dans les alvéoles pulmonaires et peuvent endommager les tissus de façon irréversible.

Après avoir examiné les conséquences de cette pollution industrielle, nous allons voir à quel point l’aluminium, produit dans cette usine, peut se révéler dangereux dans notre vie de tous les jours : boites de conserve, canettes, emballages alimentaires, dentifrice et même eau potable, l’aluminium est présent partout. Plusieurs études sanitaires prouvent que l’aluminium est toxique mais uniquement à forte dose. Ingéré, il est filtré au cours de la digestion. Ses résidus une fois passés dans le sang se fixent dans les os et le cerveau et peuvent parfois provoquer des maladies neurologiques. Les scientifiques invitent à la plus grande prudence et les industriels eux, réfléchissent à de nouveaux matériaux.

L’aluminium n’est pas le seul minerai dont l’extraction se révèle dangereuse. Dans cette émission, nous allons enfin nous rendre en Indonésie, aux bords du lac IJEN. Les vapeurs qui s’échappent de la mine de souffre sont aussi nauséabondes que corrosives. Les mineurs extraient le souffre sans véritable protection, à l’aide d’un simple foulard. Leur espérance de vie ne dépasse pas 40 ans mais leur salaire, supérieur à la moyenne nationale les pousse à accepter ces conditions.
 


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