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La "taxe Google" fait son chemin à l'Élysée
Nicolas Sarkozy s'est dit prêt, jeudi, à saisir l'Autorité française de la concurrence pour déterminer si Google bénéficie d'une position dominante sur le marché de la publicité sur Internet, au lendemain d'un rapport qui propose une "taxe Google".
Le président Nicolas Sarkozy a fait un geste vers les jeunes et l'industrie musicale en annonçant jeudi la mise en oeuvre d'ici à l'été 2010 d'une "carte musique" subventionnée pour moitié par l'Etat afin de faire décoller le téléchargement légal sur internet.
Comme en 2009, le chef de l'Etat avait choisi de présenter des voeux au monde de la culture. Il les a axés largement sur la "révolution numérique" cette année, devant un auditoire réuni à la Cité de la musique à Paris.
Au lendemain de la remise du rapport de la mission Création et internet conduite par le producteur Patrick Zelnik, le président a précisé quelles propositions il souhaitait retenir, relevant que "la meilleure façon de dissuader le piratage, c'est l'offre légale".
"Il faut réhabituer les jeunes à acheter leur musique et je souhaite la mise en place de la carte musique, fixée -- je ne sais pas -- à 200 euros de potentiel d'achat, et l'Etat en prendra la moitié", a-t-il avancé, sans préciser à quelle classe d'âge cette mesure s'adresserait.
Le président a souhaité que "cette carte musique jeune entre en vigueur d'ici à l'été 2010, pour toutes les musiques évidemment".
Nicolas Sarkozy a aussi fait sienne la proposition formulée par la mission Zelnik de fixer un délai d'un an aux producteurs pour qu'ils "négocient les droits et libèrent leurs fichiers musicaux sur toutes les plateformes".
"Je sais que cette mesure ne fera pas plaisir aux producteurs, je suis prêt à les recevoir pour en parler avec eux. Chacun doit faire un effort", a-t-il affirmé.
Le président de la République a aussi parlé d'une "fuite de matière fiscale" en évoquant le cas des grands portails internet, dont Google, taxés dans le pays de leur siège social alors qu'ils prélèvent une partie du marché publicitaire en France.
"C'est particulièrement dommageable et ça altère le jeu de la concurrence", a estimé M. Sarkozy, qui s'est dit favorable à un avis de l'Autorité de la concurrence sur ce possible "abus de position dominante".
Depuis plusieurs mois, les sites culturels et de presse en ligne se plaignent du fait que les sites de référencement comme Google captent l'essentiel des ressources publicitaires en utilisant leur contenu sans contrepartie.
Le seuil de cette "taxe Google", comme l'a surnommée lui-même Jacques Toubon, serait fixé de façon à ne concerner que les grandes sociétés comme "Google, Microsoft, AOL, Yahoo! ou Facebook", selon le rapport.

























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