Dernière modification : 10/01/2010 

- Angola - CAN-2010


Ballon rond, pétrole et bidonvilles

Ballon rond, pétrole et bidonvilles

L'Angola compte 16 millions d'habitants dont un tiers vit dans la capitale, Luanda. En moins de 10 ans, la ville est devenue la métropole la plus chère du monde, où riches exploitants pétroliers côtoient la population la plus pauvre.

Par Emmanuel VERSACE (texte)
 

Richesse et pauvreté se côtoient ostensiblement en Angola, où se déroule du 10 au 31 janvier la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Le coup d'envoi aura lieu dans un  Stade national du 11-Novembre flambant neuf. Construite par une société chinoise, l'enceinte sportive de 50 000 places est située à 12 kilomètres du centre-ville de Luanda et a coûté quelque 250 millions de dollars à l’Etat. Une vitrine moderne pour ce pays pétrolier  - deuxième producteur d'Afrique subsaharienne derrière le Nigeria - et sa capitale où, depuis la fin de la guerre civile (1975-2002), se concentrent 30 % de la population. Son centre-ville luxueux et bétonné contraste avec les bidonvilles environnants : en Angola, 74 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

Le pétrole a façonné l'histoire du pays. A la fin de la guerre civile, en 2002, "les compagnies étrangères ont fait venir en masse leurs employés et elles n'ont pas regardé à la dépense", témoigne Marco, manutentionnaire, de retour en Angola après cinq années d'absence. Construite à l'origine pour accueillir 500 000 habitants, Luanda en compte aujourd'hui 5 millions qui, pour la plupart, survivent dans sa banlieue, sans électricité ni eau courante.

"Le pays va s'améliorer petit à petit", promet Norberto Garcia, un membre du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), le parti au pouvoir de José Eduardo Dos Santos. En témoigne, selon lui, le programme en cours de construction de logements sociaux.
 
Des dollars mais pas d'emplois

Ereintés par près de 30 ans de guerre civile, les Angolais semblent pour l'instant se résigner. "Les gens pensaient que la guerre n'allait jamais s'arrêter. Aujourd'hui, ils profitent de la paix", résume Olivier de Quelen, un conseiller économique indépendant résidant en Angola.

Pour combien de temps encore ? La crise économique est également passée par l’Angola. La croissance du pays, qui ferait pâlir d'envie n'importe quel pays européen, est passée de 16 % à 8 % entre 2008 et 2009. Et d'aucuns craignent que les promesses formulées lors de la campagne pour les législatives de 2008 ne finissent par passer au second plan. Mais le président José Eduardo Dos Santos se veut rassurant : les crédits générés par l'activité pétrolière financeront ses projets sociaux en temps et en heure.

Expert à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Thomas Dickinson est plus sceptique. "L'économie pétrolière ramène des dollars mais pas des emplois. Le gouvernement sait qu'il doit créer des emplois pour assurer sa propre stabilité sur le long terme", analyse-t-il. Prévue cette année, la prochaine présidentielle approche à grands pas et les promesses faites aux Angolais seront difficiles à ignorer...

Commentaires (1)

LA PAUVRETÈ EN CE SIECLE

Avec moins de deux dollars par jour , comment peut-il achèter une maison de cinq million de dollars ? Comment peut-il assurer la scolarité de ses enfants ?

angola

pendant 7 années, j'ai travaillé,vécu en Angola, partagé l'angoisse des populations face à la guerre.Attaché a ce pays,je reste,hélas, sceptique sur la volonté de Dos Santos de redistribuer aux populations, à Luanda mais surtout dans les Provinces, les profits extraordinaires que génère, par exemple,l'exploitation des champs pétrolifères.Même la paix ne guérit pas du premier fléau qui,après la guerre (UNITA de Savimbi)et le paludisme endémique a ravagé et ravage ce beau pays qu'est l'Angola : la corruption.

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