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Culture

La Chine jette un réalisateur tibétain en prison

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/01/2010

Réalisateur d'un documentaire dans lequel des Tibétains disent tout le bien qu'ils pensent du dalaï-lama, Dhondup Wangchen a été condamné à six ans de prison en Chine. Il a été arrêté en mars dernier après la sortie de son film.

REUTERS - Un réalisateur tibétain a été condamné à six ans de prison en Chine pour avoir filmé un documentaire dans lequel des Tibétains disent du bien du dalaï lama et se plaignent de la façon dont leur culture est étouffée, a annoncé son entourage.

Le film, intitulé "Laisser la peur en arrière" ("Leaving Fear Behind"), présente une série d'interviews avec des Tibétains exprimant leur amour pour leur chef spirituel exilé en Inde et leur désanchantement quant à l'impact des Jeux olympiques de Pékin sur leur qualité de vie.

Le réalisateur, Dhondup Wangchen, et un de ses amis moine, Golog Jigme, ont été arrêtés peu après la fin du tournage, mais ont pu faire sortir des copies du pays.

Dhondup Wangchen a été condamné le 28 décembre à Xining, capitale de la province de Qinghai, indique un communiqué publié sur le site www.leavingfearbehind.com, qui fait la promotion du film et appelle à la libération du réalisateur.

Selon le site, le réalisateur n'a reçu aucune assistance juridique et les autorités ont empêché un avocat engagé par sa famille de le défendre.

"J'appelle le tribunal de Xining à autoriser mon mari à prendre le représentant légal de son choix", déclare l'épouse de Dhondup Wangchen, Lhamo Tso, dans ce communiqué.

"Mes enfants et moi sommes désespérés par la perspective de ne pas pouvoir le voir pendant aussi longtemps. Nous appelons les autorités chinoises à faire preuve d'humanité en le libérant. Mon mari n'est pas un criminel, il a simplement voulu montrer la vérité."

La Chine a occupé militairement le Tibet en 1950, et défend son action dans la région en affirmant avoir libéré un million de Tibétains du servage et favorisé le développement économique.

En mars 2008, des manifestations tibétaines emmenées par les moines bouddhistes avaient donné lieu à une escalade de la violence, quand des émeutiers s'en étaient pris aux Han, l'ethnie dominante en Chine.

Au moins 19 personnes étaient mortes dans les émeutes. Selon les groupes de Tibétains exilés à l'étranger, la répression militaire chinoise qui avait suivi avait fait plus de 200 morts.

Première publication : 07/01/2010

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