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Un dirigeant historique de l'ETA condamné à cinq ans de prison
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné en son absence l'ancien député régional basque José Antonio Urrutikoetxea, alias "Josu Ternera", a cinq ans de prison. Cette figure historique de l'ETA est introuvable depuis 2002.
AFP - Le dirigeant historique de l'ETA et ancien député régional basque José Antonio Urrutikoetxea, alias "Josu Ternera", a été condamné jeudi à Paris, par défaut, à cinq ans de prison, et son fils Egoitz à quatre ans, pour "association de malfaiteurs à visée terroriste".
Le tribunal correctionnel de Paris a par ailleurs maintenu les mandats d'arrêt lancés en 2008 par un juge d'instruction parisien contre les deux hommes, en fuite.
Les magistrats de la 10e chambre ont en outre interdit définitivement de territoire français Josu Ternera, qui fut le principal chef politique du groupe armé jusqu'à la fin du processus de paix avorté de 2006.
Des peines respectives de sept et quatre ans de prison ferme avaient été requises le 19 novembre contre le dirigeant charismatique de l'ETA et son fils, Egoitz Urrutikoetxea, de nationalité française puisque né à Bayonne.
Lors de l'audience du 19 novembre, le tribunal lui-même avait reconnu la faiblesse du dossier. Les seules charges retenues contre les deux hommes, âgés de 59 et 35 ans, sont en effet des empreintes retrouvées en 2002 dans des appartements de l'ETA à Lourdes (Hautes-Pyrénées) et Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), ainsi que dans un véhicule.
Des éléments qui avaient suffi au ministère public pour arguer qu'ils appartenaient à l'ETA et étaient donc coupables d'"association de malfaiteurs à visée terroriste".
"Ce sont deux activistes de premier plan de l'ETA" qui "apparaissent tous deux impliqués dans les activités politiques" de l'organisation séparatiste basque, avait insisté le procureur Catherine Sorita-Minard.
Ce n'est pas la première fois que les deux hommes sont poursuivis en France. Interpellé à Bayonne en 1989, une grenade à la main et muni de faux papiers, Josu Ternera avait alors été condamné à 10 ans de prison. Il avait été expulsé vers l'Espagne après sa remise en liberté en 1996.
Elu en 1998 au parlement autonome basque, sur une liste nationaliste, il avait été désigné en 1999 comme l'un des trois interlocuteurs de l'ETA pouvant négocier avec le gouvernement espagnol.
Enclin à la négociation, l'indépendantiste s'est toutefois évanoui dans la nature en 2002, au moment où la cour suprême espagnole avait lancé un mandat d'arrêt pour qu'il réponde de son implication dans un attentat commis en 1987 contre une caserne de la garde civile à Saragosse qui avait fait 11 morts, dont cinq enfants.
En avril 2009, le quotidien espagnol El Pais assurait que Ternera, marginalisé par l'aile dure du mouvement après la fin de la trêve, avait repris du service. Selon des sources nationalistes basques citées par le journal, il serait revenu en binôme avec le dirigeant politique historique de Batasuna, Arnaldo Otegi, autre partisan du dialogue du monde indépendantiste basque.
Son fils a été condamné à quatre reprises en France en 1999 (3 ans ferme), 2001 (10 mois), 2007 (4 ans) et 2009 (2 ans), la plupart du temps pour association de malfaiteurs à visée terroriste.
Selon des spécialistes de l'ETA cités par le parquet, cet ancien étudiant toulousain "occupe très probablement des responsabilités relativement importantes" à l'ETA.


























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