Dernière modification : 07/01/2010 

- Bernard Kouchner - France - Génocide rwandais - Rwanda


Kouchner à Kigali pour reprendre des "relations normales" avec le Rwanda

Le déplacement du ministre des Affaires étrangères marque le début de la réconciliation, mais les relations entre Paris et Kigali restent assombries par la question des responsabilités dans le génocide de 1994.

Par FRANCE 24 (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Trois ans après une rupture diplomatique avec le Rwanda, la France a repris pied jeudi dans cette ex-colonie belge, en espérant qu'une coopération dans de multiples domaines puisse succèder à la défiance et aux accusations nées du génocide de 1994.

"Nous allons reprendre des relations normales. Il y a à développer des programmes en matière de culture et de développement", a assuré le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, en rencontrant son homologue rwandaise Louise Mushikiwabo, avant des entretiens avec le président Paul Kagame.

Melissa Bell, envoyée spéciale de France24 à Kigali - 07/01, 17h (GMT+1)

Il s'agit de la première visite d'un ministre français au Rwanda depuis la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays le 29 novembre. Kigali avait rompu ces relations fin 2006 après l'émission par la justice française de mandats d'arrêt visant des proches du président Kagame.

Ces personnalités sont soupçonnées d'être impliquées dans l'assassinat en avril 1994 du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, considéré comme l'élément déclencheur du génocide au Rwanda. Les massacres ont fait, selon l'ONU, au moins 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Un comité nommé par le gouvernement rwandais vient au contraire de conclure que la responsabilité de l'attentat incombait à des extrémistes hutus qui auraient voulu faire échec à un partage du pouvoir avec la rebellion tutsi envisagé par Juvénal Habyarimana.

Le Rwanda accuse la France, plus généralement, d'avoir aidé les génocidaires par son soutien, notamment militaire, au régime hutu alors au pouvoir, ce que Paris dément formellement.

"On a une histoire commune, on a eu des difficultés, on est prêt a en discuter mais prêts aussi a avancer. On commence une nouvelle étape de notre histoire commune", a déclaré Mme Mushikiwabo.

Pour les "heures sombres, il nous faudra (...) demander aux historiens, aux sociologues, aux témoins, aux rescapés, de travailler ensemble pour que nos pays sachent ce qui s'est passé", a estimé Bernard Kouchner. Du côté de la France, "les torts ne sont pas aussi caricaturaux qu'on l'a raconté". "Il y a eu des erreurs d'appréciation, sûrement", a-t-il ajouté.

Un tel travail de mémoire commun "serait une sorte de réparation", a estimé Théodore Simburudali, président de l'association de rescapés du génocide Ibuka Rwanda. Devant le ministre français, il a dénoncé "le négationnisme chez certains historiens, journalistes".

"On attend de la France la reconnaissance de la mémoire du génocide. Les excuses sont nécessaires, d'autres pays l'ont fait (comme) la Belgique, les Etats-Unis", a-t-il déclaré.

L'approche française au Rwanda se veut "prudente et non arrogante", souligne-t-on à Paris. "On va reprendre la coopération, toutes les coopérations, on va voir à quel rythme", précise un responsable français sous couvert d'anonymat, sans exclure qu'elle porte à terme sur le domaine militaire.

De son côté, le Rwanda pourrait rechercher une meilleure coopération en matière judiciaire, plusieurs Rwandais recherchés par Kigali vivant en France.

Dans l'immédiat, la France va s'attacher à remettre en état son ambassade et la résidence de l'ambassadeur qui ont souffert de trois ans d'absence. Des ambassadeurs ont été nommés à Kigali et Paris. Des travaux beaucoup plus longs sont prévus pour le centre culturel français. La France entend aussi rouvrir une école franco-rwandaise. Une visite au Rwanda du président français Nicolas Sarkozy pourrait intervenir dans les mois à venir.

Commentaires (3)

en avant

le rwanda et la france doivent fixer les yeux en avant au lieu de rester captifs de l'histoire,meme si nous repprochons au gouvernement de paris de l'époque d'avoir soutenu les génocidaires,le gouvernement sarkozy fait mieux que ses prèdecesseurs.courage sarkozy ,courage kouchner (le francais que j'adore plus que les autres)courage notre président kagame.

Bravo la France

La France montre bien qu'elle est prète à renouer des relations avec le Rwanda. Il faut nos deux nations travaillent ^cote à cote avec toute volonté et frachise pour mettre à terme le dossier du Génocide. Vive nos deux présidents, KAGAME et SARKOZY.

Paul kagame

J'adore ce president rwandais, sa politique est unique en afrique pcq lui il se tient débout pour les intérrés,la mémoire et l'honneur de son pays. On parle déja d'une prochaine visite du P. Sarkozy au Rwanda juste apres son consiel en décembre,son ministre en janvier peut-etre lui en Février.Comparativemet aux autres presidents d'afrique gros et somnolants dans leur bureau orné,Kagame est tres décontract,sans cravatte, rien d'exclavagant et tres humble. La preuve c'est son bureau dans la 2ieme video de cette page.
Qu'il garde santé et sagésse.

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

 
 
 
Fermer