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FRANCE

La "taxe Google", une fausse bonne idée selon Cyril Zimmermann

Texte par Nicolas DE SCITIVAUX

Dernière modification : 08/01/2010

Dans le cadre de la loi Hadopi, un rapport remis au gouvernement préconise la création d'une taxe sur la publicité des grands acteurs de l'Internet. Cyril Zimmermann, directeur de la régie publicitaire Hi-Media, livre son analyse à france24.com.

Le rapport de la mission Zelnik remis au gouvernement mercredi 6 janvier évoque la mise en place d’une "taxe Google", taxe reversée directement à l’État sur les revenus publicitaires des plus gros sites comme Google, Yahoo! et MSN. Depuis plusieurs mois, certains sites culturels et de presse en ligne se plaignent du fait que les sites de référencement comme Google captent l'essentiel des ressources publicitaires en utilisant leur contenu sans contrepartie.

Jeudi, dans ses vœux adressés au monde de la culture, le président Nicolas Sarkozy a annoncé son souhait de saisir l'autorité française de la concurrence sur l'éventuelle position dominante acquise par Google sur le marché de la publicité en ligne.
 

Cyril Zimmermann, président directeur général de Hi-Media, une des premières régies publicitaires sur l'Internet en Europe, livre à france24.com son analyse.

Pourquoi viser les grand acteurs du Net et qu’est-ce que cela implique ?

Cyril Zimmermann, PDG de Hi-media.

Cyril Zimmermann : C’est vrai que Google ne rémunère que très peu les contenus dont il tire ses revenus, mais n’oublions pas que Google réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires sur son site propre.

Si on prend le cas de Google par exemple, la société déclare son chiffre d’affaires en Irlande, ce qui n’est pas pour faciliter l’application d’une telle taxe en France.

Est-ce qu’une telle taxe est réalisable ?

C. Z. : Le problème est que cette "taxe Google" risque de toucher de nombreux supports, comme la plateforme de streaming Deezer, qui n’existe que par la publicité et dont elle partage déjà les revenus [avec les auteurs, ndlr].

L’idée de définir des paliers est également problématique [le rapport Zelnik précise qu’un seuil de revenus publicitaires devra être atteint pour être taxé, ndlr], puisque la Constitution française prône l’égalité devant l’impôt.

Enfin, il me semble injuste qu’une taxe serve à financer une industrie, comme celle de la musique par exemple, alors que cette industrie n’a pas su s’adapter à l'Internet ni proposer une offre légale satisfaisante.

Est-ce que ce genre de mesure est la bonne voie à suivre pour sauver la création sur l'Internet ?

C. Z. : Je ne pense pas que désigner Google en tant que "grand Satan" et le taxer soit la bonne solution. Google gagne beaucoup d’argent grâce au contenu des autres, et c’est à mon sens ce point que le rapport cherche à combattre. Mais au final, une telle taxe risque de pénaliser tout le monde sauf Google.

Le fond du problème, c’est l'insuffisance de l’offre légale disponible sur l'Internet, et je pense que c’est cela la priorité à développer.

Première publication : 07/01/2010

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