- Rejoignez votre communauté France 24
Dernière modification : 09/01/2010
Les scanners corporels sont "inutiles et coûteux", dénonce Charles de Courson
Alors que la France souhaite utiliser des scanners corporels, Charles de Courson, rapporteur de la commission des Finances de l'Assemblée pour le transport aérien, fait un état des lieux sans concession de la politique de sécurité dans les aéroports.
Par Gaëlle LE ROUX (texte)
La tentative d'attentat sur le vol Detroit-Amsterdam le 25 décembre a provoqué un véritable branle-bas de combat dans les aéroports européens. À la demande des Etats-Unis, les pays européens ont commencé à durcir les contrôles dans les aéroports.
La France s'apprête à expérimenter les scanners corporels - très répandus aux Etats-Unis - dans les aéroports parisiens. Le secrétaire d'Etat au Transport, Dominique Bussereau, a annoncé la mise en service de six à sept scanners corporels "dans un premier temps", pour tous les vols à destination des Etats-Unis.
Interrogé par FRANCE 24, Charles de Courson, rapporteur de la commission des Finances de l'Assemblée nationale pour le transport aérien, fait un état des lieux sans concession de la politique de sécurité dans les aéroports.
Que pensez-vous de l’installation prochaine de scanners corporels dans les aéroports français ?
Charles de Courson : C’est dans la lignée de tous les investissements faits depuis 2001 pour tenter d’instaurer une ligne Maginot autour de nos aéroports : c’est très couteux et ça ne sert à rien. Il existe plein de moyens de faire exploser des avions. On peut faire introduire des explosifs dans les bagages de soute, on peut arriver par d’autres plateformes faiblement sécurisées, ce qui est le cas dans la plupart des aéroports africains. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec la tentative d’attentat sur le vol Amsterdam-Detroit. Le terroriste avait embarqué au Nigéria où les mesures de sécurité ne sont pas très fiables, où on peut facilement infiltrer les services de sécurité…
Les commandos terroristes s’adaptent. Et les scanners corporels ne vont pas changer la donne. Le scanner permet d’obtenir une image de la surface du corps. Si les terroristes veulent pénétrer dans l’avion avec des explosifs, ils pourront toujours les dissimuler à l’intérieur de leur corps.
Que préconisez-vous pour assurer la sécurité dans les avions et aéroports ?
Dès qu’une menace pointe, notre première réaction est de renforcer les dispositifs de sécurité dans les aéroports mais en réalité, le meilleur moyen de lutter efficacement contre le terrorisme est d’infiltrer et de démanteler les réseaux terroristes.
Les avions ne sont d’ailleurs pas les seules cibles. Pourquoi ne pas instaurer des mesures similaires dans les stations de métro et les gares ? Ce dispositif manque de cohérence.
Ce qu'a proposé le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, enregistrer les données des passagers au moment de la réservation, me semble par contre beaucoup plus intéressant. Cela permettrait de rechercher des informations en amont, avant que les terroristes ne se trouvent dans les aéroports.
Pourquoi les Etats-Unis - et, par effet domino, l’Europe - continuent-ils d’investir dans la sécurité aéroportuaire ?
Cette politique a été imposée par l’administration Bush après 2001 aux Etats-Unis, puis en Europe. Son but était purement et simplement de rassurer l’opinion publique.
En 2001, les Etats-Unis ont menacé de refuser le débarquement de tous les passagers qui ne se seraient pas soumis à des contrôles dans leur pays d’embarquement, avant d’entrer dans l’avion. Evidemment, aucun pays européen n’a souhaité voir ses connections aériennes avec les Etats-Unis coupées. Alors nous nous sommes alignés. Et il se passe exactement la même chose avec les scanners corporels.
Les industriels du secteur de la sécurité aéroportuaire, tous américains, sont les grands gagnants de cette politique.
Jusqu’où va-t-on aller au nom de la sécurité ? Imposer aux passagers de donner des informations biométriques, comme aux Etats-Unis, ou leur faire passer des entretiens individuels avec les services de sécurité, comme en Israël ?
Nos dépenses en matière de sécurité aéroportuaire sont chaque année plus importantes. Actuellement, nous dépensons en France 500 millions d’euros par an, financés via les taxes d’aéroports payées par les passagers. Le mouvement ne tend pas à s’inverser.
D’autant plus que les passagers qui voyagent souvent exercent une forte pression pour que le temps d’attente soit réduit. Ils seraient prêts, pour cela, à donner leurs références biométriques, leurs empreintes rétiniennes et digitales, comme aux Etats-Unis, pour éviter de passer des heures à attendre les contrôles.
Sur le même sujet
FRANCE - l'actualité française relatant les faits marquants de la politique, l'économie, et la société en France























Commentaires (6)
pas dacord
franchemen je suis contre C de C. les parties genitale son floutees.je prefere etre vu en image 3d facon androide que de mourir dans un avion a cause de une faille de la palpation manuelle. de plus c innofensif
securitè
si les grands pays 'sois disons) s occupent de leurs familles *les terros sont pas fous de venir leurs cassèes les pieds *soiyez braves occuper de vous vous etes plus malheureux que nous *votre malheur est spirituel et nous mtèriel *sans rancune*ali
CHARLES DE COURSON A RAISON
C'est illusoire de vouloir appliquer le principe de précaution dans les aéroports. Ca ne sert a rien et ca n'empechera pas les attentats. En attendant le matériel qui est fortement suggéré par Obama est fabriqué par la société L3 aux USA... c'est un hasard. mais la biométrie, fabriquée par la France chgez Thales, n'est pas une solution suggérée ! Cherchez l'erreur... Il faudrait quand même que l'Europe dise NON, y'en a marre ! quite à ce que quelques liaisons soient coupées avec les US pendant 1 mois ou deux... ils reviendraient vite sur leur diktat mondial. malgré tout ils ont besoin de l'Europe.
scanner corporel
Nous devons être beaucoup à rejeter cette technologie additionnelle pour contrôler à fort coût, non rentable, sauf pour les actionnaires. D'autant qu'il il y des moyens moins coûteux et plus efficace.
pourquoi pas avoir une puce dans le Q
il ne reste plus qu'a implanté une puce dans avec un micro, et comme ca plus de vie privé et l'on sait tout. C'est notre avenir...
sécurité aéroport
Je suis parfaitement d'accord avec les remarques de C de C.En tant que passager fréquent, il est très dur se voir considéré comme du bétail en fermant sa gueule. La sécurité a bon dos, il suffit de ponctionner un peu plus à chaque fois comme remède miracle.
Réagir à cet article