Dernière modification : 08/01/2010 

- Discrimination - Éducation - Université


Les grandes écoles françaises sont-elles trop élitistes ?

Les grandes écoles françaises sont-elles trop élitistes ?

Attachée à la tradition des grandes écoles, la France est pourtant confrontée à la discrimination sociale qui règne dans ces filières d'excellence. Avec ou sans quotas de boursiers, comment en démocratiser l'accès ?

Par Guillaume LOIRET (texte)
 

Le système français de recrutement des élites est-il trop… élitiste ? La ministre de l’Education nationale, Valérie Pécresse, aimerait que les grandes écoles intègrent 30 % d’élèves titulaires de bourses de l’enseignement, mais les grandes écoles s'insurgent et craignent que les quotas ne fassent chuter leur cote...

Alors que les grandes écoles campent sur leur position et que peu de solutions à la démocratisation de l’accès aux filières élitistes sont examinées, comment la France peut-elle trouver l’inspiration, voire un remède, dans les systèmes éducatifs étrangers ?

Une tradition française

On classe généralement parmi les grandes écoles les écoles d’ingénieur, de commerce, et les écoles spécialisées. Plus de 200 établissements sont rassemblés dans la Conférence des grandes écoles (CGE) mais on réserve en général ce terme à une vingtaine d’établissements supérieurs. Certaines remontent à plus de deux siècles (les Ponts et Chaussées en 1747, Polytechnique et l'École normale supérieure en 1794), tandis que les écoles de commerce sont plus récentes (l'ESC Paris en 1820, l'Edhec et HEC au début du XXe siècle).

Ces filières d’excellence restent une spécificité du système éducatif français, caractérisées par un recrutement sur concours, souvent à l’issue d’une classe préparatoire, et une forte homogénéité sociale. Sur les 2 200 000 étudiants français, 14 % étudient en classe préparatoire ou en grande école.

Un modèle français ?

Vu de l’étranger, le débat est obtu. D’une part parce que cette culture des grandes écoles est très franco-française et difficilement perceptible par l’extérieur, selon Brigitte Darchy-Koechlin. Cette doctorante et chargée de conférence à Sciences-Po Paris examine l’intégration des étudiants étrangers dans ce "modèle français de l’excellence", une intégration peu aisée car "la question de la méritocratie reste difficile à comprendre pour les étudiants étrangers des grandes écoles françaises". Sans compter les motifs socio-culturels, qui le rendent plus difficile à intégrer pour des étudiants américains que pour leurs congénères chinois. Mais ces étudiants étrangers perçoivent bien le problème majeur des grandes écoles françaises : le tissu social y est extrêmement homogène, presque figé, et "l’ouverture sociale pratiquée n’est finalement qu’une légitimation, une consolidation du système".

Des défauts qui ne sont pas imputables qu’au système éducatif français : au Royaume-Uni, les prestigieuses universités d’Oxford et de Cambridge apparaissent elles aussi comme de grandes écoles, marquées par un élitisme social et intellectuel, et peinant à pratiquer l’ouverture. Produit de cette excellence à la française (classe préparatoire littéraire puis études à Sciences Po), David Todd est un jeune enseignant-chercheur plongé dans le système britannique depuis plusieurs années. Selon lui, "Oxbridge" (contraction couramment utilisée pour désigner les deux grandes universités) a développé plusieurs outils pour élargir l’accès aux filières d’excellence.

Le système "Access" cible certaines populations (handicapés, étudiants d’origine étrangère) mais son succès reste relatif. Par contre, les conditions d’admission éliminent le concours, tradition française considérée comme discriminatoire, lui préférant l’accès sur dossier et entretien individuel qui laisse plus de chance, estiment les analystes, aux étudiants issus de milieux modestes. Enfin, les deux grandes universités britanniques ont aussi l’obligation (informelle) d’intégrer au moins 50 % d’étudiants issus des "state schools", les lycées publics. Chaque année, la publication de ces statistiques provoque un vif débat public en Grande-Bretagne, attachée comme la France à ses grandes écoles mais aussi à leur ouverture sociale.

Toutefois, si les frais de scolarité n’y sont pas exorbitants (entre 3 000 et 5 000 livres sterling soit entre 3 300 et 5 500 euros), le Royaume-Uni privilégie un système de prêts d’Etat à taux zéro plutôt que des bourses, créant des diplômés déjà endettés…
 

Aux États-Unis, 70% de boursiers

Directeur de recherches au CNRS et observateur aguerri du système américain, Patrick Weil trouve d'autres solutions outre-atlantique. "On pourrait comme là-bas réfléchir à la suppression des frais d'inscription, ou plus modestement des frais liés aux concours" affirme le sociologue. Une mesure déjà appliquée par HEC et partiellement reprise par Valérie Pécresse, qui demandait jeudi 7 janvier sur l’antenne de RTL la gratuité des concours d’entrée aux grandes écoles pour les étudiants boursiers.

Aux Etats-Unis, dont le système éducatif fédéral et autonome peut difficilement être comparé à celui de l’Hexagone, certaines universités ont opté pour la gratuité des études. Depuis février 2008, la Brown University - à Providence, Rhode Island - propose ainsi un enseignement gratuit pour les élèves dont les parents gagnent moins de 60 000 dollars par an (environ 41 600 euros). Il faut dire que la Brown University est à l’image des grandes universités américaines : une année d’études y coûte environ 40 000 dollars (27 800 euros), sans compter le campus et les frais annexes… Ce qui explique que près de 70 % des étudiants des plus grandes universités (celles de l’Ivy League, regroupement des huit universités les plus prestigieuses du pays : Yale, Columbia, Harvard, Princeton…) sont boursiers. Pour autant, elles restent majoritairement composées d'étudiants issus de milieux blancs et favorisés.

Dans un ouvrage issu d’une étude menée en 2005 dans les universités du Texas et de Californie, "La République et sa diversité", le sociologue a été frappé par "un système de recrutement qui permet à environ 10 % des meilleurs lycéens d’intégrer automatiquement la meilleure université de l’État". Un système au mérite, clair et accessible, qui a permis de faire entrer beaucoup d’étudiants issus de milieux modestes, défend le sociologue, qui aimerait le voir appliqué en France aux grandes écoles sans pour autant supprimer le système boursier. L’idée a été louée par Jacques Chirac et François Bayrou, reprise dans les programmes de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en 2007… "Mais rien n’a encore bougé."

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(10) Réactions

demande d inscription

j ai l honeur de vous demandez l inscription au sein de votre ecole et j aimrai bien prendre ma demande en consideration.en attente d une reponse favorable,veuillez agree messieurs mes salutation destingues.

grandes ecoles

grandes ecoles le systeme enseignement superieur en france est elitite.En secondaire il est egalement elitiste.

Les grandes écoles

Ce débat me désole. S'il y a très peu d'étudiants boursiers dans ces "grandes écoles" c'est tout simplement pour 3 raisons : 1.La plupart des étudiants boursiers doivent avoir un job étudiant, ce qui est impossible dans ces écoles. 2. L'inscription coûte très chère, tout comme les concours. 3. Ils ne se sentent pas à leur place dans ces écoles.
Un peu de mixité changerait très certainement les mentalités de ces étudiants qui se croient bien souvent supérieurs aux autres pourtant l'argent ne fait pas l'intelligence.

Une Region D'Avance

Jean Jack Queyranne, Président du Conseil Régional de Rhône Alpes, dit souhaiter démocratiser l'acces à l'enseignement supérieur. Un Schéma Régional de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche a été mis en place par la Région, les universitaires et scientifiques et sert à structurer et à renforcer l'offre de formation, internationaliser l'enseignement et contribuer à l'aménagement du territoire. Pour en savoir plus --> http://www.uneregion-davance.fr

Les grandes écoles

Prétendre que le système est différent de celui pratiqué ailleurs est absurde, en ce sens que tous les pays effectuent un tri afin d'avoir les meilleurs étudiants dans les écoles les plus côtées. Aux Etats-Unis, les élèves de terminale des lycées doivent passer un examen, le SAT (Scholastic Aptitude Test), et les meilleures universités comme Princeton ou Harvard acceptent uniquement les élèves avec les scores les plus élevés. Ce n'est guère différent du système de concours pratiqué en France.
Remplacer le concours par un dossier et un entretien est la porte ouverte à tous les abus. Les élèves ayant le plus de piston seront ceux qui seront admis.
La seule chose qui pourrait être améliorée est l'information. Tous les élèves des lycées devraient connaître l'existence de ces écoles, à quels emplois elles conduisent, et comment on peut y rentrer.
Je suis entrée dans une grande école d'ingénieurs parce que mon professeur de maths en terminale me l'a conseillé et m'a indiqué comment faire. Je me serais fait recaler à un entretien, j'étais fort timide et les professeurs étaient très misogynes. Devant ma feuille à l'écrit ou le tableau à l'oral ça se passait mieux. Et j'ai un diplôme qui n'a pas été obtenu par un passe-droit.

Assez de dégradation de l' enseignement!

Plus d' examen d' entrée en 6°, le brevet et le baccalauréat bradés, les diplômes universutaires dévalorisés...
Dans un monde de compétition, allons nous continuer à faire plonger notre système de transmission de la connaissance pour faire plaisir à des idéologues complètement déconnectés des réalités économiques alors qie ce sont les mêmes qui nous ont entraîné sur les pentes verglacées de la Mondialisation ?

Les Grandes Ecoles

Cette étrange manie franco-française de toujours niveler par le bas !...
N’est-ce pas une fois de plus l’aveu d’un constat d’impuissance de la classe politique française et en particulier celui de l’Education nationale ? Si les Grandes Ecoles s’appellent ainsi, ce n’est pas pour rien. Or la notion de quota implique de fait une baisse de niveau conséquente voulant en faire des « moyennes écoles ». Quel intérêt, il y en a déjà beaucoup, trop peut être ? Comme si on demandé à des sportifs de haut-niveaux de ne pas courir trop vite pour que leurs petits camarades puissent les suivre. Ridicule n’est-ce pas ?
C’est avant tout la racine du « mal » qu’il faut soigner et pas seulement ces conséquences.
Pour qu’il y est plus d’étudiants boursiers dans les Grandes Ecoles, il faudrait de manière plus pragmatique, leur permettre tout simplement d’avoir le niveau de compétences pour y être admis. Cela ne semble t-il pas l’évidence ?! Donc, c’est sur le lycée et le collège qu’il faut mettre les moyens humains, matériels et mettre en phase notre système éducatif avec le 21ème siècle. Si le collège unique garanti l’égalité républicaine, les méthodes pour parvenir à cet objectif pourraient être adaptées aux différentes catégories de population d’élèves.
Je m’étonne que de telles éminences grises puissent dire à ce point des contre-vérités. Par exemple, à Sciences po Paris, non seulement les boursiers sont admis quand ils en ont le niveau et uniquement sur ce critère mais l’établissement leur verse le double du montant de leur bourse pour les aider. Du fait qu’ils soient boursiers, ils ne payent aucuns droits de scolarité. Sciences po, c’est gratuit pour les étudiants de condition modeste ! Il faut savoir que pour qu’un étudiant puisse bénéficier d’une bourse qui ne dépasse que rarement
2000 euros par an, la déclaration fiscale des parents ne doit pas excéder 18500 euros par an.
Ce qui limite énormément les chances d’obtention pour une très grande majorité de jeunes issus des classes moyennes et qui pourtant auraient un très fort potentiel à développer.
Si les moyens financiers de la famille sont déterminants pour garantir la réussite des étudiants dans leur parcours, il est impossible d’acheter une entrée dans les Grandes Ecoles ! Ce n’est encore une fois qu’une question de niveau. La question à se poser est donc : « pourquoi les lycéens issus de milieu moins favorisés ne sont pas en condition pour passer avec succès les examens d’admissions des Grandes Ecoles ». La réponse est : « parce que l’enseignement secondaire qui leur est dispensé n’est pas assez efficace et parce que leurs parents ne disposent pas des moyens logistiques pour les aider à construire leur avenir professionnel… ».
Par exemple, les séjours linguistiques à l’étranger ou plus simplement l’achat de livres. La mise en contact avec des personnes lettrées ou cadres influents etc…
Pour être plus concret, je citerais mon cas personnel. J’ai la chance d’avoir une fille qui a des facilités pour apprendre. Elle a toujours étudiée dans un établissement public. Ces parents sont issus de la classe moyenne dite inférieure, de niveau bac +2/3. Donc rien d’extraordinaire !
Pourtant, elle a obtenu le bac avec mention très bien et a été admise au vue de son dossier scolaire, directement à Sciences po. Son grand-père était ouvrier, son père technicien et elle-même se prépare à devenir non pas ingénieur mais cadre supérieur. Dans notre cas, l’ascenseur social à pleinement fonctionné. On peut dire que ma fille est un pur produit de l’Ecole républicaine ! Alors pourquoi elle et pas les Autres ?...

Stéphane - Paris

Etrange debat...

..que cet article suggere. Qu'il y ait peu d'etudiants
issus de milieux dits defavorises ne doit pas etre systematiquement imputables aux Ecoles:
"Par contre, les conditions d’admission éliminent le concours, tradition française considérée comme discriminatoire".

Il faudrait qu'on m'explique ce que cette phrase veut dire.
L'admission est sur concours, quoi de plus equitable ?
Les classes prepas sont gratuites dans leur grande majorite,
et celui qui bosse y arrive, point.
Pourquoi cela devrait changer ?

Par contre un vrai debat est la dualite des Ecoles et des Universites qui est defavorable a ces dernieres.

Etrange debat...

..que cet article suggere. Qu'il y ait peu d'etudiants
issus de milieux dits defavorises ne doit pas etre systematiquement inputables aux Ecoles:
"Par contre, les conditions d’admission éliminent le concours, tradition française considérée comme discriminatoire".

Il faudrait qu'on m'explique ce que cette phrase veut dire.
L'admission est sur concours, quoi de plus equitable ?
Les classes prepas sont gratuites dans leur grande majorite,
et celui qui bosse y arrive, point.
Pourquoi cela devrait changer ?

Par contre un vrai debat est la dualite des Ecoles et des Universites qui est defavorable a ces dernieres.

Etrange debat...

..que cet article suggere. Qu'il y ait peu d'etudiants
issus de milieux dits defavorises ne doit pas etre systematiquement inputables aux Ecoles:
"Par contre, les conditions d’admission éliminent le concours, tradition française considérée comme discriminatoire".

Il faudrait qu'on m'explique ce que cette phrase veut dire.
L'admission est sur concours, quoi de plus equitablle ?
Les classes prepas sont gratuites dans leur grande majorite,
et celui qui bosse y arrive, point.
Pourquoi cela devrait changer ?

Par contre un vrai debat est la dualite des Ecoles et des Universites qui est defavorable a ces dernieres.

 
 
 
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