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Les Afghans des ponts de Paris
Depuis samedi, une soixantaine d'Afghans a trouvé refuge dans un bâtiment du quai de Jemmapes, à Paris. Des associations exigent une solution pérenne pour ces sans-abri qui vivent habituellement sous les ponts du canal Saint-Martin.
Une vaste pièce à poutres, un canapé, quelques plantes, des matelas, des sacs de couchage et des couvertures. C'est ici, sur le carrelage en damier de cette ancienne écurie du Xe arrondissement de Paris qu'une soixantaine d'Afghans sans-abri sont accueillis la nuit depuis trois jours.
Un Afghan de 20 ans, Mohssen, nous fait visiter. Bénévole pour Emmaüs, il a lui-même vécu plus d'un an sous les ponts, après avoir quitté Kaboul à l'âge de 15 ans. S'il est aujourd'hui logé, il n'a toujours pas de papiers ; il participe à l'opération pour aider ses compatriotes qui ont froid.
Depuis samedi, les Afghans qui campent habituellement jour et nuit dans le quartier de la gare de l'Est, dans le nord de la capitale, peuvent dormir au chaud au Comptoir général, un bâtiment privé situé sur le quai de Jemmapes. Un petit-déjeuner et un repas du soir leur sont servis dans ces lieux mis à disposition par l'entreprise "Commerce développement". Dans la journée, ils doivent quitter les lieux et retourner sous les ponts du canal Saint-Martin.
Les Don Quichotte de retour au canal Saint-Martin
C'est le froid extrême qui a poussé plusieurs associations, comme Emmaüs, les Enfants de Don Quichotte ou encore Médecins du monde, à organiser cet hébergement provisoire. Il faudra toutefois quitter le bâtiment dimanche prochain. Mais "pas question qu'ils retournent dehors", martèle Sandrine Macé, chargée de mission chez Emmaüs. "On ne met pas les gens dehors après leur avoir donné une semaine de bien-être", vitupère-t-elle. Et si, malgré le battage médiatique provoqué par cette action, la Ville, le gouvernement ou la Région ne répondaient pas aux demandes des associations et ne trouvaient pas d'endroits pour loger de façon pérenne les Afghans ? "Nous n'allons pas céder, nous avons un plan", rétorque-t-elle sans entrer dans les détails.
Les Afghans sont ainsi environ 150 - pour la plupart des hommes - à vivre dehors dans ce quartier populaire de Paris. Certains ont des papiers, mais ils sont rares. Certains sont arrivés en France depuis deux ou trois jours, d'autres depuis des mois. Mais tous n'acceptent pas de dormir au Comptoir général. "Ils craignent qu'on ne leur vole leurs affaires dans les tentes ou que la police ne débarrasse leurs tentes", explique Mohssen. "Nous n'irons pas là-bas pour une semaine", lance Sanobar, 16 ans, assis autour d'un feu, sous le pont de la station Jaurès, avec une dizaine d'autres Afghans.
"Mes parents m'ont demandé de partir"
Comme Sanobar, certains de ces Afghans des ponts sont mineurs. Le ministre de l'Intérieur, Eric Besson, a assuré dimanche que "tout mineur" devait "être accueilli", mais Khaled, 17 ans, et son jeune frère Javed, 14 ans, n'en ont jamais entendu parler. "A qui doit-on s'adresser ?", demandent-ils. Ils ont élu domicile sur les rives du canal depuis deux semaines après avoir fui leur ville de Koundouz, en Afghanistan, il y a huit mois.
En France depuis 12 jours, Mostafa est installé à quelques pas du campement principal, sous le pont Louis Blanc. Il rêve d'apprendre le français et de pouvoir travailler dans un restaurant. De son côté, Farahi, 15 ans, se souvient : "Mes parents m'ont demandé de partir. Qu'est-ce que je pouvais faire à Kaboul, ils ne font que se battre, et il y a toutes ces bombes, impossible d'étudier." En 2009, plus de 1050 enfants sont morts en Afghanistan en raison du conflit qui dure depuis neuf ans, indique dans un rapport l'ONG Afghanistan Rights Monitor.
"Les Taliban ne nous laissaient pas vivre comme ça"
Muhamad Khan, 22 ans, a fait une demande d'asile politique. Rejetée. Son sort l'a rendu cynique. "Finalement, les Taliban étaient bons, ils nous tuaient mais au moins ne nous laissaient pas vivre comme ça", déplore-t-il, en montrant du doigt les quelques chaises délabrées et le vieux miroir rafistolé qui constituent les seuls meubles de son chez-lui, à l'air libre.
Mohssen a également vu sa demande rejetée, mais il a fait appel et se voit déjà entamer des études de cuisine. "Le problème, c'est que je suis parti seul après que mes parents et mon frère ont été tués et je n'ai pas pensé à prendre des preuves de tout ça, raconte-t-il. C'est ce qu'on me reproche aujourd'hui."





























Commentaires (3)
La rue, la police et la porte ! DELIT DE SOLIDARITE POUR LES AFG
La rue, la police et la porte !
DELIT DE SOLIDARITE POUR LES AFGHANS
ET
REPRESSION ANTI-SYNDICALE
Suite au soutien apporté à l’association AWARA, le 20 décembre 2010, par la section syndicale CGT, la direction de l’association engage une procédure de licenciement à l’encontre des deux responsables de la section CGT (Latifa Abed déléguée syndicale et Philippe Cabanes représentant syndical au CE) et d’une collègue éducatrice spécialisée (Yasmina Naak) candidate sur la liste CGT aux dernières élections professionnelles de novembre 2010.
Après avoir fait intervenir la police le 21 décembre au petit matin pour faire évacuer une trentaine d’afghans de l’association AWARA qui s’étaient réfugiés au chaud dans une salle de réunion du 32 rue des Bourdonnais, la direction engage une procédure de licenciement contre les responsables syndicaux CGT. Un régime de double peine pour notre collègue et déléguée syndicale qui se voit assortie d’une mise à pied conservatoire. Deux poids, deux mesures pour deux responsables syndicaux et une salariée ayant apporté un même soutien. Ne soyons pas dupe ! La décision de faire appel aux forces de l’ordre est un acte inqualifiable qui remet en cause les valeurs de solidarité, de générosité et de partage prônées par le mouvement Emmaüs.
En s’attaquant à la section syndicale CGT, elle a trouvé des boucs émissaires idéaux pour mieux masquer et se dédouaner de ses propres responsabilités dans cette affaire. Ainsi par deux fois, le 16 décembre au siège de l’association Emmaüs puis le 17 décembre devant le centre d’hébergement de Péreire à l’occasion de son inauguration, alors même que des températures négatives frappaient l’Ile-de-France, l’association Awara a interpellé la direction de l’association Emmaüs sur la détresse vécue par ces personnes à la rue depuis plusieurs semaines Par deux fois, Mme Sylvie Bonniot, déléguée générale des services, a refusé de prendre en considération l’urgence de leur situation.
Face à cette indifférence, la section syndicale CGT a pris la décision de soutenir l’association AWARA et le comité des sans-logis dans un cadre de médiation. Oui la section syndicale CGT de l’association Emmaüs assume pleinement son soutien. Elle continuera à porter concrètement les valeurs humaines d’Emmaüs dans un esprit de solidarité et de justice sociale. Elle dénonce les dérives d’une politique de répression anti-syndicale qui vise à museler une section syndicale qui dérange.
LES AFGHANS
Mais qu'est ce que c'est ? Je suis très en colère de lire ci-dessus , la France ne va pas accueillir tout le peuple afghan,c'est ahurissant, il y a assez de pauvres français,sans logement ,sans travail,et ces gens là savent qu'ils auront des droits en france. Mais c'est vrai que ces gens sont plus malins et intelligents que toutes ces assos qui ont les moyens de les faire vivre
LES AFGHANS
Mais qu'est ce que c'est ? Je suis très en colère de lire ci-dessus , la France ne va pas accueillir tout le peuple afghan,c'est ahurissant, il y a assez de pauvres français,sans logement ,sans travail,et ces gens là savent qu'ils auront des droits en france. Mais c'est vrai que ces gens sont plus malins et intelligents que toutes ces assos qui ont les moyens de les faire vivre
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