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Afrique

En Angola, la longue lutte des rebelles du Cabinda pour l'indépendance

Texte par Perrine MOUTERDE

Dernière modification : 18/10/2013

L'attaque de l'équipe togolaise de football a fait sortir de l'ombre la guérilla séparatiste du Cabinda, en Angola. Un mouvement qui réclame plus d'autonomie et sa part du gâteau, dans un territoire où le pétrole coule à flots.

La mort de deux membres de l'équipe de football togolaise, vendredi, alors qu'elle arrivait en Angola pour participer à la Coupe d'Afrique des nations ? Un "pur hasard", selon Rodrigues Mingas, le leader du mouvement séparatiste ayant revendiqué l'attaque. "Nous ne visions pas le Togo mais les forces armées angolaises, a-t-il assuré ce lundi à FRANCE 24. Nous luttons pour la libération totale du Cabinda, contre l'occupation illégale de l'Angola."

Complètement inconnu du grand public il y a encore quelques jours, Rodrigues Mingas est désormais sollicité par les organes de presse du monde entier. Il est le secrétaire général des Forces de libération de l'Etat du Cabinda-Position militaire (Flec-PM), un groupe qu'il dirige depuis la France, où il vit en exil. "Cette action contre le bus togolais a fait sortir le mouvement de la clandestinité médiatique, explique à France24.com Philippe Hugon, directeur de recherche à l'IRIS et spécialiste de l'Afrique. De ce point de vue là, leur opération est réussie."

"Une légitimité historique et juridique"

Le Flec est né en 1963. A l'époque, l'enclave angolaise de Cabinda, une étroite bande de terre coincée entre le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo (RDC), est un protectorat portugais. En 1975, le Portugal se retire d'Angola et l'enclave devient l'une des 14 provinces du pays. Le mouvement de lutte pour l'indépendance se renforce. Il bénéficie alors notamment du soutien du président de la RDC, Mobutu, et de l'Afrique du Sud.

En 2006, le Flec, mené par Antonio Bento Bembe, et l'Etat angolais signent un traité de paix qui accorde davantage d'autonomie à la province et contribue à réduire les violences. Opposées à cet accord, des factions dissidentes, regroupées depuis 2003 au sein du Flec-Position Militaire (Flec-PM), assurent qu'elles vont poursuivre la lutte. "On estime à 30 000 le nombre de morts entre 1975 et 2006, alors que le mouvement était très réduit ces dernières années même s'il y avait toujours des attaques", explique Philippe Hugon. Jusqu'au mitraillage, pendant 20 minutes, du convoi togolais à la frontière... "L'histoire du Cabinda n'est pas la même que celle de l'Angola. Il y a une certaine légitimité historique et juridique à revendiquer l'indépendance, poursuit Philippe Hugon. Mais le véritable enjeu est le pétrole."

Le pétrole : 60 % des ressources de l'Angola sont issues de ce territoire. Une "mine d'or" à laquelle le régime de José Eduardo Dos Santos, président depuis 30 ans, ne peut renoncer. Grâce au Cabinda, surnommé le "Koweït africain", l'Angola est l'un des principaux exportateurs d'or noir du continent. "A une époque, la politique de la société française Elf, comme celle de toutes les autres compagnies pétrolières, était d'arroser à la fois du côté de Dos Santos et du Flec. La France était présente dans le jeu politique par ce biais-là, mais elle ne l'est plus", explique Philippe Hugon.

Les compagnies pétrolières étrangères auraient-elles intérêt à voir le mouvement indépendantiste l'emporter, comme le suggèrent certains observateurs ? Préfèreraient-elles avoir à négocier avec un petit Etat, plus faible que l'Angola ? "Je ne crois pas à cette théorie, dit Philippe Hugon. Je pense qu'elles recherchent plutôt une certaine stabilité dans la région."

Une meilleure répartition des revenus du pétrole

"Les armes vont continuer à parler", a affirmé dimanche Rodrigues Mingas. Une déclaration à laquelle a réagi le ministère français des Affaires étrangères, assurant qu'elle "ne resterait pas sans suite". Sur place, la puissante armée angolaise reste largement déployée. Près de 30 000 militaires seraient présents au Cabinda, et ils pourraient procéder à de nouvelles opérations pour lutter contre la guérilla séparatiste. Dans un rapport de 2009, l'organisation Human Rights Watch avait dénoncé les cas de tortures, de détentions arbitraires et d'autres mauvais traitements infligés par l'armée à des sympathisants du Flec.

Autre scénario, le gouvernement de Dos Santos pourrait renégocier l'accord de 2006 avec le mouvement indépendantiste, afin d'accorder plus d'autonomie à la province et une meilleure répartition des revenus du pétrole. "L'hypothèse d'une indépendance de la province me paraît en revanche très peu réaliste", assure Philippe Hugon.

Première publication : 11/01/2010

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