Dernière modification : 11/01/2010 

- Parlement européen - Union européenne


"Grand oral" risqué pour Catherine Ashton devant le Parlement européen

Les eurodéputés auditionnent la nouvelle patronne de la diplomatie de l'UE, ce lundi, en vue de la confirmer dans ses fonctions. Un rendez-vous délicat pour Catherine Ashton, à qui l'on reproche régulièrement son manque d'expérience en la matière.

Par Pauline SIMONET (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - La Britannique Catherine Ashton était attendue lundi au Parlement européen à Bruxelles pour un difficile "grand oral" en vue de sa confirmation au poste de chef de la diplomatie de l'UE, alors que des interrogations subsistent à son sujet vu son manque d'expérience.

Les auditions des nouveaux commissaires européens désignés débutent à 13H00 avec outre Mme Ashton, le Polonais Janusz Lewandowski (au Budget), le Finlandais Olli Rehn (Affaires économiques) et le Letton Andris Piebalgs (Aide au développement).

Elles doivent durer jusqu'au 19 janvier, avant que les élus ne se prononcent le 26 janvier sur l'ensemble de l'équipe "Barroso II".

Durant trois heures, tous les commissaires de la future équipe de José Manuel Barroso se frotteront aux questions des députés européens.

Fort de ses pouvoirs renforcés grâce au traité de Lisbonne, le Parlement européen, seule institution de l'UE directement élue par les citoyens, entend bien démontrer qu'il détient la clef de l'examen de passage des 26 futurs commissaires.

En 2004, les députés européens avaient réussi à recaler la candidature de l'Italien Rocco Buttiglione, pressenti pour être commissaire à la Justice mais jugé inapte à ce poste en raison de sa vision jugée rétrograde de l'homosexualité.

Une fois encore, plusieurs commissaires désignés seront dans le collimateur. C'est le cas notamment de la Bulgare Roumiana Jeleva (Coopération) en raison d’allégations portant sur les rapports de son mari avec un groupe d’affaires russe.

C'est aussi le cas du Tchèque Stefan Füle (Elargissement) et du Hongrois Laszlo Andor (Affaires sociales), dont le passé supposé communiste sera scruté.

A la fois Haute représentante pour la Politique étrangère et vice-présidente de la prochaine Commission, Mme Ashton qui, selon son entourage est obnubilée depuis des semaines par ce rendez-vous, devrait quant à elle se retrouver sous un feu croisé.

Beaucoup s'étonnent de sa nomination alors qu'elle n'a aucune expérience diplomatique, des députés contestent qu'une Britannique, venant d'un pays viscéralement eurosceptique, occupe ce poste tandis que certains de ses compatriotes la soupçonnent au contraire de vouloir brader les intérêts de son pays.

Lors d'une première rencontre avec des élus, le 2 décembre, Mme Ashton a peiné à convaincre les eurodéputés. Elle est restée vague sur les questions sensibles du moment, que ce soit l'Iran, les relations avec la Chine, la Russie ou encore les conflits énergétiques.

Si elle est confirmée, Catherine Ashton, nommée pour cinq ans début décembre, présidera le rendez-vous régulier des vingt-sept ministres des Affaires étrangères. Le traité de Lisbonne précise qu'elle devra "conduire la politique étrangère (...) et contribuer à son élaboration".

Elle pourra s'appuyer sur un budget confortable et un nouveau service diplomatique européen de plusieurs milliers de personnes, provenant de la Commission, du secrétariat du Conseil de l'UE et des Etats nationaux.

Mme Ashton doit présenter une feuille de route sur sa mise en place en avril et d'intenses tractations sont en cours sur les contours futurs de la diplomatie européenne.

Les petits Etats redoutent d'être marginalisés dans ce nouveau service par rapport aux grands disposant d'une diplomatie nationale affirmée. D'autre part, une bataille oppose la Commission européenne, aidée par le Parlement, qui cherche à ce que ce service soit largement dans son giron, et les grands Etats qui y sont opposés.

Les députés européens attendent de connaître la position de Mme Ashton sur ce sujet crucial pour eux.

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