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- Cinéma français - Décès
Avec le décès d'Éric Rohmer, le septième art perd l'un de ses géants
Le cinéaste Éric Rohmer est décédé à l’âge de 89 ans, hier. Le septième art lui doit notamment "Ma nuit chez Maud" et "Le genou de Claire", deux films qui ont marqué le cinéma de leur empreinte.
Marivaux du 7ème art, amoureux de la langue française et maître d’une ironie incessante, Éric Rohmer est décédé le 11 janvier à Paris, indique sa maison de production Les films du losange. Celui qui avait le goût de la beauté et l’intelligence pour flairer les acteurs prometteurs a signé 24 long-métrages en 50 ans de carrière.
À l’école des "Cahiers du cinéma"
Né Jean-Marie Maurice Schérer en 1920, à Tulle, ce Corrézien devient professeur de lettres à 20 ans et embrasse d’abord une carrière littéraire en publiant, en 1946, "Élisabeth", un roman qu’il signe sous le pseudonyme Gilbert Cordier.
Il se tourne très vite vers le cinéma et anime le ciné-club du Quartier latin dans les années 1950. Le jeune cinéphile fonde "La Gazette du cinéma" et rencontre ses futurs compères de la Nouvelle Vague, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, François Truffaut et Claude Chabrol. Tour à tour, cette jeune bande de provocateurs écrivt ses premières critiques dans la revue "Les Cahiers du cinéma", avant de devenir cinéastes eux-mêmes. Rohmer a été le rédacteur en chef du magazine de 1958 à 1963.
La Nouvelle Vague se propage
L’aîné de la bande est le premier à passer derrière la caméra. Après un premier court-métrage en 1950, "Journal d’un scélérat", Rohmer attend neuf années pour réaliser son moyen-métrage "Le signe du lion". Au début des années 1960, il crée avec Barbet Schroeder une société de production, baptisée Les films du losange, qui produira la majorité de ses films. La même année, il entame sa série de "Contes moraux". Dialogues alambiqués et mises en scène épurées, ces six films aux intrigues sentimentales chères au cinéaste abordent le thème de l’infidélité et de la tentation. D’acteurs connus aux plus novices de la comédie, le public découvre et adopte une pléiade d'artistes talentueux : Jean-Louis Trintignant dans "Ma nuit chez Maud" (1969), ou Jean-Claude Brialy et Fabrice Luchini dans "Le Genou de Claire3 (1970).
Rohmer, homme de lettres
Passant avec aisance de l'époque médiévale au XIXe siècle, le cinéaste iconoclaste sait filmer les mots. Après "La marquise d’O", tourné en allemand en 1976, Rohmer, qui est germaniste, s’adonne à l’adaptation de "Perceval le Gallois", de Chrétien de Troyes, en 1978. Entouré de Fabrice Luchini et d'Arielle Dombasle, il défend "la langue des anciens", et parle de l’importance du texte.
20 ans de contes et comédies
Avec les années 1980 arrivent les "Comédies et proverbes", une autre série de six longs-métrages, parmi lesquels "La femme de l’aviateur" (1981) avec Marie Rivière et Fabrice Luchini, ou "Le rayon vert" (1986), Lion d’Or au festival de Venise. Avec "Les contes des quatre saisons", le cinéaste explore davantage les thèmes liés aux jeux de l’amour et du hasard.
Les "Drames historiques" des années 2000
Passant de la Révolution française ("L’Anglaise et le Duc", sorti en 2001) à la France des années 1930 (avec "Triple agent", en 2004), Éric Rohmer rencontre un succès international et se constitue un public fidèle.
Sa dernière œuvre cinématographique, "Les amours d’Astrée et de Céladon", sortie en salle en 2007, raconte l’histoire d’une bergère qui s'éprend d’un homme issu de la noblesse. Si Rohmer renoue ici avec les adaptations d’auteur du XVIIe siècle, sa distribution fait une nouvelle fois la part belle aux jeunes talents. À l’affiche : Cécile Cassel ou Jocelyn Quivrin, disparu récemment.
Cinéaste à part - "mélange d’inspiration littéraire et d’inspiration purement cinématographique", comme le qualifie le directeur du festival de Cannes, Thierry Fremeaux – mais cinéaste à succès, Éric Rohmer reste un père spirituel pour de nombreux comédiens et réalisateurs. Il laisse derrière lui des acteurs orphelins... et des films à (re)découvrir.
























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