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Public versatile, droits TV exorbitants... La visibilité de la CAN mise à mal
Entre les 50 000 supporters du match d’ouverture Angola-Mali (4-4) et la poignée de fans de Malawi-Algérie, la CAN souffre de la versatilité du public. Et la spéculation autour des droits TV participe à ce paradoxe.
Dimanche 10 janvier 2010. Devant 50 000 spectateurs incrédules, l’Angola laisse filer une avance de quatre buts et partage les points du match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations avec le Mali (4-4). Malgré la stupeur générale, l’ambiance est assourdissante. Huit buts et 50 000 spectateurs, la fête du football africain démarre sur les chapeaux de roues.
Lundi 11 janvier 2010, le contraste est saisissant. Dans l’indifférence populaire, le Malawi signe le premier exploit de la compétition en balayant un collectif algérien apathique (3-0), à l’image de la poignée de spectateurs qui a fait le déplacement au Stade du 11-Novembre de Luanda.
Le syndrome "stade vide" de la CAN n’est pas propre à cette édition 2010. Deux ans plus tôt, au Ghana, le Maroc avait lui aussi fait les frais de cette "tradition" en surclassant la Namibie 5 buts à 1 dans une enceinte dépeuplée. Et c’est là tout le paradoxe de la CAN, une compétition capable de sublimer les foules dès lors que l’équipe locale est engagée, mais qui peine à rameuter le public en dehors de ces quelques épiphénomènes.
À 250 kwanzas (environ 2 euros), le prix des billets n’est pourtant pas prohibitif. La raison de ce désamour est ailleurs. Déjà, le fait de programmer un match à 14h45, à une heure où la majorité des spectateurs potentiels sont encore au travail, a une incidence certaine sur la fréquentation des stades. Mais plus que l’horaire du match, ce sont des facteurs externes qui sont à l’origine de cette désaffection.
Escalade des prix généralisée
En lieu et place des quelques dizaines de spectateurs qui ont assisté au match Algérie-Malawi, les Fennecs auraient pu compter sur un contingent de près de 3 000 supporters. Soutenus par le gouvernement et par le principal sponsor de l’équipe nationale, ils avaient même prévu de faire affréter spécialement pour l’occasion plusieurs avions mais ont dû renoncer en raison de l’"inflation locale" soudaine. À Luanda, quelques jours avant le match, il était devenu impossible de trouver un hébergement à moins de 200 euros la nuit.
Cette gourmandise au niveau local fait écho à une autre impasse dans laquelle la CAN est entrée depuis quelques mois : celle des pourparlers relatifs aux droits de diffusion TV. Gérées jusqu’alors par la firme Sportfive, les négociations de retransmission de la compétition ont été placées par la Confédération africaine de football (CAF) entre les mains de la holding béninoise LC2-Afnex. Une passation de pouvoir qui s’est accompagnée d’une hausse démentielle des montants pour l’acquisition des droits de la CAN.
En 2004, les chaînes de télévision africaines devaient s’acquitter d’un montant d’environ 100 millions de CFA (150 000 euros). Six ans plus tard, le tarif a été réévalué à 1 milliard de CFA pour la majorité des pays, soit 1,5 million d’euros. Une manne que certains sociétaires de la CAF ont refusé de payer, à l’image du Burkina Faso.
Négociations
Dans ce petit pays, parmi les plus pauvres de l’Afrique de l’Ouest, l’Etat est généralement partie prenante dans l’acquisition des droits TV de la CAN, à hauteur de 450 à 500 millions de CFA (700 000 à 750 000 euros). Mais cette année, le gouvernement a estimé que la priorité était ailleurs : "Il est indécent de payer une telle somme dans un contexte où les préoccupations urgentes du gouvernement en matière de bien-être des populations ont été accentuées par les inondations du 1er septembre."
Conséquence directe, la Radiotélévision du Burkina (RTB) annonce le jeudi 7 janvier qu’elle ne retransmettra pas la CAN, malgré les négociations menées avec LC2-Afnex portant sur un montant réévalué à 877 millions de CFA (environ 1,3 million d'euros). Trois jours plus tard, une conciliation semble avoir été trouvée. LC2-Afnex autorise la RTB à diffuser les rencontres "sans conditions financières préalables" mais annonce qu’elle se rendra à Ouagadougou ce mardi après-midi pour s’entretenir avec les autorités gouvernementales et le directeur général de la RTB.
Une spéculation aux lourdes conséquences
Si le Burkina Faso a trouvé une solution de dernière minute, à l’image de ses confrères de la télévision publique sénégalaise (RTS) et gabonaise (RTG), cinq pays sont toujours laissés pour compte, parmi lesquels le Kenya, la Tanzanie, le Cap Vert et l’Ouganda. Pour ces diffuseurs potentiels, dont les sélections n’ont pas validé leur billet pour la phase finale de la CAN-2010, les droits TV oscillent entre 230 et 500 millions de CFA (350 000 et 750 000 euros).
Et alors que les tractations s’éternisent dans certains pays, une centaine de millions d’Africains, soit 10 % de la population totale du continent, n’a toujours pas accès aux images de la 27e Coupe d'Afrique des nations. Un écran noir dont la portée s’étend un peu plus à chaque édition.


























Commentaires (8)
L'Argent du foot
c'est simplement scandaleux que les amoureux du foot soient pénalisés.
Le foot est sali par l'argent, nous penssions que l'Afrique ne serait jamais touché, grosse erreur.
Bravo pour les pays qui ont refusé; bien que nous aimons le foot, je suis entièrement d'accord qu'il y a d'autres priorités.
J'espère qu'à la prochaine cessions de la CAN, il y aura un réel et général boycot, si de telles agissement se répètaient.
droits TV CAN
c'est degeulasse .le foot busness est inaceptable...le foot le sport le plus populaire et qui permet de faire rever des millions de gamins devient le foot des ellites bourgeoises...c'est un e honte.
c'est les pauvre qui subissent
comme le dis si bien le frère de mostaganem, le foot est une sorte d'échappatoire à la dure réalité de nos patétique vie,si on retire ce sport au gens, que leur reste-t-il? c'est une honte de payé des sommes pharamineuses alors que sous leur nez des malheureux n'ont même pas de quoi se payer un poste de télévision, car il n'ont a peine de quoi nourrir leur famille .
SUS A LA CAN 2010
Plus grave les africains non abonnés a Orange et vivant en France sont aussi privés de CAN 2010 en dehors du streaming !! nombreux d'entr-nous avions pris canalsat (sport+)pour regarder la CAN 2006 on ne s'imagine tout de meme pas changer d'opérateur a chaque édition tout de meme, a la longue les dirigeants de la CAF seront les seuls a regarder leur CAN!
les pauvres africains
en effet l'onde de choque de non transmission des matchs dans certains nombres de pays est retentissante,pour nous (tèlèspectateurs de chaines du Mali et le Sénégal en France et ailleurs )on est conmdané à rester devant un ecran sans images.
Le pire dans tout ça,l'information préalable qui s'imposait n'a meme pas eu lieu.On est privé de suivre les matchs à la télé. La can 2010 retera un mauvais souvenir pour moi.J'espers de tout mon coeur les prochaines can seront de loin les meilleures.Djiby.
Droits Télé
Issah Ayatou et ses complices ont pris la CAF en otage et se permettent n'importe quoi. Vous Rendez-vous Compte que Ce Monsieur ait confié à LC - Afnex tous les droits télé et ces derniers font en 8 ans à peine une augmentation des droit de 100% comment voulez vous que des pays qui sont face à des difficultés énorme par ces temps de crise économique mondiale puissent se permettre de payer 1 milliard de FCFA alors que les populations ne mangent pas à leur fin et tous les problèmes que connaît le continent en ce moment. Mais il faut comprendre ces opportunistes et cupides personnes qui sont à la tête du foot africain. Quand on entend un Issah Ayatouh à la télé dire qu'il a demandé à la délégation togolaise de rester après la tragédie qu'elle a vécu sans un mot de compassion il faut comprendre que l'Afrique n'est pas sortie de l'ornière avec de tel dirigeant.
la honte pour l angola
le foot est ouvert a tous et surtous au plus demunis ces un sport populaire et surtous en afrique ou ils peuvent s evader de leur souci quotidienne pour surporter leur equipe alors que d autre s enrichie
moi je dis que le fric a encor pris le dessu
mag de mostaganem agerie
salut, c'est une très belle
salut, c'est une très belle analyse que vous venez de faire.
moi je pense que si un bon nombre de TV africaine boycottait en ne payant pas ces droits télé qui grimpent d'année en année.LC2 ou la CAF reverai ce couts.
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