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Amériques

Des réserves de la Banque centrale saisies aux États-Unis

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/01/2010

Un juge américain a gelé 1,7 million de dollars de réserves appartenant à la Banque centrale argentine. Cette saisie intervient après le limogeage avorté de son président, qui a déclenché une crise institutionnelle à Buenos Aires.

AFP - Des réserves de la Banque centrale argentine d'un montant de 1,7 million de dollars ont été saisies aux Etats-Unis par un juge, et le montant total saisi pourrait atteindre 15 millions, a annoncé mardi le ministre argentin de l'Economie Amado Boudou.

"En ce moment, la saisie concerne 1,7 million de dollars et cela ne pourrait dépasser en aucun cas les 15 millions de dollars", a dit M. Boudou au cours d'une conférence de presse.

Il a tenu à relativiser la portée de "la saisie décidée aujourd'hui par le juge (américain Thomas) Griesa", soulignant que la décision du magistrat était prise à la demande de fonds réunissant des porteurs de titres argentins ayant refusé l'accord de renégociation de la dette de juin 2005.

Cette saisie de réserves argentines intervient en pleine crise institutionnelle ouverte dans le pays par le limogeage avorté du chef de la banque centrale malgré son statut d'indépendance.

La présidente Cristina Kirchner reprochait au gouverneur de la banque, Martin Redrado, de tarder à mettre à disposition de l'exécutif 6,5 milliards de dollars des réserves pour régler la dette en 2010, une décision prise par décret présidentiel.

Les réserves argentines sont d'environ 48 milliards de dollars.

Le chef de la banque centrale voulait d'abord examiner toutes les conséquences juridiques pour l'institution d'une telle décision. Il craignait notamment une saisie des réserves à l'étranger, à partir du moment où elles étaient disponibles pour le paiement de la dette à des créanciers privées.

M. Boudou s'en est pris de nouveau à M. Redrado, qu'il a qualifié à plusieurs reprises d'"ancien président de la banque centrale", alors qu'il a été rétabli vendredi dans ses fonctions par une juge.

Il l'a accusé de faire le jeu de ceux qui spéculent sur une chute des titres argentins. "Il semblerait que les +fonds vautours+ (réunissant les porteurs des titres argentins) ont des représentants et des officines à Buenos Aires", a dit le ministre, ajoutant : "y compris au sein des instances de l'Etat".

Cette crise survient au moment où le gouvernement s'apprête à échanger quelque 20 milliards de dollars de dette pour normaliser les relations avec les fonds réunissant des porteurs de titres argentins ayant refusé l'accord de renégociation de la dette de juin 2005.

Le ministre de l'Economie a réaffirmé la volonté du gouvernement d'aller de l'avant dans cet échange, tout en reconnaissant que la crise autour de la banque centrale lui faisait du tort.

Les conditions, dont une chute de la valeur des titres et l'augmentation du risque pays, se sont en effet détériorées depuis le début de la crise avec la banque centrale.

"Il est vrai que tout cela n'encourage pas les créanciers à accepter l'échange de dette, mais il suit son cours", a dit M. Boudou. "Tout ce qui est arrivé (depuis mercredi dernier) fait du tort à l'échange de dette", a-t-il averti.

Mais loin de reconnaître des erreurs de la part de l'exécutif, il a accusé l'opposition, la justice et des fonctionnaires. "On dirait qu'il existe une conspiration pour que l'Argentine paie les taux les plus élevés", s'est-il exclamé.

Le chef du gouvernement argentin Anibal Fernandez a assuré mardi que l'exécutif s'acquitterait des 13 milliards de dollars de dette qu'il doit rembourser cette année, même si le gouverneur de la banque centrale persiste à refuser d'utiliser ses réserves pour en régler la moitié.
 

Première publication : 13/01/2010

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