Dernière modification : 01/02/2010 

- Catastrophe naturelle - Séisme en Haïti


"Les gens ont peur de rentrer chez eux"

"Les gens ont peur de rentrer chez eux"

Elie Pierre est un rescapé du séisme. Interrogé par notre envoyée spéciale à Port-au-Prince, Melissa Bell, il revient avec un certain fatalisme sur le choc des premiers instants après la secousse, et le chaos qui règne 72 heures après.

Par FRANCE 24 (texte)
 

"Il était environ 4h20 quand on a senti les murs trembler… La secousse a duré moins de dix secondes et tout s’est effondré. A ce moment-là, les écoliers et les étudiants prenaient place pour leur cours. Et tout s’est écroulé autour d’eux. Il doit rester encore des centaines de milliers de personnes sous les décombres, et parmi elles beaucoup de jeunes.

Le problème, c’est qu’aucune aide ne nous parvient pour l’instant, car l’État lui-même est aux abois et ne peux assurer l'acheminement de cette aide. Les avions arrivent bien à l’aéroport mais après, il y a un tel chaos dans les rues...

Chaleur et cadavres en putréfaction

Toute la ville vit actuellement dehors. Même ceux qui ont encore une maison n’osent pas y retourner. Après le tremblement de terre, il y a eu de multiples répliques et à chaque nouvelle secousse, les bâtiments endommagés peuvent s’écrouler. Les gens qui le pourraient ont tout simplement peur de rentrer chez eux.

Donc, tout le monde, survivants et blessés, se mélange aux cadavres dans les rues. Ils mangent sur place, ils font leur toilette dans la rue… Vous savez, chez nous il fait 30° en plein hiver, alors vous pouvez imaginer la chaleur en ce moment, et les effets qu’elle peut avoir, notamment sur les cadavres en putréfaction. Il y a des tonnes et des tonnes d’immondices qui s’amoncellent, c’est indescriptible, tout simplement incroyable. Ceux qui sont encore valides attendent, mais je me demande vraiment quoi…"

Dans un camp de Port-au-Prince
Par Laurence CUVILLIER / Matthieu COMIN, envoyée spéciale en Haïti

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