Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Retour à la terre, avec le paysan-philosophe Pierre Rabhi

En savoir plus

POLITIQUE

France : "La principale opposition au gouvernement, c’est le groupe socialiste !"

En savoir plus

POLITIQUE

France : "On est dans une séquence du quinquennat très difficile"

En savoir plus

FOCUS

Journée internationale des migrants : l'Italie confrontée à de plus en plus d'enfants

En savoir plus

FACE À FACE

Discours sur l'immigration : François Hollande à la reconquête de la gauche ?

En savoir plus

À L’AFFICHE !

L'œuvre lumineuse d'Olafur Eliasson éclaire la Fondation Louis Vuitton

En savoir plus

SUR LE NET

La Toile indienne affiche sa solidarité avec le Pakistan

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

De plus en plus de réfugiés affluent au Niger

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Cyberattaque de Sony : quand les hackers deviennent des terroristes

En savoir plus

EUROPE

L'avis de Laure Delcour, spécialiste de l'espace post-soviétique à l'Iris

Texte par Mehdi CHEBIL

Dernière modification : 02/12/2013

Laure Delcour, spécialiste de la Russie et de l'espace post-soviétique à l'Iris, nous éclaire sur les enjeux de l'élection présidentielle en Ukraine de ce dimanche, où Viktor Ianoukovitch et Ioulia Timochenko (photo) sont donnés favoris.

FRANCE 24 : Donné perdant, le président Iouchtchenko accuse ses deux principaux adversaires, Ioulia Timochenko et Viktor Ianoukovitch, de former une coalition "pro-Kremlin". Quels sont les risques de voir ce scrutin mettre fin au rapprochement entre Kiev et l'Occident ?

Laure Delcour : Cette accusation de Viktor Iouchtchenko est surtout une tactique électorale, car les deux opposants n'ont pas la même proximité avec le Kremlin. Il s’agit surtout d’une attaque visant à discréditer Timochenko, son ex-partenaire de la révolution orange. Ensuite, la réponse dépend aussi de ce que l'on entend par "Occident". L'élection de l'un des deux candidats ne remettra probablement pas en cause le rapprochement avec l'Union européenne, qui est prioritaire pour les trois prétendants. En revanche, l'élection du candidat pro-russe Ianoukovitch pourrait mettre un terme aux efforts ukrainiens visant à intégrer l'Otan.

F24 : Est-ce que Moscou a tiré les leçons de la présidentielle de 2004, lorsque le candidat du Kremlin, Ianoukovitch, avait dû s’incliner face à Ioutchenko ?

LD : Il s’agit d’une question extrêmement importante, car l'élection de 2004 fut un tournant politique pour Moscou. La révolution orange et la victoire de Viktor Iouchtchenko furent un échec cuisant pour Vladimir Poutine, qui s'était personnellement investi, et un revers majeur pour l'influence russe dans la région. Cette fois, la Russie est beaucoup plus prudente. Moscou a choisi d'influencer le résultat par des moyens plus détournés, notamment les "interférences énergétiques".

F24 : Les Ukrainiens étaient aux premières loges de la guerre de 2008 entre la Géorgie et la Russie. Dans quelle mesure cet épisode peut-il influencer le scrutin ?

LD : La guerre de Géorgie a eu un impact considérable en Ukraine, car elle a précipité une recomposition politique et une polarisation très forte entre les camps pro-russe et pro-occidentaux. Le président Iouchtchenko a soutenu, dès le début du conflit, son homologue géorgien Mikhail Saakachvili. Timochenko est restée en retrait et Iouchtchenko en a profité pour quasiment l'accuser de traîtrise. La guerre de Géorgie a effectivement lancé la course présidentielle en Ukraine : on pourra donc mesurer son impact à travers les résultats. Il semble cependant acquis que Iouchtchenko ne passera pas le premier tour et que son coup d'éclat aura été inutile.

F24 : L'arrivée de l’administration Obama (moins belliciste que la précédente) a-t-elle contribué à changer la donne en Ukraine ?

LD : L'administration Obama a fait preuve d'une approche plus souple dans ses relations avec la Russie, ce qui a contribué à détendre l’atmosphère au sujet de l’Ukraine. Mais l'attitude des États-Unis a nettement moins d'impact en Ukraine qu’en Géorgie, par exemple. L'Ukraine est au cœur d'une lutte d'influence entre Russie et Union européenne - cette dernière étant bien plus présente dans la région depuis son dernier élargissement.

Première publication : 16/01/2010

  • UKRAINE

    Le pro-russe Ianoukovitch part favori pour la présidentielle de dimanche

    En savoir plus

  • UKRAINE

    Le conflit gazier achève Iouchtchenko, la Russie se frotte les mains

    En savoir plus

  • GAZ

    Le géant russe Gazprom remet la pression sur l'Ukraine

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)