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Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, reçu à l'Élysee
Ce samedi, le président français Nicolas Sarkozy reçoit le PDG de Renault, Carlos Ghosn, pour tenter de le dissuader de délocaliser la production de la prochaine génération de la Clio en Turquie.
AFP - Le président Nicolas Sarkozy reçoit samedi le PDG de Renault, Carlos Ghosn, pour le dissuader de délocaliser en Turquie toute la production de la prochaine génération de la Clio, alors que Bruxelles a demandé à la France de s'expliquer sur ses pressions sur ses constructeurs automobiles.
A deux mois des élections régionales dans l'Hexagone, un scrutin qui s'annonce difficile pour la droite, ministres, politiques et syndicats se sont emparés du sujet depuis une semaine après l'évocation dans la presse du projet de Renault, dont l'Etat français est le premier actionnaire avec 15,01% du capital.
A en croire le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, la rencontre de MM. Sarkozy et Ghosn sera décisive: "Ca se décidera lors d'un entretien samedi", a-t-il lancé.
Le gouvernement a manifesté à maintes reprises cette semaine son opposition à la production totale en Turquie de la Clio de quatrième génération, attendue en 2013.
"Nous ne mettons pas tant d'argent pour soutenir nos constructeurs pour que la totalité des usines s'en aillent à l'extérieur", a prévenu M. Sarkozy.
Le gouvernement "ne laissera pas la Clio IV être produite en Turquie. La Renault sera produite en France pour être vendue en France", a tonné M. Estrosi à l'Assemblée.
Interrogé par ailleurs vendredi sur une éventuelle montée de l'Etat au capital de Renault, le ministre a estimé que "ce n'est ni l'augmentation du capital, ni le nombre d'administrateurs qui déterminent les choix stratégiques et industriels que le gouvernement et le président de la République veulent obtenir de la part de Renault".
La Commission européenne a quant à elle demandé à Paris des explications, s'interrogeant sur la compatibilité des interventions gouvernementales avec les engagements pris en 2009 lors de l'octroi par l'Etat de prêts aux constructeurs pour les aider face à la crise.
Pour obtenir le feu vert de Bruxelles pour ce dispositif, Paris avait dû alors renoncer à exiger des constructeurs qu'ils ne ferment aucun site en France pendant la durée de ces prêts.
Christian Estrosi a écrit vendredi à la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, pour l'assurer que la France respectait les engagements communautaires, tout en justifiant l'attitude du gouvernement vis-à-vis de Renault.
Mercredi, à l'issue d'un rencontre avec M. Estrosi, le numéro deux de Renault, Patrick Pélata, avait pour sa part réaffirmé qu'il n'y avait "pas de décision prise" sur une éventuelle délocalisation de la Clio IV en Turquie. "Dans tous les cas, il y aura des Clios produites à Flins (région parisienne, ndlr) quel que soit ce qui arrive", avait-il lancé.
Chez Renault, on assure que l'avenir du site de Flins est garanti et que la berline électrique Zoe doit y être fabriquée à partir de septembre 2011.
Carlos Ghosn avait déclaré début novembre, lors du lancement du projet de véhicule électrique à Flins, que l'assemblage des Clio y serait maintenu "jusqu'au moment où la voiture électrique et les batteries prendront complètement le relais".
La production de l'actuelle Clio III est répartie entre plusieurs sites. En 2009, une majorité de voitures, soit 179.500, a été fabriquée dans l'usine turque de Bursa. Le site de Flins en a fabriqué 125.400 et le site espagnol de Valladolid 25.450.
Flins a aussi fabriqué en 2009 15.400 véhicules de l'ancienne version, la Clio II.
Pour une voiture à 14.000 euros, comme une Clio III milieu de gamme, Renault chiffre à 10% l'écart de coût entre le même modèle conçu et fabriqué en France et en Turquie.


























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