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EUROPE

Le pro-russe Ianoukovitch part favori pour la présidentielle de dimanche

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/01/2010

L'élection présidentielle ukrainienne de dimanche, la première depuis la révolution orange de 2004, pourrait voir revenir le camp pro-russe au pouvoir avec Viktor Ianoukovitch (photo), au détriment du président sortant Viktor Iouchtchenko.

AFP - L'incertitude demeurait forte samedi en Ukraine à la veille d'une élection présidentielle qui s'annonce lourde de conséquences pour ses relations avec ses voisins européens et russe et pour l'avenir d'un pays économiquement au bord de la faillite.
   
Si, parmi les 18 candidats en lice au premier tour ce dimanche, l'opposant pro-russe Viktor Ianoukovitch paraît bien placé pour prendre sa revanche sur ses anciens adversaires de la Révolution orange de 2004, le président sortant Viktor Iouchtchenko et son Premier ministre Ioulia Timochenko, la suite paraît moins claire.
   
Sans exclure une surprise du côté d'un candidat moins en vue comme l'ex-banquier Sergui Tiguipko, la plupart des experts et sondages s'attendent à un deuxième tour entre M. Ianoukovitch et Mme Timochenko. Mais l'issue de ce dernier, qui aurait lieu le 7 février, apparaît incertaine.
   
Outre le nombre élevé d'indécis (estimé à environ 20% de l'électorat), les politologues soulignent que la combative Mme Timochenko peut encore combler son retard sur son adversaire en jouant sur les alliances avec les candidats évincés pour tenter de récuperer leur voix et sur ses notoires talents d'oratrice.
   
Selon une enquête de l'Institut de sociologie international de Kiev réalisée début janvier, M. Ianoukovitch recueillerait 39% des voix au premier tour et Mme Timochenko 23%.
   
En revanche, les jeux semblent bel et bien faits pour le chef de l'Etat sortant Viktor Iouchtchenko, dont la présidence a profondément déçu le peuple ukrainien.
   
Quel que soit le vainqueur, il n'aura pas la partie facile pour relever un pays mis pratiquement à genoux par la crise économique -il est depuis plus d'un an sous perfusion financière du Fonds monétaire international et paraît englué dans ses difficultés sociales- et rétablir sa stabilité politique.
   
Il lui faudra aussi ranimer la foi d'Ukrainiens désabusés par la politique, cinq ans à peine après les immenses espoirs suscités par la Révolution orange.
   
"Toutes les révolutions déçoivent, mais celle-ci encore plus que la plupart d'entre elles", relève Andrew Wilson, analyste auprès du European Council on Foreign Relations, un institut de recherche à Bruxelles.
   
M. Ianoukovitch, que certains voyaient déjà condamné à la mort politique après son cinglant échec de 2004 -initialement proclamé gagnant, il avait vu sa victoire invalidée pour fraude- a largement joué sur ce facteur lors de sa campagne électorale, appelant les Ukrainiens à condamner sans appel "ce pouvoir qui a été incapable de gérer le pays efficacement".
   
Mais tous peinent à faire rêver les Ukrainiens. "Le niveau des attentes liées à l'issue de ce scrutin est épouvantablement bas. Le risque existe que le crédit de confiance alloué au futur vainqueur atteigne un record de faiblesse, et en quantité et en qualité. Personne n'attend rien de personne. La question +Pour qui ?+ a définitivement été évincée par celle +Au nom de quoi ?+", s'inquiète le magazine Zerkalo Nedeli.
   
Le pays demeure en outre écartelé entre les aspirations pro-européennes et pro-atlantistes d'une partie de sa population et celles traditionnellement plus russophiles des autres en raison de sa proximité culturelle, historique et géographique avec la Russie.
   
Pour sa part, l'Union européenne rêve de le voir enfin se stabiliser politiquement dans l'espoir de tirer un trait sur le casse-tête énergétique que représente pour elle sa position stratégique de pays de transit gazier et pétrolier.

Première publication : 16/01/2010

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