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Economie

Les États ne sauveront pas les banques à la prochaine crise, avertit Strauss-Kahn

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/01/2010

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde les banques dans leur gestion des aides venant des États, qui se montreront "très réticents" à venir les sauver en cas de nouvelle crise.

AFP - Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a dit vendredi à Washington douter que les Etats viennent au secours des banques en difficulté lors de la prochaine crise financière, estimant que leurs parlementaires s'y refuseront.

"Je suis convaincu que la plupart des parlements, le Congrès ici aux Etats-Unis, l'Assemblée nationale en France, Westminster au Royaume-Uni et d'autres, seront pour le moins très réticents à redonner de l'argent au secteur financier", a déclaré M. Strauss-Kahn lors d'une conférence organisée par la Chambre de commerce franco-américaine.

"En particulier quand ils verront comment le secteur financier s'est comporté après la crise", a-t-il relevé.

"Je ne vois pas de parlementaire dans les pays développés qui ait des chances de revenir vers les électeurs dans quelques années pour leur dire: vous savez, vous tous, il va falloir que vous payiez de nouveau, parce que le secteur financier est de nouveau dans la mouise", a prédit le dirigeant du FMI.

"Nous avons 12 ou 24 mois pour pouvoir mettre en place quelque chose qui ne sera probablement pas entièrement sûr (...) mais du moins plus sûr pour éviter le genre de problèmes que nous avons rencontrés", a-t-il expliqué.

"C'est une question d'équité. Nous ne pouvons pas nous permettre un système qui privatise les bénéfices et socialise les pertes. Beaucoup sont de cet avis", a considéré M. Strauss-Kahn.

"Et donc si nous sommes convaincus de cela, il nous faut absolument trouver un processus pour abaisser le risque d'une telle crise, mais aussi pour gérer cela de manière ordonnée, qui soit utile à ce moment-là, sans revenir à la manière traditionnelle de faire appel aux contribuables", a-t-il insisté.

Le FMI estime que les Etats du groupe des pays riches et émergents du G20 ont dépensé entre 2008 et août 2009 plus de 1.900 milliards de dollars au total pour soutenir leur système financier.
 

Première publication : 16/01/2010

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