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FRANCE

La justice autorise l'expulsion des occupants du squat de la place des Vosges

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/01/2010

Les militants du Jeudi Noir pour le droit au logement peuvent désormais être expulsés du squat qu'ils occupent depuis deux mois et demi, place des Vosges à Paris. Ils devront rembourser l'équivalent des loyers impayés depuis le mois d'octobre.

AFP - Le tribunal d'instance du Ve arrondissement de Paris a ordonné lundi l'expulsion des militants de Jeudi Noir pour le droit au logement, qui occupent un hôtel particulier de la très huppée place des Vosges (IVème) depuis deux mois et demi.
   
"Nous allons interjeter appel, et demander la suspension de l'exécution" de ce jugement, "fondé sur un mensonge puisque la propriétaire n'a jamais habité les lieux", et n'a pas l'intention de le faire à court terme, a réagi l'avocat de Jeudi Noir, Me Pascal Winter.
   
Le tribunal, qui statuait en référé, a ordonné "l'expulsion (...) au besoin avec l'aide de la force publique faute de départ volontaire à compter du 8ème jour du prononcé de la présente ordonnance", soit à compter de lundi prochain, a constaté une journaliste de l'AFP.
   
Il ordonne également aux squatteurs de payer à la propriétaire, Béatrice Cottin, "la somme de 3.400 euros mensuels à titre d'indemnité d'occupation" du 31 octobre (date du début de l'occupation des locaux) jusqu'à lundi prochain. S'ils n'ont toujours pas quitté les lieux d'ici là, ils devront payer par la suite 25.000 euros par mois.
   
"C'est un jugement très dur" qui "impose aux étudiants de partir sans délai et en plein hiver", a déclaré à l'AFP Julien Bayou, un porte-parole du collectif Jeudi Noir, tout en se félicitant que la justice "n'ait pas retenu le préjudice".
   
A l'audience, le 6 janvier, les avocats de Mme Cottin avaient réclamé l'expulsion, ainsi que le versement d'environ 140.000 euros d'indemnités.
   
Me Winter a relevé que le tribunal avait décidé que le jugement devait être "notifié au préfet, pour qu'il prenne en compte le relogement des occupants". "Le tribunal reconnaît qu'il y a un problème, mais il dit +débrouillez-vous+", a ajouté l'avocat, en qualifiant sa décision de "frileuse et ambiguë".
   
Dans un communiqué, Droit au logement (Dal) "dénonce cette décision de justice brutale qui condamne les jeunes de Jeudi Noir à quitter les lieux dans un délai d'une semaine, en plein hiver, et prononce des peines financières disproportionnées".
   
Il "demande que cet immeuble soit réquisitionné par le préfet et qu'une lutte sans merci soit engagée pour que les logements vacants soient habités", ou "à défaut que la propriétaire et son tuteur consentent à signer une convention d'occupation précaire avec les habitants, le temps que son projet de réhabilitation voie le jour, et abandonne ses prétentions financières".
   
Une trentaine de membres de Jeudi Noir, militants, étudiants et travailleurs précaires, occupent depuis le 31 octobre cet immeuble de 1.000 m2 construit au XVIIe siècle, classé monument historique et situé dans le quartier du Marais, sur la prestigieuse Place des Vosges.
   
Le bâtiment a été acheté en 1963 par Mme Cottin, une dame aujourd'hui âgée de 87 ans, représentée légalement par une tutrice. Elle vit depuis plus de deux ans dans une maison de retraite.
   

 

Première publication : 18/01/2010

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