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La Cour suprême ordonne le réexamen du dossier de Mumia Abu-Jamal

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/01/2010

La Cour suprême des États-Unis a demandé à la Cour d'appel qui avait commué la condamnation à la peine de mort de l'ancien leader des Black Panthers en peine de prison à vie de revoir son jugement.

AFP - Mumia Abu-Jamal, un des plus célèbres condamnés à mort américains, risque de voir annulée la commutation de sa peine en prison à vie, obtenue de haute lutte en 2008, après que la Cour suprême des Etats-Unis a demandé mardi à une cour d'appel de revoir cette décision.

"C'est décision n'est pas une mauvaise nouvelle (...) Nous devons maintenant retourner plaider contre la peine capitale devant une cour d'appel", a estimé dans un communiqué Robert Bryan, avocat de Mumia Abu-Jamal.

La plus haute juridiction des Etats-Unis souhaite que la cour d'appel de Pennsylvanie, dans l'est du pays, qui avait commué la peine, réexamine cette décision "à la lumière" d'un autre cas tranché la semaine dernière par les neuf sages.

Cet autre dossier concernait la commutation en prison à vie de la condamnation à mort de Frank Spisak, reconnu coupable d'un triple meurtre dans l'Ohio. La Cour suprême a confirmé la condamnation à mort de cet homme qui, à son procès, arborait une moustache taillée comme celle d'Adolf Hitler et avait fièrement exprimé sa volonté de tuer des Noirs, des Juifs et des Homosexuels.

En 2008, la cour d'appel fédérale de Pennsylvanie avait annulé la peine de Mumia Abu-Jamal, un journaliste noir militant des Black Panthers condamné pour le meurtre d'un policier blanc qu'il a toujours nié, tout en confirmant sa culpabilité dans le meurtre de ce policier, Daniel Faulkner, en 1981.

Les juges avaient estimé que lors du procès de 1982, les instructions données aux jurés avaient pu leur faire croire qu'ils devaient s'accorder à l'unanimité sur des circonstances atténuantes pouvant épargner au condamné la peine capitale, alors que la procédure est en fait moins restrictive.

L'Etat de Pennsylvanie avait fait appel devant la Cour suprême qui avait lié le cas de M. Abu-Jamal à celui de Frank Spisak car les mêmes instructions données au jury étaient contestées dans les deux cas. Même si "ce qui est arrivé au procès de Mumia est différent, tant dans les faits que du point de vue de la procédure", a rappelé M. Bryan mardi.

Dans l'attente de voir sa peine capitale définitivement confirmée ou infirmée, Mumia Abu-Jamal, aujourd'hui âgé de 55 ans, n'a pas quitté le couloir de la mort dans lequel il vit depuis 28 ans.

L'année dernière, la Cour suprême avait refusé de se saisir d'une autre requête, portant cette fois sur sa culpabilité. Mumia Abu-Jamal demandait l'organisation d'un nouveau procès au motif que la sélection du jury en 1982 était raciste. Dix des 15 récusations concernaient des Noirs et le jury final comptait 10 Blancs pour deux Noirs.

Beaucoup des partisans de Mumia Abu-Jamal estiment que l'ancien journaliste militant de la cause des Noirs a été victime d'un procès politique et de forts préjugés racistes. Selon eux, le juge présidant le procès de 1982 aurait déclaré à l'époque : "Je vais les aider à faire frire ce nègre".

De plus, la défense a fait valoir qu'en 1999, un certain Arnold Beverly a avoué à la justice avoir été engagé par la mafia de la ville pour assassiner M. Faulkner en 1981, parce que ce policier enquêtait de trop près sur certaines figures du crime organisé.

Ces arguments, accompagnés de photos de Mumia Abu-Jamal arborant fièrement de longues tresses rastas, ont fait du condamné une icône de la lutte contre la peine de mort. La ville de Paris l'a élevé au rang de citoyen d'honneur en 2003, et une rue de Saint-Denis, en banlieue parisienne, porte son nom.

La ville de Philadelphie a déposé plainte en 2006 contre Paris et Saint-Denis pour "apologie du crime".

Première publication : 19/01/2010

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