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FRANCE

Un an après la grève générale, les Guadeloupéens semblent peu enclins à reprendre la lutte

Texte par Christophe JOSSET

Dernière modification : 20/01/2010

Lancé le 20 janvier 2009 à l'appel du LKP d'Élie Domota, le conflit social de 44 jours qui a paralysé la Guadeloupe a laissé des cicatrices. L’économie a souffert et, un an plus tard, peu de Guadeloupéens semblent prêts à reprendre le mouvement.

"Rien n'a changé"... La réponse est presque unanime de la part des Guadeloupéens, un an jour pour jour après la grève générale qui a paralysé leur île. Pourtant, la population, bien que déçue, ne semble pas prête à se lancer dans un nouveau mouvement social.

La grève générale de 44 jours qui a paralysé l’île au début de l’année 2009 s'est conclue le 4 mars 2009 par la signature d’un accord dit "Bino", accord qui prévoyait notamment une baisse des prix des produits de première nécessité ainsi qu'une hausse de 200 euros pour les plus bas salaires. Mais le LKP, le collectif d'une quarantaine de syndicats et d'associations à l'initiative de la grève générale en 2009, dénonce depuis plusieurs mois "le non respect" des principaux points de cet accord. "Au niveau des prix alimentaires, de l'essence et des salaires, l'État est en train de faire marche arrière", dénonce ainsi son porte-parole emblématique, Élie Domota, dans un entretien le 8 janvier au "Parisien". "On ne se laissera pas faire", ajoute le syndicaliste en lutte contre la "pwofitasyon" (l'exploitation en langue créole).

Les écarts de prix à la consommation avec la métropole, principale revendication du mouvement, ont effectivement peu diminué. Au contraire même, le dernier bilan des prix à la consommation, établi par l'Insee, montre une augmentation en Guadeloupe de 1,7 % sur un an en novembre 2009.

"Seule la mobilisation des masses peut régler le problème"

À cette augmentation s'ajoute une hausse de 4 centimes du prix des carburants, décidée au 1er janvier par le préfet. Quelques jours plus tard, la ministre de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, expliquait que l'Etat "ne pouvait pas rester dans une situation qui reviendrait à faire subventionner par la métropole un produit de consommation", indiquant un retour prévu à un "prix économique" pour les tarifs du carburant.

Suite à l’annonce de cette hausse, pour relancer la mobilile LKP a aussitôt déposé un préavis de grève générale illimitée, mais sans préciser de date. Il s’agit de relancer la mobilisation. Mais pour l’instant, seule une manifestation a été organisée, le samedi 9 janvier à Pointe-à-Pitre.

Lors de cette manifestation, le collectif revendique "plus de 20 000 voire 25 000" manifestants. Cependant, la préfecture n’en compte que 7 500 et souligne que leur nombre est inférieur de 25 % par rapport à la précédente manifestation, en novembre. Élie Domota veut pourtant y voir le soutien de la population : "C'est tout à fait un succès, le LKP est toujours présent", estime-t-il. Avant d’ajouter : "Un an après, je trouve ça exceptionnel que le mouvement social soit aussi fort."

Dans le "Parisien" du 8 janvier, le porte-parole avait annoncé un début de nouvelle grève générale à partir du mercredi 20 janvier, la date anniversaire du mouvement de l’an dernier, avant de démentir précipitamment. "Ce qui est certain, c'est que seule la mobilisation des masses peut régler le problème de la Guadeloupe", précise-t-il.

Mais les Guadeloupéens sont beaucoup plus divisés qu'il y a un an et hésitent à se lancer dans un nouveau conflit social. "Ils avaient raison et c'était pour la bonne cause, mais [la grève] a duré bien trop longtemps", explique Nicholas Héléna, femme de ménage à Pointe-à-Pitre. "Même les enfants ne pouvaient plus aller à l'école", ajoute-t-elle.

"Dans le tourisme, on a beaucoup souffert de ce conflit"

"Les gens sont déçus", estime de son côté Anne Gérard, une habitante du Gosier. Selon elle, "la grève n’a fait qu’empirer les choses, surtout au niveau des tensions entre les communautés originaires de l'île et celles de l'Hexagone. Dans le tourisme, où je travaille, on a beaucoup souffert de ce conflit".

Un constat partagé par la ministre de l'Outre-mer. La Guadeloupéenne Marie-Luce Penchard, première personne originaire d'Outre-mer à être en charge de ce portefeuille en France, dénonce des "difficultés sociales aggravées" depuis la grève. Au troisième trimestre 2009, l'Insee a relevé une hausse de 10,5 % sur un an des demandeurs d'emplois sur l'île. En campagne pour les élections régionales sur la liste UMP, la ministre notait le 12 janvier "une volonté des Guadeloupéens de ne plus suivre" un nouveau mouvement social.

Directement touché, le secteur du tourisme craint une nouvelle crise. "Il ne faut surtout pas qu'il y ait de fermetures d'hôtels, comme l'an dernier", s'inquiète Thierry Gargar, un directeur du Comité du tourisme des Îles de Guadeloupe, dans un entretien à l'AFP. "La journée de mobilisation samedi a engendré certaines annulations ou certains reports", s’alarme-t-il début janvier.

En novembre 2009, l'Insee notait une chute de 28% du nombre des nuits passées à l'hôtel en Guadeloupe sur un an. Or ici, le tourisme représente 7 % du PIB.

Pour aider ce secteur en difficulté, l’Elysée a donc annoncé en novembre un arsenal de mesures. Ce paquet inclut notamment le maintien d'une fiscalité avantageuse et une aide budgétaire pour la rénovation des hôtels.

Première publication : 20/01/2010

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