Dernière modification : 23/01/2010 

- Liberté de la presse - Tunisie


Le journaliste Taoufik Ben Brik reste en prison, verdict le 30 janvier

Jugé en appel pour des faits de violence, le journaliste tunisien est maintenu en détention jusqu'au jour du verdict, le 30 janvier. Taoufik Ben Brik dénonce un "procès politique", ses articles égratignant le régime autocratique du président Ben Ali.

Par Alix LE BOURDON (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, jugé samedi par la cour d'appel de Tunis après sa condamnation pour violence à six mois de prison, a été maintenu en détention dans l'attente du verdict renvoyé au 30 janvier, a annoncé à l'AFP son avocat Mohamed Abbou.

"La Cour a refusé la demande de libération et a repoussé son verdict au 30 janvier contre toute attente", a regretté Me Abbou, estimant que "pour ce procès politique, l'issue ne peut être que politique".

Taoufik Ben Brik, condamné le 26 novembre à six mois de prison pour violence sur une femme, a assuré samedi être la cible d'un "procès politique".

Devant la Cour d'appel de Tunis, le journaliste a dénoncé "une affaire fabriquée par les services spéciaux" pour le punir de ses écrits hostiles au régime du président Zine El Abidine Ben Ali.

"J'ai été arrêté deux heures après la parution d'une interview imaginée" avec le président Ben Ali, au moment où il postulait à sa réélection pour un nouveau mandat en octobre dernier, a-t-il déclaré.

Incarcéré depuis le 29 octobre, il avait été jugé en première instance coupable de "faits de violence, outrage public aux bonnes moeurs et dégradation volontaire des biens d’autrui" sur la base d'une plainte déposée par Rym Nasraoui, une femme d'affaires de 28 ans qui l'accuse d'avoir embouti sa voiture et de l'avoir battue et insultée devant deux témoins.

Ni la plaignante ni les témoins ne se sont déplacés pour le procès.

Le journaliste a été amené samedi de la prison de Siliana (130 km de Tunis) où il était incarcéré depuis sa condamnation en première instance.

Ses avocats, qui ont plaidé l'acquittement, n'étaient pas en mesure de dire s'il devait y retourner ou s'il serait détenu dans une prison de Tunis dans l'attente du verdict.

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Cauchemar

Certains pays sont affligés par le courroux de la nature et frappés d'un tremblement de terre dévastateur ou d'un tsunami ravageur. D'autres pays bénis par la nature et disposant d'atouts généreux pour se développer pacifiquement sont frappés par la malédiction de la dictature. La Tunisie en est un exemple. Epargnée des cataclysmes naturels, ayant une population homogène lui évitant les conflits inter-ethniques et inter-religieux, elle a été depuis son indépendance affligée par une dictature qui refuse de se départir du culte de la personnalité. Ce culte suscite à la longue des réactions allergiques comme celle de Ben Brik. Au lieu de se réformer le régime persiste dans son entêtement et a recours à des manoeuvres rocambolesques pour présenter sa répression du délit d'opinion comme une répression du délit de droit commun. Il ne se rend pas compte que le ras-le-bol est atteint et que de plus en plus de personnes sont prêtes à accepter des risques pour sortir d'un cauchemar qui dure depuis un demi-siècle.

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