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Victoire contestée du président sortant Mahinda Rajapakse

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/01/2010

La télévision d’État annonce la réélection de Mahinda Rajapakse, tandis que son rival Sarath Fonseka, dont le QG est encerclé par l'armée, demande la protection d’un pays voisin. L’opposition dénonce des violations du droit électoral.

AFP - Le président sortant du Sri Lanka Mahinda Rajapakse a été réélu, selon la télévision d'Etat, après une féroce bataille contre son ex chef des Armées, Sarath Fonseka, qui a été encerclé mercredi dans son hôtel par des troupes armées et a demandé la protection d'un pays voisin.

"C'est une victoire éclatante pour le président", a annoncé la chaîne étatique Rupavahini.  

Même si l'annonce formelle de la commission électorale était attendue dans la journée, le porte-parole du chef de l'Etat, Chandrapala Liyanage, a affirmé que Rajapakse avait remporté l'élection présidentielle avec une majorité de 1,8 million de votes sur les 9,84 millions de personnes ayant voté.

"Le président est très heureux et il remercie tous les électeurs", a-t-il ajouté.


Mahinda Rajapakse, nationaliste acharné issu de la majorité cinghalaise, avait convoqué la présidentielle deux ans avant le terme de son mandat débuté en 2005 pour profiter de la vague de soutien qu'il avait reçue après la victoire contre la rébellion séparatiste tamoule.

"Un piège électoral pour le général"

Mais il a retrouvé sur sa route l'ex-général Fonseka, lui aussi considéré dans l'île comme l'artisan de la victoire, qui s'est présenté dans l'opposition après avoir démissionné de l'armée à l'automne, accusant M. Rajapakse de l'avoir soupçonné d'un coup d'Etat.

Le Sri Lanka a proclamé en mai 2009 sa victoire contre les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE), considérés comme un groupe terroriste par le Sri Lanka et les pays occidentaux, après un conflit de 37 ans qui a fait entre 80.000 et 100.000 morts, selon les Nations unies.

Ce premier scrutin d'après-guerre s'est déroulé dans un climat tendu après une campagne émaillée de violences, avec au moins quatre morts et un millier d'incidents recensés par la commission électorale indépendante.

Le ton venimeux de la campagne et les accusations mutuelles de préparation de coup d'Etat font craindre une contestation des résultats et un retour à l'instabilité dans un pays en pleine reconstruction et qui doit faire face à la pression internationale après des accusations de crimes de guerre lors du conflit.

Le porte-parole de l'opposition Rauf Hakeem a affirmé mercredi qu'il y avait eu de nombreuses violations du droit électoral.

La tension est encore montée d'un cran lorsque des troupes armées, constituées d'environ 80 soldats, ont encerclé l'hôtel de luxe où se trouve l'ex-général Fonseka, dans le centre de Colombo.

Les troupes ont été déployées après l'information selon laquelle des déserteurs de l'armée se trouveraient parmi les 400 personnes à l'intérieur de l'hôtel, a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée, le général Udaya Nanayakkara.

L'opposition a condamné ce déploiement de forces militaires, le qualifiant d'entreprise d'intimidation et selon le porte-parole de Fonseka, Mano Ganeshan, l'ex général a demandé la protection d'un "pays voisin" pour assurer sa sécurité.

Le gouvernement avait auparavant accusé Fonseka d'employer une milice privée constituée de déserteurs, une allégation démentie par l'opposition.

Les bureaux de vote à peine clos mardi, le gouvernement a mis en cause la légitimité de la candidature de Fonseka.

Celui-ci avait expliqué auparavant à l'AFP qu'il n'avait pu voter à la présidentielle en raison d'un problème administratif, son nom ne figurant pas sur le registre électoral datant de 2008.

La commission indépendante des élections a cependant affirmé mardi que "ne pas avoir son nom sur une liste électorale n'est pas une disqualification". Une affirmation qualifiée de "simple opinion" par le gouvernement.

Première publication : 27/01/2010

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