27 janvier 2010 - 23H28  

Zelaya quitte le Honduras pour la République dominicaine
Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, a quitté librement son pays mercredi pour la République dominicaine, accompagné à l'aéroport par Porfirio Lobo qui venait tout juste d'être investi officiellement chef de l'Etat du petit pays d'Amérique centrale.
Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, a quitté librement son pays mercredi pour la République dominicaine, accompagné à l'aéroport par Porfirio Lobo qui venait tout juste d'être investi officiellement chef de l'Etat du petit pays d'Amérique centrale.

AFP - Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, a quitté librement son pays mercredi pour la République dominicaine, accompagné à l'aéroport par Porfirio Lobo qui venait tout juste d'être investi officiellement chef de l'Etat du petit pays d'Amérique centrale.

Le départ de M. Zelaya, qui a quitté l'ambassade du Brésil de Tegucigalpa où il s'était réfugié il y a plus de quatre mois, ouvre la voie de l'apaisement au Honduras, un des pays les plus pauvres de la région mis au ban de la communauté internationale depuis le coup d'Etat du 28 juin.

Le président déchu, son épouse Xiomara et leurs deux plus jeunes fils, se sont rendus à l'aéroport peu avant 15H00, heure locale (21H00 GMT), avec M. Lobo et le président de la République dominicaine Leonel Fernandez, qui avait offert d'accueillir M. Zelaya.

Une demi-heure après, l'avion décollait. "Nous reviendrons, nous reviendrons", a lancé M. Zelaya aux journalistes au moment de monter dans l'avion, alors qu'environ 10.000 de ses partisans s'étaient rassemblés autour de l'aéroport pour lui dire au revoir.

Elu pour quatre ans le 29 novembre, M. Lobo, 62 ans, issu de l'oligarchie de planteurs et éleveurs qui domine le Honduras, devra rendre au pays sa reconnaissance internationale perdue depuis l'arrivée au pouvoir du président putschiste Roberto Micheletti.

Il a annoncé son intention de constituer un gouvernement de rassemblement et exalté, dans son discours d'investiture, l'amnistie "politique" votée mardi par le Congrès pour les personnes impliquées dans le coup d'Etat.

"C'est le principe de la réconciliation", a-t-il déclaré.

L'amnistie inclut M. Zelaya, poursuivi jusqu'alors pour "haute trahison" par la Cour suprême, qui l'accuse toutefois par ailleurs de délits économiques.

Le retrait de la scène publique de M. Micheletti, absent de la cérémonie d'investiture, est également censé contribuer à la réhabilitation internationale du pays.

Avant son investiture, M. Lobo avait déjà reçu l'aval des Etats-Unis, qui ne devraient pas tarder à rétablir leur aide économique, vitale pour le pays. Washington en avait suspendu la plus grande partie après le coup d'Etat.

Il a également reçu mercredi les encouragements de la France à conduire le Honduras sur la voie de la "réconciliation nationale".

M. Lobo devra retrouver les faveurs de l'Union européenne qui a suspendu elle aussi l'essentiel de son aide et jugé son élection illégitime. Et surtout des pays latino-américains, les plus véhéments à avoir condamné le coup d'Etat.

Le retour en grâce du Honduras sur la scène mondiale n'est plus qu'une question de temps, selon les experts.

"La communauté internationale n'est guère enthousiasmée par le Honduras tel qu'il est. Mais il n'y a pas beaucoup d'options, à part rétablir peu à peu les relations avec le nouveau gouvernement", a déclaré à l'AFP à Washington le vice-président du centre d'analyses Dialogue interaméricain, Michael Shifter.

Le secrétaire de l'Organisation des Etats américains (OEA), José Miguel Insulza, a laissé entendre que le Honduras pourrait être à nouveau admis au sein de l'organisation.

Rarement, pourtant, aussi peu de chefs d'Etat auront assisté à une cérémonie d'investiture présidentielle: le président dominicain Leonel Fernandez, le Panaméen Ricardo Martinelli, le Taïwanais Ma Ying-jeou.

La délégation des Etats-Unis était conduite par l'adjoint pour l'Amérique latine de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, Arturo Valenzuela.

L'UE et les principaux Etats membres étaient représentés par des chargés d'affaires.

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