Dernière modification : 30/01/2010 

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La condamnation de Taoufik Ben Brik à six mois de prison ferme confirmée en appel

La Cour d'appel de Tunis confirme la condamnation du journaliste à six mois de prison ferme pour violences contre une automobiliste. Fervent opposant au régime du président Ben Ali, Taoufik Ben Brik affirme être victime d'un procès politique.

Par FRANCE 24 (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - La Cour d'appel de Tunis a confirmé samedi la condamnation à six mois de prison ferme du journaliste opposant Taoufik Ben Brik pour violences contre une automobiliste -- une affaire montée de toutes pièces pour ses défenseurs.

Le verdict annoncé par l'avocate Radia Nasraoui a été confirmé à l'AFP par une source officielle judiciaire.

"La chambre correctionnelle près la Cour d'appel de Tunis a rendu son arrêt dans l'affaire poursuivie contre Taoufik Ben Brik confirmant le jugement de première instance", a indiqué cette source.

Le journaliste a été jugé coupable "pour coups et blessures volontaires, dégradation des biens d'autrui et atteinte aux bonnes moeurs", a ajouté cette source.

Taoufik Ben Brik (Zoghlami), 49 ans, avait assuré être la cible d'un "procès politique" dans le cadre d'une "affaire fabriquée par les services spéciaux" en comparaissant samedi dernier devant cette cour d'appel.

"J'ai été arrêté deux heures après la parution d'une interview imaginée" avec le président Ben Ali, au moment où il postulait à sa réélection pour un nouveau mandat en octobre dernier, avait-il déclaré.

Incarcéré depuis le 29 octobre, le journaliste avait été jugé coupable en première instance, le 28 novembre, de "faits de violence, outrage public aux bonnes moeurs et dégradation volontaire des biens d’autrui" sur la base d'une plainte déposée par Rym Nasraoui, une femme d'affaires de 28 ans qui l'accuse d'avoir embouti sa voiture et de l'avoir battue et insultée devant témoins.

Après sa comparution, il avait été renvoyé dans la prison de Siliana (130 km de Tunis), alors que ses avocats demandaient l'acquittement en plaidant "une affaire montée de toutes pièces".

Le procureur de la république avait en revanche demandé une aggravation de la peine en affirmant que le journaliste n'avait été jugé pour l'ensemble des délits retenus contre lui.

La peine de Ben Brick confirmée en appel

Commentaires (6)

je trouve pas normal

tout le monde saie que se n'est pas juste et que Ben brik et accusé tord dans cette affaire. l'ancien régime a toujours condamné les opposants politique par des fausse accusation avec témoins. pour moi tunisienne et pour la plupart des tunisiens Ben Brik doit être innocenter de cette affaire

Humour et politique

La coïncidence entre les patronymes Nasraoui pour l'accusation et la défense de Ben Brik pourrait s'expliquer par un sens raffiné de l'humour du régime Tunisien quant à son choix de l'accusatrice. Mais cet humour n'était pas au rendez-vous en 1992 lorsque la Brigade des Stupéfiants en France a arrêté le gangster Moncef Ben Ali qui s'est avéré être le propre frère du président Tunisien. Ce trafiquant de drogue international était accusé d'avoir écoulé 200 kilos d'héroïne et de cocaïne en France avec sa Couscous Connection. Il était aussi à la tête d'un réseau de trafiquants de devises et de blanchiment d'argent. Seulement il a pu rentrer sain et sauf au bercail en produisant un passeport diplomatique en bonne et due forme. Il a été chaleureusement accueilli par sa famille car, au contraire de Ben Brik, il n'a pas 'cherché à ternir l'image de son pays à l'étranger'. Il n'a pas non plus daigné se présenter devant tribunal Parisien qui l'a condamné à 10 ans de prison ferme. D'après ses avocats son procès était une machination politique, ce qui n'est pas le cas pour le procès de Ben Brik. L'autre coïncidence, pas drôle non plus, est celle des deux Trabelsi, neveux préférés de la première dame de Tunisie, dénoncés l'été dernier par des bandits qui volaient des yachts en France pour les acheminer vers la Tunisie. D'après eux les commanditaires étaient les neveux de la présidente. Ces 'Tunisiens authentiques' n'ont pas eu non plus à comparaître à leur procès en Corse et se coulent des jours heureux auprès de leur tante qu'ils ne quittent pas des yeux.

La condamnation de Taoufik Ben Brik à six mois de prison ferme

Une chose interpelle avant tout : le verdict a été annoncé par l'avocate Radia Nasraoui, sachant que la "plaignante" dans ce procès s'appelle Rym Nasraoui. Un hasard de patronyme ? Vraiment pas de chance pour lui si c'est le cas (mais je n'y crois vraiment pas !)

toufik ben brik

comment peut on pieger un homme de la sorte ,le president benali n'en ressort pas grandi,la france devrait intervenir pour de tels abuts des droits de l'homme ,et menacer benali de sanctions en vers la tunisie si elle ne respecte pas ce droit fondamental,tant qu'il y aura des dictateurs cela sera ainsi

Question-réponse

Le président tunisien Ben Ali jette lui-même le doute sur l'indépendance et l'impartialité de la justice tunisienne dans l'affaire Ben Brik. Il suffit de se reporter à son solennel discours d'investiture le 12 novembre dernier lors d'une séance extraordinaire de la Chambre des Députés et de la Chambre des Conseillers. L'objet de ce discours était sa prestation de serment après sa 'victoire écrasante' aux élections présidentielles, selon le journal gouvernemental La Presse qui a publié le discours dans son intégralité le 13-11-2009. On y remarque la longue diatribe que Ben Ali a consacrée à Ben Brik sans le nommer. Je voudrais en citer quelques fragments et à chacun de juger. Ce qui frappe surtout c'est l'instrumentalisation de la religion lorsqu'il dit: 'L'amour de la patrie fait partie intégrante de la foi'. Après s'être attardé à brosser le portrait du 'Tunisien authentique' et du vrai patriotisme, il poursuit: 'Le vrai patriote est celui qui répugne à porter son différend avec son pays hors des frontières nationales pour chercher à ternir l'image de son pays et s'abriter sous la puissance de l'étranger. Semblable comportement est répréhensible moralement, politiquement et légalement. Il ne peut rapporter à son auteur que le mépris, même de la part de ceux auprès desquels il a cherché refuge. Au surplus, ce comportement ne peut lui donner aucune immunité face à la législation tunisienne. D'aucuns semblent croire que les qualificatifs qu'ils s'arrogent les autorisent à enfreindre les lois du pays et à lui nuire. Quand ils tombent sous le coup de la loi, ils cherchent à se doter d'une couverture politique pour justifier leurs actes, alors que ces mêmes actes relèvent du droit commun'. A bon entendeur salut. Mais moi, j'ai trouvé ce raisonnement plutôt troublant et je me demande s'il existe un seul juge dans la Tunisie démocratique connue pour sa séparation des pouvoirs qui refuse de comprendre. Par ailleurs je me demande aussi pour quelle raison Ben Brik qui a commis le délit de critiquer Ben Ali dans des médias français n'a pas été poursuivi pour ce crime décrit par Ben Ali lui-même comme 'légalement répréhensible'. 'Ce comportement ne peut lui donner aucune immunité face à la législation tunisienne' a dit le président. Est-ce que Ben Brik aurait été amnistié pour ce crime parce qu'il en a commis un autre relevant du droit commun ou bien devons nous attendre à une suite à l'affaire?

le merite et le non merite

je pense d'après mes connaissances au système judiciaire en Tunisie que Taoufik BEN BRIK (TBB)ne merite pas ce jugement vu les lois appliquées en vigueur et les faits liés à sa condamnation, je pense que le juge au cour d'appel a du appliquer la loi en condamnant T.B.B à 1 an de prison ferme. TBB doit remercier le juge et dieu de tout son coeur, et déclenche le compte à rebours des jours restantes au prison.

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