Dernière modification : 31/01/2010 
- Séisme en Haïti

L'armée américaine cesse provisoirement d'évacuer des blessés haïtiens
L'évacuation vers les États-Unis des personnes grièvement blessées lors du séisme a été interrompue, après que certains États américains ont fait part de leur refus d'assumer le coût des soins qu'il convient de leur apporter.
Par Dépêche (texte)
 

AFP - L'armée américaine a confirmé samedi avoir suspendu ses vols d'évacuation d'Haïtiens grièvement blessés lors du séisme du 12 janvier en attendant une décision sur la prise en charge financière de leurs soins, corroborant un article paru un peu plus tôt dans le New York Times.

"Nous avons temporairement suspendu les vols d'évacuation d'Haïtiens, mais nous avons les moyens de les reprendre", a assuré le capitaine Kevin Aandahl, porte-parole de Transcom, l'unité de gestion des transports du Pentagone, dans un courriel envoyé à l'AFP.

"Apparement, certains Etats (américains) refusaient d'accepter l'arrivée sur leur sol de patients haïtiens pour des soins post-opératoires", a ajouté le capitaine Aandahl. "Nous nous occupons de missions d'évacuation, mais nous ne pouvons transporter personne si nous n'avons aucun endroit pour nous poser".

Certains Etats, comme la Floride (sud-est), renâclent à prendre en charge les coûts engendrés par les soins offerts aux Haïtiens, grièvement blessés dans le séisme du 12 janvier.

Les vols pour évacuer les blessés de la colonne vertébrale, les grands brûlés et d'autres ont pris fin mercredi après que le gouverneur de Floride Charlie Crist eut demandé officiellement au gouvernement fédéral de prendre en charge une partie de ces coûts.

Selon le New York Times, les hôpitaux de Floride ont traité plus de 500 victimes du séisme, notamment un bébé qui avait été retrouvé dans les décombres avec une fracture du crâne et des côtes fracturées.

D'autres Etats américains ont emboîté le pas à la Floride. Les avions qui devaient y emmener des blessés ne s'y posent plus non plus, a ajouté le quotidien.

Cette suspension pourrait s'avérer catastrophique pour les blessés, a déclaré le Dr Barth Green, cofondateur du "Project Medishare for Haiti", une ONG liée à la faculté de médecine Miller de l'Université de Miami qui a évacué jusqu'à présent une vingtaine de blessés par jour.

"Des gens sont en train de mourir en Haïti parce qu'ils ne peuvent pas partir", a déclaré le Dr Green au New York Times.

Le gouverneur de Floride n'a pas précisé le coût pour la Floride des soins des Haïtiens, mais le nombre des blessés et la complexité des soins requis pourrait induire un coût de plusieurs millions de dollars, selon le journal.

Au chevet des blessés
Des milliers d'Haïtiens ont dû être amputés d'un - ou plusieurs - membres après avoir été gravement blessés dans le séisme du 12 janvier, a indiqué l'OMS.

Gaëlle Le Roux
Quinze jours après le séisme, les médecins-secouristes s'occupent désormais de blessures plus légères et du suivi des patients. Gaëlle Le Roux
Le syndrome des loges. Les médecins présents en Haïti le rencontrent 100 fois par jour et le redoutent.Gaëlle Le Roux
Les médecins soulèvent doucement la jambe meurtrie, enlèvent les pansements. De chaque côté du tibia, deux grandes plaies béantes.Gaëlle Le Roux
Des patients attendent leurs soins post-opératoires dans des camps de fortune installés dans la rue. Gaëlle Le Roux
Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, entre 800 000 et un million de personnes se retrouvent sans abri.Gaëlle Le Roux
     

    Commentaires

    Financement de soins

    Les hôpitaux américains doivent équilibrer leurs comptes comme toute entreprise.
    Il y a déja 20% d'impayés avec MEDICARE (soins pris en charge par l'Etat pour les > 65 ans) ce qui va être aggravé si la réforme d'Obama aboutit car il propose d'étendre à partir de 55 ans.
    Si Obama veut faire admetre des haitiens dans les hôpitaux il en doit en assumer la prise en charge financière

    Réagir à cet article

    To prevent automated spam submissions leave this field empty.

    Sur le même sujet

    Fermer