Dernière modification : 02/02/2010 

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29 janvier : Je n'ai pas envie de quitter Haïti

29 janvier : Je n'ai pas envie de quitter Haïti

Les 28 heures de voyage pour rentrer à Paris ne sont pas de trop pour faire la transition entre la vie en France et la vie en Haïti. D'autant plus que je serais bien restée à Port-au-Prince, tant j'ai encore de choses à raconter...

Par Gaëlle LE ROUX , envoyée spéciale à Port-au-Prince (texte)
 

Lorsque nous quittons l'hôtel où nous étions descendus, il ne reste que peu de journalistes à Port-au-Prince. L'heure de dire au revoir à nos fixeurs est venue. L'un d'eux, David, a l'air un peu morose. Il essuie discrètement une larme. C’est la première fois que je vois un Haïtien pleurer depuis le début de mon séjour. "C’est maintenant que je réalise. J’ai l’impression que ça vient juste d’arriver à mon cerveau", lâche-t-il. Il parle du "7,3" - surnom qu'il a donné au séisme.

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Une petite larme, vite séchée. J’ai la gorge nouée. J’ai envie de rester, de raconter encore et encore le courage de ce peuple, la clairvoyance de ses jeunes, leur sourire, leur silence face à la souffrance. Leur générosité, aussi. Cet enfant qui m’a offert un bonbon en arrivant dans un camp. Ce bonbon que je n’ose pas avaler, toujours dans une poche de mon sac. Cette femme, qui me donne un morceau de pain alors qu’elle peine à survivre. Les poules qui traînent dans les camps mais que personne ne va manger, parce qu’ "on ne sait pas à qui elles appartiennent" et que "leur propriétaire risque d'en avoir besoin".

On m’avait dit de me préparer à affronter la violence, l’agressivité. Je reviens en France avec une toute autre vision d’Haïti. Je n’ai pas la prétention d’avoir tout vu, de tout connaître. Mais je crois que ce qu’on a appelé "pillages" dans nos journaux n'était, en fait, qu'un réflexe de survie. Vous et moi agirions de la même façon si nos enfants, nos amis, nous-mêmes, risquions de mourir de faim et de soif. Après coup, le mot "pillages" me choque, me révolte.

Maintenant, je dois raconter tout ça autour de moi pour faire changer l'image que nous avons d’Haïti.

Commentaires (11)

seisme

felicitation en lisant ce text j'ai faillut pleurer avant tous tu es une journaliste de coeur tu dis la realite telle quelle est merci beaucoup sa me fais un grand plisir tu es professionel

Felicitacions!!!

C'est courageux de votre part Gaelle, vous etes l'un des rares pour ne pas dire l'unique journaliste occidental a avoir une vision aussi objective de la situation sevissant en Haiti apres le seisme.
Comme beaucoup d'autres haitiens, je suis d'avis que ce moment est ideal pour que toutes les forces vives de la nation se mettent ensemble, pour dire non au sous-developpement et a la misere chronique qui ronge ce peuple depuis plus de deux siecles.

Merci Gaelle.

Tu m'as impressione. C'est vrai!!! C'est difficile de rencontrer ca chez un journaliste occidental. T'es objective et clairvoyante dans ton article. Mon peuple n'est pas barbare comme on le preconise la-bas. Comment immaginez-vous une population de pres de 120 000 habitants qui ne s'entredechirent avec moins de 30 policiers disponibles (Ounaminthe, Nord'Est d'Haiti). Non, c'est de la propagande de la part des occidentaux pour montrer a leur peuple qu'ils sont meilleurs que nous autres et pour continuer a plonger le pays dans l'oubli.
Haiti renaitra. Ma seule inquietude: ces millions de personnes qui ne savent pas choisir leurs dirigeants par manque d'education et ces polititiens qui en profitent.
Qu'ils viennent des polititiens qui pourraient "devenir populaires sans pourtant etre populistes"
Merci Gaelle.

pour q'elle raison DIEU FAIR SOUFRIE CEU PEUPLE

DIEU SE SOUVINDRA DEU

Defendons notre dignité de peuple libre

Nous n'avons pas besoin de vos aides elles sont empoisonnées et malsaines et que vous donnerez a vos enfants, nous haitiens la france et consorts ne peuvent pas nous remetre a genous on nous dit que nous sommes pauvres betes et ignorants c'est faut, nous savons faire la guerre, nous savons proteger les pauvres, vous vous rappelez les yankees a samana, les americains du sud encore ils sussent notre reserve petroliere la seule au monde qui reste intaque, cette journaliste a fait un bon boulot , elle a partage avec nous notre experience appocalyptique merci Gaelle au jour de leur appocalype vous serez en de bonne main en haiti la terre des atlantes la terre haute que personne ne pouvait souiller.

maltraite

je voix pas meme l importence des aide pcq les souffre toujour vous etes la pour vos interet comme d habitube un jour dieu va vous re paye

Merci Gaëlle d'avoir fait

Merci Gaëlle d'avoir fait votre travail de journaliste avec honnêteté et humanisme. Vos articles nous fait découvrir une autre réalité, loin du sensationnel. Votre article sur l'attente au Manoir des Lauriers est le seul que j'ai pu lire sur ce problème à ce jour, je ne comprends pas le silence de vos confrères en France qui me semble-t-il n'ont toujours pas repris cette information. Encore merci à vous.

Merci

SIMPLEMENT MERCI

bravo Gaelle

Nous nous sommes rencontrés au bloc de canapé vert, je suis infirmier anesthésiste.Pour avoir lu tes articles régulièrement, je voulais te féliciter pour ton travail. Je trouve que tu es très humaine et très professionelle.
Bon retour à toi, et bon courage.
Olivier

Merci

Votre derniere phrase me donne l'espoir que le monde changera d'opinion face a un pays que nous connaissons mal vu de France.

Je n'avais pas envie de quitter Haïti

Mercie Gaëlle LE ROUX tu redonne a ce peuple sa dignité bafoué par les media Occidentaux. encore Mercie

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