Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Abdelaziz Bouteflika réélu pour un quatrième mandat

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Aquilino Morelle : Un "caillou" dans la chaussure de François Hollande

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Une semaine dans le monde - 18 avril (Partie 2)

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Une semaine dans le monde - 18 avril (Partie 1)

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Crise ukrainienne : vers une nouvelle guerre du gaz ?

En savoir plus

#ActuElles

Carrière envers et contre tout ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

50 milliards d'économies : un plan d'austérité qui ne dit pas son nom ?

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

La rigueur version Valls

En savoir plus

TECH 24

Les Google Glass déjà mal vues

En savoir plus

  • Les quatre journalistes français otages en Syrie ont été libérés

    En savoir plus

  • En images : les célébrations de Pâques dans le monde

    En savoir plus

  • Vidéo : l'est de l'Ukraine "deviendra un pays indépendant"

    En savoir plus

  • Reportage interactif : Cambodge, les sacrifiés du sucre

    En savoir plus

  • Grande Guerre : les animaux, ces grands oubliés des tranchées

    En savoir plus

  • Abdelaziz Bouteflika, le président fantôme

    En savoir plus

  • Corée du Sud : le capitaine s'explique après le naufrage du ferry

    En savoir plus

  • Coupe de la Ligue : le PSG pour sauver sa saison, Lyon pour la bonifier

    En savoir plus

  • Découverte de la première planète jumelle de la Terre

    En savoir plus

  • L'embryon numérique, la nouvelle technologie pour faire un bébé parfait

    En savoir plus

  • Sans surprise, Bouteflika réélu président de l'Algérie avec 81,53 % des voix

    En savoir plus

  • Prijedor : les survivants contre l’oubli

    En savoir plus

  • Manuel Valls au Vatican pour les canonisations de Jean-Paul II et Jean XXIII

    En savoir plus

  • Hollande ne se représentera pas en 2017 si le chômage ne baisse pas

    En savoir plus

  • Le virus Ebola présent en Guinée et au Liberia est issu d'une nouvelle souche

    En savoir plus

  • La Russie "ne souhaite pas se faire déborder par le mouvement qu’elle a suscité"

    En savoir plus

  • Aquilino Morelle, conseiller politique de François Hollande, démissionne

    En savoir plus

  • Au moins 12 morts dans l'avalanche la plus meurtrière de l'Everest

    En savoir plus

Amériques

"Je parcours ma ville, rasée façon Hiroshima"

©

Texte par Philomé ROBERT

Dernière modification : 01/02/2010

Envoyé spécial de FRANCE 24 en Haïti, Philomé Robert est de retour en France après avoir passé plusieurs jours dans son pays en ruine. Témoignage.

J’ai retrouvé mon peuple. Je respire à nouveau l’odeur caraïbe, les senteurs de ma terre. Effroi ! Épouvante ! Quelques jours plus tôt, Haïti a été ravagée par un tremblement de terre d’une magnitude de 7 sur l'échelle de Richter. C’était un mardi. Un funeste mardi de janvier où le temps s’est violemment arrêté, entraînant deuils, chagrins et destructions. En seulement trente-trois secondes, les entrailles de mon pays se sont mises à se mouvoir.

Abruti, je parcours ma ville rasée façon Hiroshima. Tout ou presque est à terre. Les bâtiments encore debout sont lézardés. Le moindre souffle les mettra K.O.

Port-au-Prince, ma grande ville-poubelle, ma ville-plaie, est lacérée de part en part. Ce soir-là, Haïti a poussé un énorme râle. Combien de cadavres jonchent ce qu’il reste des rues ? Combien pourrissent sous des amas de béton  ? Combien pleurent un frère, une sœur, un mari, un enfant, un bébé, un proche ?

La ville entière pousse des cris de folie. Certains tournent, virevoltent, le regard dans le vide, en quête d'un destin autre que celui, effroyable, qu’ils viennent d’affronter.

Immense nécropole

Le cataclysme s’est abattu, absurde, sauvage, sur un pays déjà ruiné. Un profond sentiment de douleur me prend aux tripes. Des orteils aux cheveux, je sue, je tremble, je pleure. Pleurs de rage, pleurs de pitié et, pourquoi pas, de haine.

J’erre dans cet océan de détresse. L’odeur des cadavres a remplacé celle des vivants. Quels vivants ? J’essaie de saisir cet instant tragique. Rien ! Un souffle ! La terre qui se meut ! La tête qui tourne ! Les jambes qui flagellent ! Thanos qui agite son ignoble flèche ! Et tout s’est écroulé. La maison, le palais, l’école, murs assassins qui vous broient !

La mort s’est agrippée aux collets de Port-au-Prince, de Jacmel, de Petit-Goâve. Elle s’est distillée à la vitesse de l’éclair dans une furie nucléaire. Tous ces bâtiments transformés en tombeaux...

Que dire quand la terre, censée être nourricière, se livre à un incommensurable infanticide ? Quand elle vous laisse un bout de bras par-ci, un bout de jambe par là, un morceau d’abdomen ou un crâne fracassé un peu plus loin ?

Des morts en cascade ! Les chariots remplis de chair humaine courent dans tous les sens à la recherche d’une fosse, quand la ville elle-même n'est qu'une immense nécropole.

Il y a huit ans, j’avais quitté mon pays en pleine folie orchestrée par un apprenti-dictateur. Je le retrouve tassé comme un macabre millefeuille de gravats, de béton aveugle et meurtrier, de macchabées. Des armes de cette République, il n’en reste plus que deux, je crois, pour faire face à l’adversité : la dignité et l’espérance.

Première publication : 31/01/2010

  • SÉISME EN HAÏTI

    "L'État haïtien ne peut pas se relever"

    En savoir plus

Comments

COMMENTAIRE(S)