URGENT
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Dernière modification : 09/02/2010
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts
Roselyne Febvre reçoit Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts.
Lire l'intégralité de l'interview :
Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans "Politiques" avec notre invitée aujourd'hui. Cécile Duflot, bonjour.
Cécile DUFLOT.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes secrétaire nationale des Verts et tête de liste d'Europe Ecologie en Ile-de-France pour les régionales. Alors, petit portrait de vous parce qu'il est vrai qu'on ne vous connaît pas très bien, même si vous avez émergé. Donc vous avez surgi de terre il n'y a pas si longtemps dans le paysage politique. La preuve, Nicolas Sarkozy, en parlant de vous, vous a appelée Mme Soufflot, ce qui rend modeste. Verte dans tous les sens du terme, vous avez trente-quatre ans, mais aussi mûre pour avoir su pacifier votre parti, qui ressemble un peu moins à une bande d'ados échevelés qui se crêpent le chignon. Aux européennes, avec Daniel Cohn-Bendit, vous avez fait un score qui a surpris tout le monde : 16,28 %. C'était Broadway. Vous vous êtes retrouvés au coude-à-coude avec le Parti socialiste. Les Verts ont acquis par les urnes une certaine crédibilité. C'est peut-être enfin l'âge de raison pour ce parti qui s'est longtemps cherché et qui a aussi longtemps cherché désespérément un leader. Bref, c'est une belle carrière qui commence pour vous. Déjà à votre actif, deux rendez-vous avec Nicolas Sarkozy à l'Elysée, le 20 heures de TF1, des invitations dans les médias en veux-tu en voilà. Est-ce que vous êtes guettée par la grosse tête ou pas ?
Cécile DUFLOT.- Je ne sais pas. Je crois que je n'ai pas l'air. Non parce que moi, je viens, avec beaucoup de gens, de l'histoire de l'écologie politique où, effectivement, il y a eu des périodes qui ont été plus difficiles que d'autres. Par ailleurs, comme je ne suis pas là uniquement pour moi mais par conviction et pour porter un projet collectif, je crois que ça vaccine. Donc non, ça va.
Roselyne FEBVRE.- Ça vaccine ?
Cécile DUFLOT.- Ça vaccine contre la grosse tête. Je sais pourquoi je suis là, je sais ce que je fais, je sais qu'il faudra que je passe mon tour, enfin, ma place à quelqu'un d'autre à un moment, donc non, ça va. Enfin, honnêtement.
Roselyne FEBVRE.- Mais votre ambition politique, d'abord, est personnelle ?
Cécile DUFLOT.- Mon ambition politique, elle est grande. Ça, c'est vrai. Parce que je pense qu'aujourd'hui l'écologie, c'est pas seulement une mode. C'est une vraie remise en cause d'un mode de développement qui nous a emmenés dans le mur et c'est la possibilité de mettre en œuvre d'autres solutions, d'être innovants sur les questions aussi centrales que les questions économiques, d'apporter des solutions en matière sociale. C'est aussi faire le lien entre les questions écologiques et les questions de transport, d'emploi, de logement. C'est vraiment passionnant et c'est vraiment aussi l'enjeu du XXIe siècle. Donc c'est éminemment politique parce qu'on pèse sur la société qu'on veut faire fonctionner, donc c'est là où c'est vraiment intéressant.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que, justement, ce n'est pas paradoxal entre l'urgence qu'il y a de l'écologie et puis un parti qui a quand même eu du mal à sortir de terre et qui a du mal à trouver sa crédibilité et à trouver sa place dans notre pays par rapport aux Allemands ou par rapport à certains pays d'Europe ?
Cécile DUFLOT.- D'abord, ça fait quelques années quand même que les choses vont beaucoup, beaucoup mieux au sein des Verts. Il faut du temps pour que tout le monde se rende compte que les choses ont changé mais ça fait de nombreuses années. Il faut aussi voir que, sur l'échelle de l'histoire politique, effectivement, les Verts ont vingt-cinq ans, donc l'histoire politique de l'écologie, elle est quand même encore assez courte, donc c'est normal qu'on ait eu des difficultés. Je pense qu'on porte une part de responsabilité dans le temps que ça a pris, justement, mais aujourd'hui on en est sortis et bien sortis.
Roselyne FEBVRE.- Peut-être deux mots avant de passer à la politique pure et aux régionales puisque vous êtes tête de liste, je le rappelle, en Ile-de-France. A Copenhague, on a vu l'incapacité des Etats à se mettre d'accord. On a vu un président de la République, Nicolas Sarkozy, très volontariste. Vous dites : "C'est bien, un Président écolo mais il faut que les actes suivent."
Cécile DUFLOT.- D'abord, justement, il est pas écologiste dans la mesure où il a récupéré les mots, une partie des expressions, il a eu des grandes envolées lyriques, on va dire. Mais, quand il s'agit de passer à l'action, qu'il s'agisse de la fiscalité écologique, qu'il s'agisse des engagements que pouvait prendre la France au sein de l'Union européenne pour faire avancer les choses avant Copenhague, qu'il s'agisse même...
Roselyne FEBVRE.- C'est-à-dire ?
Cécile DUFLOT.- Je pense réellement que l'Union européenne n'a pas joué son rôle à Copenhague. C'est-à-dire qu'elle aurait dû être à l'initiative, être assez exemplaire, tant du point de vue des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre que des financements à apporter aux pays du Sud pour aider à la transition énergétique. On a été très moyens sur un et mauvais sur l'autre. Voilà ce qui s'est passé. Et la France a joué un rôle pas extrêmement utile dans cette période. Il faut savoir aussi qu'une partie des engagements devait être envoyée à l'ONU avant la fin du mois du janvier. On est, comme d'habitude, en retard. On n'a pas répondu à cette obligation qu'on s'était donnée. Donc là, il y a encore deux rendez-vous, après Copenhague, qui sont Bonn, puis Mexico, d'ici un peu moins d'un an. Il faut absolument se remobiliser sur la question. Parce que là, on a une espèce de déprime post-Copenhague sauf qu'on a beau être déprimés, ça n'arrête pas le problème du dérèglement climatique.
Roselyne FEBVRE.- En France, pour les régionales, vous avez promis, paraît-il, une campagne festive. Ça veut dire quoi ? Vous allez danser dans les meetings ?
Cécile DUFLOT.- Pas que. On a d'abord travaillé, puisqu'on l'a présenté aujourd'hui, sur un projet à la fois ambitieux, cohérent et pragmatique, c'est-à-dire qu'on puisse mettre en œuvre dès le 21 mars, dès la date de l'élection. Sur quatre ans. Un projet qui vise à engager la transformation écologique de l'Ile-de-France. Il faut profondément remettre en cause les mécanismes qui font qu'aujourd'hui on subit une crise globale. Il ne faut pas juste se protéger, il faut agir pour dépasser cette situation et mettre en place les réponses. Sur la question du logement, par exemple, il faut engager une vraie politique extrêmement volontariste d'isolation des bâtiments parce que ça fait diminuer la facture énergétique pour les Français, ça évite le gaspillage d'énergie et ça crée de l'emploi, et notamment de l'emploi non délocalisable. C'est vous donner un exemple pour montrer la cohérence de nos propositions. Donc c'est vrai que, par ailleurs, sur l'aspect festif, on peut aussi travailler très sérieusement, faire de la politique très sérieusement sans se prendre trop au sérieux. C'est plutôt une bonne chose parce que souvent, finalement, on arrive très bien à se prendre au sérieux et moins à travailler sérieusement.
Roselyne FEBVRE.- A l'UMP, les porte-parole s'en sont pris à votre bilan puisque le vice-président de la région Ile-de-France est issu du parti écologiste en Ile-de-France.
Cécile DUFLOT.- On en a quatre sur quinze.
Roselyne FEBVRE.- Voilà. Donc ces porte-parole disent : "Il y a un retard incroyable en Ile-de-France sur la pollution."
Cécile DUFLOT.- Ouf ! Oui, alors là, c'est assez extraordinaire. Ils ont réagi parce qu'il se trouve que je suis allée visiter Airparif. Airparif, c'est l'organisme - il y en a trente-quatre en Ile-de-France - qui mesure la pollution de l'air et qui fait des analyses scientifiques sur les causes et les conséquences aussi sur la santé puisqu'ils sont en lien avec les études épidémiologiques qui étudient les pics de pollution ainsi que la pollution assez installée durablement. D'ailleurs, c'est à noter, en Ile-de-France, dans la région parisienne, aujourd'hui, on est donc au tout début du mois de février, il y a déjà eu six fois le seuil d'alerte qui a été dépassé pour la pollution aux particules. La pollution aux particules, c'est celle qui provoque les maladies pulmonaires, notamment chez les enfants ou chez les personnes âgées. Donc c'est vraiment un vrai problème lourd.
Aujourd'hui, Airparif a été privé d'un certain nombre de recettes. C'est un organisme qui est plutôt géré par l'Etat, qui a été quasiment préempté par l'Etat. C'est pour ça que ça ne manque pas d'air d'expliquer que c'est un problème de la région de la part du gouvernement. Ils ont diminué leurs subventions et, en plus, ont tenté ou tentent, par le biais d'un certain nombre de propositions, dont une qui a été discutée en conseil des ministres il y a quelques jours maintenant, de casser le thermomètre en disant : "Voilà les objectifs qu'on va mettre en matière de pollution et de seuils d'alerte. Sauf en zone urbaine et aux endroits où c'est pas possible d'atteindre ces seuils." C'est vraiment très irresponsable parce que ça empêche Airparif de pouvoir activer les mesures qui permettent d'alerter les personnes fragiles.
Roselyne FEBVRE.- Voilà qui est clair. Les sondages annoncent un tassement, c'est-à-dire 13 %, donc on est un peu loin des 16 % des européennes. Qu'est-ce qu'il se passe ? Vous piquez du nez ?
Cécile DUFLOT.- Si vous voulez, moi, je commenterai les résultats de l'élection quand les gens auront voté. Parce que c'est vrai que c'est toujours très compliqué de commenter les sondages. Je disais la même chose quand ils nous étaient extrêmement favorables. Je suis très constante sur ça. Pourquoi ? Parce que, aujourd'hui, on vient de présenter notre projet, de le rendre public. On a encore deux mois pour faire campagne pour intéresser les habitants des différentes régions au débat des régionales, qui est un débat vraiment intéressant puisqu'on touche effectivement à un certain nombre de sujets de la vie très quotidienne.
Roselyne FEBVRE.- Proximité.
Cécile DUFLOT.- Voilà. La question du transport, la question du logement. Mais aussi les questions de développement économique. Et c'est très intéressant de savoir justement comment chacune des formations politiques se présente, se prononce sur la manière de répondre à la crise. Nous, on a des vraies propositions qui permettent, en tout cas en Ile-de-France, de créer très rapidement 170 000 emplois en travaillant sur la conversion des filières, en travaillant sur des écoactivités, en travaillant sur le secteur de l'économie sociale et solidaire, donc des emplois à la fois durables et non délocalisables puisqu'ils seront attachés au territoire.
Roselyne FEBVRE.- Daniel Cohn-Bendit s'est exprimé en disant qu'il était improbable que les Verts remportent des présidences de régions. Il est lucide, Danny Cohn-Bendit, non ?
Cécile DUFLOT.- Il est peu probable. C'est-à-dire que, aujourd'hui, effectivement, c'est pas une évidence absolue - il n'y en a pas pour l'instant - que les présidents de régions deviennent écologistes. Sauf que tout ça, c'est - je vous dis - dans la main des électeurs et des électrices. Ils décideront le 14 mars. Ce n'est pas impossible. Il suffit de voter pour Europe Ecologie le 14 mars et ce sera possible.
Roselyne FEBVRE.- Donc vous êtes moins pessimiste que lui ?
Cécile DUFLOT.- Il ne s'agit pas d'être pessimiste ou optimiste quand on fait de la politique. Il s'agit de savoir si on a des convictions, si on veut les défendre. Le projet dont je vous parle, bien évidemment qu'on a envie de le mettre en œuvre. On n'est pas là pour dire : "On a un super projet vraiment équilibré qui répond aux urgences, qui permettra de sortir des familles de la difficulté mais, bon, on va attendre quelques années parce que, vous comprenez, on n'est pas sûrs de vouloir assumer les responsabilités." C'est le contraire !
Roselyne FEBVRE.- Comment montrer que vous êtes crédible face aux électeurs ?
Cécile DUFLOT.- Vous savez, je crois que les électeurs et les électrices, ils sont bien plus intelligents que ce qu'on croit parfois. Ils sont capables de lire ces propositions, de voir qui défend quoi et qu'est-ce qui répond aux urgences aujourd'hui, à la fois aux urgences sociales et aux urgences écologiques. Lier les questions écologiques et les questions d'emploi, par exemple en travaillant justement sur les questions énergétiques, créer un service public des énergies nouvelles en Ile-de-France, comme on le défend, avoir une autre politique de transports, travailler à la conversion de certains secteurs comme le secteur de l'automobile ou comme le secteur agricole pour que les agriculteurs puissent nourrir les populations qui sont à proximité, c'est des vrais sujets et c'est dans ce cadre-là qu'il est intéressant de faire de la politique.
Roselyne FEBVRE.- Ça, c'est les vrais sujets. Et, pour la politique, Daniel Cohn-Bendit a encore déclaré que, faute de candidat crédible à la présidentielle, il fallait se ranger dès le premier tour derrière le ou la candidate socialiste. C'est une super idée, non ?
Cécile DUFLOT.- C'est une idée. Il y a plein d'idées. Mais simplement il y a un problème, en France, c'est qu'on est complètement obsédés par la présidentielle. Le quinquennat a renforcé ça. L'inversion du calendrier l'a encore plus renforcé.
Roselyne FEBVRE.- Vous, vous ne l'êtes pas ?
Cécile DUFLOT.- Non, pas du tout.
Roselyne FEBVRE.- Pas du tout ?
Cécile DUFLOT.- Pourquoi ? Parce que je crois que c'est une maladie de la vie démocratique française. Pourquoi ? Parce que ça crée deux choses, l'obsession de la présidentielle et sa conséquence immédiate, la personnalisation absolue où, pour exister, il faut envisager de pouvoir être candidat à la présidentielle et, réciproquement, il faut se dire qu'on a des choses différentes à dire pour exister en tant qu'éventuel candidat. Donc c'est complètement pervers et, si on est obsédé par la présidentielle, on ne parle plus de projet. Et donc le vrai sujet, c'est de savoir ce qu'on va faire. Comment, effectivement, gagner la présidentielle après de nombreuses défaites à gauche, c'est une vraie question mais je pense que la solution, elle est vraiment dans le travail sur un projet alternatif.
Roselyne FEBVRE.- Mais il y a pas la nostalgie chez les Verts de cette gauche plurielle, de gouverner un jour avec les socialistes ? Est-ce que vous pensez que les Verts gouverneront tout seuls ?
Cécile DUFLOT.- Ce n'est pas une nostalgie. Ce n'est pas une nostalgie, c'est qu'on n'est plus dans le même temps, les choses ont changé et je crois que, en tout cas, ce qui est certain, ce qu'ont montré les électeurs lors des européennes, c'est que je crois qu'il faut qu'on revivifie le projet. Si on reprenait les vieilles recettes de la gauche plurielle, avec sa fin tragique...
Roselyne FEBVRE.- Donc ce que dit Daniel Cohn-Bendit, c'est une vieille recette ?
Cécile DUFLOT.- Non, il parle d'autre chose. Vous me parlez de la gauche plurielle, je dis : avec sa conclusion totalement tragique, qui a été le 21 avril, ça nécessite de se dire qu'il faut faire autrement, donc il faut pas regarder en arrière, il faut regarder devant.
Roselyne FEBVRE.- Alors c'est quoi faire autrement, justement ?
Cécile DUFLOT.- Justement, c'est travailler sur un projet. Un projet de gauche, qu'est-ce que c'est ? C'est un projet qui veut du progrès social et qui respecte un certain nombre de valeurs comme le partage des richesses. Mais un projet écologiste, il est héritier de ces valeurs mais il souhaite également y adjoindre la nécessité de prendre en compte qu'on vit sur une planète limitée, aux ressources limitées et que si on n'a pas un modèle de développement qui est structurellement compatible avec cette situation, on va dans le mur. Et c'est là où on est aujourd'hui. C'est-à-dire qu'aujourd'hui on sait très bien que l'épuisement progressif des ressources naturelles, il nous emmène dans le mur.
Roselyne FEBVRE.- D'accord. Ça, c'est pour le projet. Mais le mécanisme politique qui fait que vous arrivez à mettre en place vos idées ?
Cécile DUFLOT.- Mais on y travaillera. On y travaillera à partir du printemps. Vous savez, c'est en 2012.
Roselyne FEBVRE.- Ça vient vite.
Cécile DUFLOT.- Oui, je sais. Il y a déjà des gens qui sont très préoccupés par la présidentielle de 2017. Grand bien leur fasse, ou plutôt grand mal leur fasse parce que je pense que ça évite de se poser les questions de maintenant. Quand il faut se positionner vis-à-vis de son propre camp pour la présidentielle de 2017, honnêtement, on fait n'importe quoi pour aujourd'hui. Et, quand on fait de la politique, l'important, c'est pas uniquement sa propre candidature, c'est aussi de savoir pourquoi on fait ça, qu'est-ce qu'on fait, à qui on s'adresse, quelles solutions on propose.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que Daniel Cohn-Bendit, c'est pas un petit peu un éléphant dans un magasin de porcelaine parfois ?
Cécile DUFLOT.- Daniel Cohn-Bendit, c'est Daniel Cohn-Bendit. Il brasse plein d'idées, il en a des différentes, il réfléchit tout haut. Voilà. C'est lui. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ce n'est pas toujours simple mais, en même temps, c'est sa grande qualité d'être inventif et d'être en train de réfléchir en permanence.
Roselyne FEBVRE.- Aujourd'hui, les socialistes, ce sont des ennemis ou des alliés ?
Cécile DUFLOT.- Ça peut être des alliés, c'est certain. Nous, on ne dit jamais qu'on va gagner. Vous me posiez la question tout à l'heure, je ne vous ai pas répondu. Est-ce qu'on attend de pouvoir regagner tout seuls ? Non, on est bien conscients de la nécessité de pouvoir faire des compromis, de travailler un projet partagé. C'est une évidence. En même temps, il faut être capables de proposer aux électeurs de choisir et de choisir quelle est la dominante qu'ils souhaitent donner à ce projet qui sera porté d'ici à 2012.
Roselyne FEBVRE.- Une question d'actualité. C'est la guerre entre le Parti socialiste et Georges Frêche dans le Languedoc-Roussillon. Après des déclarations sur Laurent Fabius, finalement, le premier secrétaire, Martine Aubry, a tranché. L'honneur est sauf, le Parti socialiste se débarrasse enfin de ce personnage, mais qui risque bien de remporter la Région, en tout cas, parce qu'il a de nombreux soutiens socialistes à l'intérieur de sa liste.
Cécile DUFLOT.- Ecoutez, en ce qui nous concerne, vis-à-vis de Georges Frêche, on a toujours été très clairs. On a été très clairs parce que c'est un énième dérapage. Sans doute le dérapage de trop pour les socialistes parce qu'il a touché une personnalité socialiste mais ce n'est pas le premier, il y en a beaucoup d'autres qui ont été tout aussi graves précédemment. La deuxième chose, c'est qu'on était en désaccord sur sa politique aussi, sa fermeture brutale du Centre régional des lettres, ce qu'il a fait avec le musée d'ode au nucléaire à Marcoule. Il y a beaucoup de choses qui ont amené à ce que nous, on rompe avec Georges Frêche depuis plusieurs années. Les Verts ont quitté la majorité au Conseil régional depuis longtemps maintenant, donc les choses sont claires et on a travaillé au projet de rassemblement d'Europe Ecologie depuis des mois pour construire une alternative politique en Languedoc-Roussillon. En quelques jours, le Parti socialiste, à moins de deux mois de l'élection, a changé de point de vue sur sa stratégie en Languedoc-Roussillon.
Roselyne FEBVRE.- Alors qu'on l'accusait de vendre son âme.
Cécile DUFLOT.- C'est une bonne chose. Je vais vous dire, c'est une bonne chose que Martine Aubry ait pris cette décision et je la félicite de l'avoir fait parce que je pense que ça avait trop tardé et qu'il fallait le faire et que c'est bien de l'avoir fait maintenant. Ça, c'est un premier point.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que ça arrange vos affaires, du coup ?
Cécile DUFLOT.- Le problème, c'est que, du coup, ça a des conséquences. On peut pas dire : "Bon, maintenant on a changé de point de vue, donc Europe Ecologie, vous êtes gentils, c'est tout le monde derrière, en rang et on veut voir qu'une seule tête." Ça ne peut pas marcher comme ça. Pourquoi ? Justement, j'en reviens à ce que je vous disais précédemment. On ne peut pas juste dire aux électeurs : "Voilà le candidat alternatif à Georges Frêche." Il faut dire quel projet on défend, quelles propositions on a pour cette région, quel autre avenir que celui, autocratique et vraiment extrêmement culpabilisant pour tous ceux qui se sentaient attachés à l'image de Georges Frêche parce qu'ils étaient habitants de sa région, comment on fait autre chose. Et on ne peut pas le faire simplement par un Meccano électoral où on oblige des partenaires à s'allier dès le premier tour.
Roselyne FEBVRE.- Donc, en gros, vous n'avez pas envie qu'on vous siffle ?
Cécile DUFLOT.- Non. En gros... D'abord, ce n'est pas qu'on n'a pas envie. Imaginons qu'on était sûrs que ça allait réussir, peut-être qu'on y réfléchirait. Sauf que personne ne peut être certain que c'est la bonne stratégie. Donc a minima on discute. Et Hélène Mandroux elle-même était prête à rejoindre la liste Europe Ecologie il y a moins d'une semaine. Donc il faut se poser la question de savoir quelle est la meilleure opportunité dans cette région pour effectivement être capables de garder la Région à gauche sans Georges Frêche.
Roselyne FEBVRE.- Donc vous renoncez quand même à votre consigne d'autonomie au premier tour ?
Cécile DUFLOT.- Mais non. Pour le Languedoc-Roussillon, on a toujours dit : "Région à part, stratégie à part. Région à part : Georges Frêche président. Stratégie à part : pas de fusion avec Georges Frêche quoi qu'il arrive." On dit le contraire dans toutes les régions. On dit qu'on sera capables de fusionner avec le Parti socialiste en fonction du résultat que souhaiteront nous donner les électeurs et les électrices. En Languedoc-Roussillon, on a exclu depuis le début la fusion avec Georges Frêche, donc c'est pas du tout une question de stratégie globale, c'est une question de cas particulier - extrêmement particulier - du Languedoc-Roussillon.
Roselyne FEBVRE.- Ségolène Royal a sur sa liste des MoDem et trois Verts.
Cécile DUFLOT.- Non, ils ne sont plus Verts.
Roselyne FEBVRE.- Ils ne sont plus Verts ? Donc ils ont été exclus ?
Cécile DUFLOT.- C'est trois élus sortants qui ont fait le choix de pouvoir poursuivre leur mandat, ce qui ne leur était pas garanti sur la liste d'Europe Ecologie, en étant présents sur la liste de Ségolène Royal. Voilà. Ça arrive de temps en temps. C'est arrivé en Languedoc-Roussillon. Je pense honnêtement que ce n'est pas la meilleure des méthodes politiques quand on veut travailler avec des alliés mais, en même temps, c'est pas très grave. La liste Europe Ecologie en Poitou-Charentes, c'est la liste de Françoise Coutant. Elle est extrêmement dynamique et la liste est représentative de toute la diversité de ce qu'est l'écologie aujourd'hui dans la région, donc c'est une très bonne chose. Voilà. On verra bien ce qui se passera ensuite.
Roselyne FEBVRE.- On a le sentiment aujourd'hui, peut-être en vous écoutant, que les Verts n'ont plus envie d'être traités avec ce sentiment de dominant à dominé.
Cécile DUFLOT.- On n'a jamais eu envie. Vous savez ? Je vais vous dire. Ce n'est pas une question de nous, de sentiment de notre petit ego. C'est une question d'efficacité politique aussi. Je crois jamais que ce soit bon, la caporalisation en disant : "Voilà qui est le chef et tout le monde obéit." Je pense qu'on est beaucoup plus intelligents collectivement quand on discute, quand on réfléchit, quand on étudie les différentes propositions et quand on crée une forme de projet commun et d'intelligence collective partagée. La caporalisation, ce n'est jamais bon.
Roselyne FEBVRE.- Merci, Cécile Duflot, d'être passée sur le plateau de France 24. On se retrouve plus tard sur la chaîne internationale. Merci. C'était "Politiques".
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Commentaires (4)
cecile duflot
elle a l'ambion de faire de la polique, la place doit être bonne, alors, les taxes, les impôts, qui augmentent, il faut changer.....les caisses se vident, les aides sociales explosent, les riches partent, ils comprennent a quoi servent leurs impôts.....l'immigration augmente.....peu de gens paient l'impôt, les classes moyennes souffrent, quelle france allons laisser à nos enfants des dettes, alors, l'écologie duflot....pour les bobos.....mais arrêtons de jouer avec les francais......
SLT
BJR
Ouvrons les yeux sur
Ouvrons les yeux sur l'écologie
On dit partout que les glaciers fondent a cause du CO2 des voitures , aussi je profite de cette tribune pour que des personnes de haute Savoie nous disent quand le glaciers des Bossons à Chamonix a commencé à fondre, est ce 1866 comme le dit l'histoire ou 100 ans plus tard , c’est pareil pour le Kilimandjaro est ce bien en 1892 ?
On doit chercher la cause de ces fontes mais ne pas affirmer sans être sur pour rester dans le vent médiatique , d’autres pistes sont en cours ,une parle de la chaleur du fond des océans qui varie , mais il faut encore chercher
Avec un hiver plus rigoureux que les 30 dernières années dans le monde entier , comme à Washington 1..50 mètre de neige au lieu de ou 10 cm, Chamonix avec - 21 degrés , n'est on pas en face d'une immense supercherie sur le réchauffement climatique par le CO2 organisé par des personnalités en manque de notoriété comme le producteur de film Nicolas Hulot , le politique en perte d’audience noël Mamère , le cultivateur Bové qui lance sa fille en politique et la future vedette du show biz Cécile Duflot en recherche de passer sur Gala ?
.
On doit après la campagne de la grippe A, de la réintroduction du loup par des donneurs de leçons" trop intelligents "parisiens , de la mort de nos villages de montagne qui ne peuvent même plus faire un petit chalet dans une petite commune pour soi disant protéger la nature , se méfier de l'endoctrinement médiatique et se demander si un jour un contrepouvoir ne devra pas balayer toute cette faune de philosophes et de " pommés " en recherche de travail et de notoriété qui en vivent après sur notre dos .
Le comble il faut être de gauche pour être vert , est ce sérieux tout ceci , les montagnards sont du parti du travail , on croit rêver
.Ouvrons les yeux sur l'écologie
On dit partout que les glaciers fondent a cause du CO2 des voitures , aussi je profite de cette tribune pour que des personnes de haute Savoie nous disent quand le glaciers des Bossons à Chamonix a commencé à fondre, est ce 1866 comme le dit l'histoire ou 100 ans plus tard , c’est pareil pour le Kilimandjaro est ce bien en 1892 ?
On doit chercher la cause de ces fontes mais ne pas affirmer sans être sur pour rester dans le vent médiatique , d’autres pistes sont en cours ,une parle de la chaleur du fond des océans qui varie , mais il faut encore chercher
Avec un hiver plus rigoureux que les 30 dernières années dans le monde entier , comme à Washington 1..50 mètre de neige au lieu de ou 10 cm, Chamonix avec - 21 degrés , n'est on pas en face d'une immense supercherie sur le réchauffement climatique par le CO2 organisé par des personnalités en manque de notoriété comme le producteur de film Nicolas Hulot , le politique en perte d’audience noël Mamère , le cultivateur Bové qui lance sa fille en politique et la future vedette du show biz Cécile Duflot en recherche de passer sur Gala ?
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On doit après la campagne de la grippe A, de la réintroduction du loup par des donneurs de leçons" trop intelligents "parisiens , de la mort de nos villages de montagne qui ne peuvent même plus faire un petit chalet dans une petite commune pour soi disant protéger la nature , se méfier de l'endoctrinement médiatique et se demander si un jour un contrepouvoir ne devra pas balayer toute cette faune de philosophes et de " pommés " en recherche de travail et de notoriété qui en vivent après sur notre dos .
Le comble il faut être de gauche pour être vert , est ce sérieux tout ceci , les montagnards sont du parti du travail , on croit rêver
.
Bontaz Yves
yves.bontaz@bontaz-centre.com
Pas mal !
Ca fait 3 fois que je la vois à la télé, et je commence à la trouver de plus en plus convaincante cette Cécile Duflot !
C'est sûr c'est pas la langue de bois habituelle, le ton est un peu moins assuré et marketing, comme les pros de la politique, mais du coup elle a l'air vraiment sincère. Ca fait du bien aussi de voir que les écolos ont un projet global et qu'ils font le liens entre écologie, politiques sociales et économie.
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