03 février 2010 - 11H37  

Ecrit "avec les tripes","Lebanon" ou l'enfer de la guerre depuis un tank
Ecrit "avec ses tripes" par l'Israélien Samuel Maoz, l'intense film "Lebanon" qui montre les horreurs de la guerre à travers le viseur d'un tank, sort en salles après avoir remporté le Lion d'or à la dernière Mostra de Venise.
Ecrit "avec ses tripes" par l'Israélien Samuel Maoz, l'intense film "Lebanon" qui montre les horreurs de la guerre à travers le viseur d'un tank, sort en salles après avoir remporté le Lion d'or à la dernière Mostra de Venise.
Ecrit "avec ses tripes" par l'Israélien Samuel Maoz, l'intense film "Lebanon" qui montre les horreurs de la guerre à travers le viseur d'un tank, sort en salles après avoir remporté le Lion d'or à la dernière Mostra de Venise.
Ecrit "avec ses tripes" par l'Israélien Samuel Maoz, l'intense film "Lebanon" qui montre les horreurs de la guerre à travers le viseur d'un tank, sort en salles après avoir remporté le Lion d'or à la dernière Mostra de Venise.
Ecrit "avec ses tripes" par l'Israélien Samuel Maoz, l'intense film "Lebanon" qui montre les horreurs de la guerre à travers le viseur d'un tank, sort en salles après avoir remporté le Lion d'or à la dernière Mostra de Venise.
Ecrit "avec ses tripes" par l'Israélien Samuel Maoz, l'intense film "Lebanon" qui montre les horreurs de la guerre à travers le viseur d'un tank, sort en salles après avoir remporté le Lion d'or à la dernière Mostra de Venise.

AFP - Ecrit "avec ses tripes" par l'Israélien Samuel Maoz, l'intense film "Lebanon" qui montre les horreurs de la guerre à travers le viseur d'un tank, sort en salles après avoir remporté le Lion d'or à la dernière Mostra de Venise.

Traumatisé par des combats où, jeune soldat de vingt ans, il fut tireur dans un blindé, ce natif de Tel-Aviv a mis vingt-cinq ans à en tirer ce puissant premier film autobiographique, à rebours de tout héroïsme.

"Ce fut une journée en enfer. Je n'avais jamais tué quelqu'un avant cette terrible journée. Je suis devenu une vraie machine à tuer. Quelque chose là-bas est mort en moi", a expliqué à Venise Samuel Maoz, aujourd'hui âgé de 47 ans.

Nourri de ces douloureux souvenirs, "Lebanon" fait vivre intensément le début de la première guerre du Liban en 1982, à travers la meurtrière avancée d'un tank israélien.

Enfermés à l'intérieur, quatre jeunes soldats israéliens ne voient du Liban que les massacres qu'ils y perpètrent : femme au bord de la démence après la mort de son enfant, vieillard au regard figé par la haine, assis dans la rue face à son ami foudroyé en pleine partie d'échecs, âne éventré agonisant...

L'horreur de ces scènes, ajoutées au confinement et à la cruelle absurdité des ordres reçus, fait monter la tension entre les hommes.

Car Shmulik (Yoav Donat), Assi (Itay Tiran), Yigal (Michael Moshonov) et Hertzel (Oshri Cohen) prennent peu à peu conscience du fait que cette mission sera peut-être la dernière...

L'image, ramenée à celle du viseur du tank, transforme le réel tantôt en cibles potentielles, tantôt en source de menaces, instillant une grande tension dans le film, tout comme la bande-son, particulièrement soignée.

A l'instar de "Valse avec Bachir" le superbe film d'animation présenté au Festival de Cannes 2008 par un autre cinéaste israélien Ari Folman -- lui aussi un premier long métrage cathartique --, "Lebanon" approche la guerre avec une radicale nouveauté.

Au Festival de Venise en septembre dernier, il a fortement ému les critiques internationaux, avant de rafler la plus haute récompense décernée par le président du jury, le cinéaste américano-taïwanais Ang Lee.

En recevant son prix, Samuel Maoz l'a dédié "aux milliers de personnes à travers le monde revenues de la guerre saines et sauves, comme (lui)".

"Apparemment, elles vont bien, elles sont mariées, elles ont des enfants, mais à l'intérieur elles ont dû apprendre à vivre avec leur douleur", a-t-il estimé, jugeant par ailleurs que "Lebanon" n'est "pas un film politique".

Il peut toutefois "permettre de mieux de comprendre la complexité de la société israélienne", selon Maoz qui dit l'avoir "écrit avec (ses) tripes".

Son film a toutefois déclenché une vive polémique dans la presse libanaise qui l'a jugé "partial", "hypocrite" ou "dénué de remise en question".

Le quotidien An-Nahar, proche de la majorité parlementaire soutenue par l'Occident l'a ainsi qualifié d'"opération d'autodéfense où l'Autre n'existe pas, où il n'est qu'un +ennemi+ masqué, absent, que le film traite de +terroriste+".

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