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Culture

Décès du comédien et metteur en scène Georges Wilson

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/02/2010

Le comédien et metteur en scène Georges Wilson, disciple de Jean Vilar, est décédé à l'âge de 88 ans. Directeur du Théâtre national populaire (TNP) pendant 10 ans, il a également joué dans de nombreux films français.

AFP - "Le rencontrer a été décisif. J'avais trouvé la foi. Je l'ai suivi dans son couvent. Aujourd'hui je n'ai pas envie de le trahir". C'est ainsi que Georges Wilson, mort mercredi à l'âge de 88 ans, rendait hommage en 1996 à Jean Vilar, son mentor.

Il a été à la fois son successeur (1963-1972) au Théâtre national populaire (TNP) à Paris, son héritier intellectuel pour sa conception du théâtre et l'un des derniers témoins de l'aventure initiale du festival d'Avignon.

Dans les archives de l'INA

Au fil de plus de soixante ans de carrière, ce vétéran de la scène française a joué les classiques comme les contemporains, passant avec un égal bonheur du tragique au comique.

De grande taille et de forte stature, l'oeil malin et le nez taillé à coups de serpe, le comédien avait mis son physique, sa voix âpre et tendre, ainsi que son autorité au service de ses personnages, leur donnant une force, qui n'excluait pas une très grande sensibilité.

Connu pour ses colères épiques et son jeu généreux, Georges Wilson, élève de Pierre Lenoir, est formé dans le droit fil de Dullin et Jouvet.

Puis c'est la rencontre décisive avec Vilar auquel il restera indéfectiblement fidèle.

"J'ai débarqué en 1952 pour jouer dans Lorenzaccio. Cela reste le plus beau souvenir de ma vie. La troupe était composée de jeunes qui avaient quatre ans de guerre derrière eux. Enfin on respirait", rappelait-il.

Devenu membre de la troupe du TNP aux côtés de Gérard Philippe et de Maria Casarès, le comédien joue les grands rôles de la plupart des pièces montées, campant un inoubliable "Ubu", et met en scène "L'Ecole des femmes" en 1958.

Directeur à son tour du TNP, il poursuit l'oeuvre de Vilar sans la répéter, et monte des auteurs tant classiques que contemporains : Gorki, Vercors, Marivaux, Dürrenmatt, Brecht, Giraudoux, Sartre, Edward Bond.

Par la suite, il joue et met en scène "Sarah et le cri de la langouste" (1982), "Léopold le bien-aimé" (1986), "Les dimanches de Monsieur Riley" de Tom Stoppard (1992), "Henri IV" de Pirandello (1994).

Entre-temps, il reprend avec Rufus et Michel Bouquet, "En attendant Godot" de Beckett.

En 2001, il reçoit avec émotion un Molière du meilleur comédien dans un second rôle pour "La Chatte sur un toit brûlant".

Deux ans plus tard, Wilson remonte sur scène à Paris, pour interpréter "Le Vent des peupliers" de Gérald Sibleyras. Jouer des auteurs contemporains, "c'est ma mission, toute ma carrière j'ai cherché quel était le poète qui témoignerait de son époque et que j'avais à découvrir dans tous ces méandres, dans ce monde", disait-il alors.

En 2008, il interprète le vieux Paulin, confident de Titus, dans "Bérénice" (Racine) montée par son fils Lambert.

Pour Wilson - il a dirigé Edwige Feuillère, Madeleine Renaud, Jacques Dufilho, François Périer, Suzanne Flon, Claude Rich, Delphine Seyrig -, "mettre en scène, c'est comme interpréter une symphonie ou un concerto. Il faut savoir trouver la musique de chaque comédien pour ensuite les rassembler dans l'harmonie".

A l'écran, il apparaît dans plus de soixante long-métrages et quarante productions télévisés avec des rôles très divers.

Il campe notamment l'aumônier du "Dialogue des carmélites" (1960), le héros clochardisé d'"Une aussi longue absence" (1960), ou le capitaine Haddock de "Tintin et la toison d'or" (1961), avant de tenir des emplois plus secondaires.

Pour sa dernière apparition au cinéma, dans "l'Ennemi public no 1" en 2008, Wilson a tenu le rôle de l'homme d'affaires Henri Lelièvre, kidnappé par Jacques Mesrine.

Première publication : 03/02/2010

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