04 février 2010 - 19H50  

Le Syndicat du Livre attaque Bolloré en défendant Le Monde
Le sort de l'imprimerie du Monde et au-delà, celui du quotidien, est au centre d'un bras de fer engagé par le Syndicat du Livre qui accuse le groupe Bolloré et sa branche médias de vouloir ajouter aux difficultés du journal du soir.
Le sort de l'imprimerie du Monde et au-delà, celui du quotidien, est au centre d'un bras de fer engagé par le Syndicat du Livre qui accuse le groupe Bolloré et sa branche médias de vouloir ajouter aux difficultés du journal du soir.

AFP - Le sort de l'imprimerie du Monde et au-delà, celui du quotidien, est au centre d'un bras de fer engagé par le Syndicat du Livre qui accuse le groupe Bolloré et sa branche médias de vouloir ajouter aux difficultés du journal du soir.

Le groupe Bolloré a décidé l'été dernier de quitter l'imprimerie du Monde et de confier à partir de janvier 2010 l'impresssion de son gratuit Direct Matin à Brodard, imprimerie de labeur (par opposition aux imprimeries de presse), provoquant la colère du Livre-CGT.

Le puissant syndicat y voit la volonté de l'homme d'affaires, réputé proche de Nicolas Sarkozy, d'attenter au quotidien du soir. "Bolloré voudrait affaiblir Le Monde en fragilisant ses moyens industriels qu'il ne s'y prendrait pas autrement", écrit le syndicat dans un pastiche du journal gratuit intitulé "Direct Malin".

Dans l'entourage de Vincent Bolloré, on souligne que seules des considérations techniques ont prévalu. "La qualité d'impression du Monde Imprimerie n'était pas satisfaisante eu égard aux exigences des annonceurs, seule source de revenus des journaux gratuits", fait-on valoir de même source.

Le groupe Le Monde est en négociation exclusive avec un imprimeur espagnol pour le reprise de sa filiale. Le départ du gratuit Direct Matin a été suivi d'une dénonciation du contrat d'imprimerie par le quotidien économique Les Echos, pourtant lié au Monde Imprimerie jusqu'en 2013.

Ces difficultés interviennent alors que le groupe Le Monde, fortement endetté, est dans une zone de turbulence financière. Il doit faire face à des échéances importantes et être recapitalisé dans le courant de l'année 2010.

Parallèlement, le groupe Bolloré réfléchit au lancement d'un quotidien haut de gamme payant, destiné à concurrencer Le Monde, un projet que Yannick Bolloré, fils de Vincent et patron de la branche médias du groupe, avait évoqué à la mi-janvier.

Toutefois, on soulignait jeudi chez Bolloré qu'aucune équipe n'est encore constituée, ni de calendrier arrêté.

La CGT craint que Bolloré ne prépare en fait l'arrivée de son quotidien en affaiblissement son rival existant. "On comprend mieux l'empressement de Bolloré à vouloir saborder +le journal de référence+ afin de mieux placer son quotidien du soir", écrit la CGT.

Depuis deux semaines Bolloré a suspendu la parution de ses gratuits à Paris comme en régions. Reprise depuis seulement trois jours, la sortie de Direct Matin est perturbée par les opérations de blocage menées notamment contre l'imprimerie de Seine-et-Marne.

La bataille engagée entre le syndicat et le groupe Bolloré avait abouti dans la nuit de mardi à mercredi au blocage de l'imprimerie Brodard et à la destruction de plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires de Direct Matin.

Le Syndicat général du Livre et de la Communication écrite (SGLCE-CGT), a réunis jeudi en urgence l'ensemble de ses représentants dans les entreprises de presse. Dénonçant "le silence" du Syndicat de la presse quotidienne nationale (auquel n'appartient pas Bolloré), le Livre CGT a cependant appelé à des arrêts de travail dès jeudi soir dans la presse nationale.

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