Dernière modification : 09/02/2010
- Martine Aubry - Nicolas Sarkozy - Parti socialiste - Régionales 2010 - Ségolène Royal - UMP
Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes
Roselyne Febvre reçoit Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes et président du groupe PS à l'Assemblée nationale.
Lire l'intégralité de l'interview :
Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans "Politiques" avec notre invité. Jean-Marc Ayrault, bonjour.
Jean-Marc AYRAULT.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Alors, on va passer en revue l'actualité mais, que ce soit la droite ou la gauche, voilà en tout cas un début de campagne pourri par deux affaires. D'abord Clearstream pour l'UMP et puis Georges Frêche pour le PS. Un point partout, la balle au centre. Après des propos jugés antisémites sur la "tronche pas catholique" de Laurent Fabius, votre parti a décidé d'investir pour les régionales la maire de Montpellier en Languedoc-Roussillon face à la liste de Georges Frêche, qui maintient, bien sûr, sa liste. C'est finalement la morale qui l'a emporté sur l'intérêt électoral, on va dire.
Jean-Marc AYRAULT.- Oui parce que je pense qu'il est important que, quand on se bat pour des valeurs, on soit exemplaire. Et quand on est un élu de la République, quelle que soit sa responsabilité, mais surtout quand on est un élu expérimenté comme Georges Frêche, on doit être exemplaire et pas se laisser aller à tenir des propos populistes qui peuvent virer à la xénophobie. Donc le Parti socialiste a bien fait. Donc c'est une affaire qui, pour moi, est réglée.
Roselyne FEBVRE.- On a envie de dire : "C'est pas trop tôt."
Jean-Marc AYRAULT.- Il a déjà été exclu du Parti socialiste en janvier 2007. Là, on pensait qu'il allait se calmer. Il a récidivé. Et encore une fois - une deuxième fois. Et là, c'est plus possible, donc confier la responsabilité de conduire la liste du Parti socialiste dans le Languedoc-Roussillon à Hélène Mandroux, qui est une femme remarquable, qui est maire de Montpellier, c'est pour nous, je crois, le choix qu'il fallait faire. C'est un choix courageux, un choix qui est à l'honneur de la politique.
Roselyne FEBVRE.- C'est vrai que cette affaire tombe mal pour le Parti socialiste.
Jean-Marc AYRAULT.- Ce qui tomberait mal, c'est de ne rien faire.
Roselyne FEBVRE.- Absolument. Mais, sans faire - enfin, si - l'avocat du diable, franchement, dire "pas catholique", est-ce que c'était forcément cibler la judéité, on va dire, de Laurent Fabius ?
Jean-Marc AYRAULT.- Moi, je ne veux pas me lancer dans une exégèse des propos de Georges Frêche. Je pense que ces propos sont de trop. Moi, je les ai dénoncés comme j'avais dénoncé les propos qu'il avait tenus à l'égard des harkis et puis, c'est vrai, sur d'autres sujets. Donc, à un moment, il faut que l'élu, qui engage, à travers sa parole, une certaine idée de la République, de ce point de vue, soit exemplaire, ne se laisse pas en permanence aller. Parce que si la politique, c'est dire tout haut ce que les gens tout bas, c'est tenir des propos de bistrot, ça peut nous conduire loin. Et je trouve que depuis quelques mois, en France, le climat s'est dégradé. Le débat artificiel qui a été engagé par le gouvernement sur l'identité nationale a contribué à ça. Vous avez vu qu'il y avait beaucoup de dérapages.
Roselyne FEBVRE.- On va en parler.
Jean-Marc AYRAULT.- M. Hortefeux a dérapé. Mme Morano a dérapé. Le maire UMP de Franconville a dérapé. Il faut quand même de temps en temps rappeler les principes et nous, nous l'avons fait.
Roselyne FEBVRE.- On peut dire que, sur ce point-là, Martine Aubry a tranché. Est-ce que ça fait du bien, un peu d'autorité au Parti socialiste ?
Jean-Marc AYRAULT.- Il faut qu'on puisse prendre des décisions. Hier soir, au bureau national du Parti socialiste, il y a eu un débat tout à fait intéressant qui s'est terminé par un vote avec une décision qui a été présentée par Martine Aubry elle-même et qui est claire. Nous, maintenant, nous sommes dans la campagne des élections régionales. Ce problème est réglé. Pour le reste, il faut réussir à convaincre les électeurs de venir voter et de choisir des équipes qui les défendent dans chaque de leurs régions.
Roselyne FEBVRE.- Mais Georges Frêche va gagner la Région, vous le savez.
Jean-Marc AYRAULT.- Ecoutez, je n'en sais rien. Nous ne partons pas pour perdre ; on part pour gagner. C'est pour ça qu'on devait clarifier la situation et cette décision était tout à fait opportune.
Roselyne FEBVRE.- Dites-moi, qu'est-ce que vous faites au deuxième tour ?
Jean-Marc AYRAULT.- Ça, on verra.
Roselyne FEBVRE.- Hypothèse. UMP-Georges Frêche : c'est quoi, les consignes de vote ? Non mais il faut se projeter déjà.
Jean-Marc AYRAULT.- Il faut se projeter mais, pour se projeter, il faut d'abord se mettre en situation d'un rapport de force, donc tout doit être fait pour que ceux qui aujourd'hui hésitent rejoignent Hélène Mandroux et se mettent avec elle sur sa liste. Voilà. C'est ça.
Roselyne FEBVRE.- Vous, vous faites quoi ? En tant qu'électeur, vous feriez quoi ? UMP-Georges Frêche : qu'est-ce que vous faites ?
Jean-Marc AYRAULT.- Je ne veux pas me mettre dans cette hypothèse.
Roselyne FEBVRE.- Vous ne voulez pas me répondre.
Jean-Marc AYRAULT.- Je veux me mettre dans l'hypothèse où les valeurs du Parti socialiste sont celles qui doivent gagner. Et, pour ça, aujourd'hui on n'est pas en train de se dire : "On va perdre" alors que la bataille vient juste de commencer.
Roselyne FEBVRE.- Que vont devenir les élus socialistes qui vont rester sur la liste de Georges Frêche ? Est-ce qu'ils vont être sanctionnés ?
Jean-Marc AYRAULT.- A l'heure où nous parlons, nous avons lancé un appel à tous ces candidats pour venir sur la liste d'Hélène Mandroux et prendre leurs responsabilités. C'est un appel à la responsabilité qu'on a lancé.
Roselyne FEBVRE.- Et s'ils ne le font pas ?
Jean-Marc AYRAULT.- On n'a pas lancé d'oukaze. On a lancé un appel à la conscience et à la responsabilité politique. Ensuite on avisera.
Roselyne FEBVRE.- Pour rester sur Martine Aubry, qui a donc montré son autorité...
Jean-Marc AYRAULT.- C'est vrai.
Roselyne FEBVRE.- ... Avez-vous le sentiment qu'elle s'affirme de plus en plus, qu'elle trouve sa légitimité à la tête du Parti socialiste ?
Jean-Marc AYRAULT.- Je le pense. Je le pense et je crois que c'est nécessaire. C'est attendu parce qu'on a besoin d'un Parti socialiste qui marche, qui fonctionne, qui porte aussi une espérance.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que l'autorité, c'est pas la première chose dans un parti ? C'est comme quand on mène une bataille. Il faut que les soldats...
Jean-Marc AYRAULT.- L'autorité, elle s'incarne. Il faut donc une personne pour le faire. C'est la première secrétaire du Parti socialiste et puis aussi elle est issue d'une réflexion et d'une décision collective. Et là, quand on prend une décision comme celle-ci, elle a été proposée par la première secrétaire il y a quelques jours, elle a été mise en débat à la direction du Parti socialiste, au bureau national, qui l'a votée à la quasi unanimité. Donc c'est pas une décision imposée mais, une fois que la décision est prise, on se sent plus forts et il y a quelqu'un pour porter cette parole à l'extérieur, devant les Français.
Roselyne FEBVRE.- C'est vrai que l'avenir s'éclaircit un petit peu au Parti socialiste. On le voit dans les sondages avec deux personnalités, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry, qui émergent en tout cas et qui sont des candidats crédibles pour porter le Parti socialiste. Est-ce que ce sont deux personnalités qui vont s'affronter ou qui peuvent faire un ticket, c'est-à-dire DSK à la présidence et Martine Aubry Premier ministre ? Est-ce que c'est possible ?
Jean-Marc AYRAULT.- Ecoutez, pourquoi pas ? Moi, ce que je crois nécessaire, c'est que, à partir du moment où on a décidé d'organiser des primaires pour désigner notre candidat ou notre candidate, c'est d'arrêter un calendrier et une méthode. Pas maintenant mais après les élections régionales, avant l'été. Et moi, je souhaite que l'on puisse désigner notre candidat ou notre candidate avant l'été 2011 pour que, à la rentrée 2011, à l'automne, on soit prêts. Parce que, pour gagner l'élection présidentielle, il faut non seulement avoir un leader, il faut aussi avoir un projet et puis il faut le présenter aux Français et créer autour un élan, une dynamique et un rassemblement.
Roselyne FEBVRE.- Avant l'été 2011 ? Du coup, est-ce que c'est favorable pour Dominique Strauss-Kahn, qui est encore au FMI ?
Jean-Marc AYRAULT.- Je pense que Dominique Strauss-Kahn, qui fait partie des personnalités préférés des Français, en tout cas pour la gauche, à un moment donné, il sera face à sa propre décision. Aujourd'hui, c'est difficile de faire des hypothèses mais, à un moment, s'il décide d'être candidat, il faut que les conditions soient créées pour qu'il le soit et puis, en même temps, qu'ensuite il commence une campagne. Et une campagne, on n'y arrive pas au dernier moment. Il faut un dialogue avec les Français pour créer une confiance. Je pense que ce que nous entendons chaque jour de la part des électeurs de gauche ou d'autres - pas que de gauche - qui en ont assez de la politique de Nicolas Sarkozy et de sa méthode, c'est que nous préparions une alternative, une réponse. Les gens nous disent : "Trouvez une solution, une solution de leader, une solution de projet et alors on pourra vous faire confiance."
Roselyne FEBVRE.- Plusieurs autres questions. Sur le port du voile intégral, mardi, Eric Besson a signé un projet de décret refusant la nationalité française à un Marocain qui faisait porter le voile intégral à sa femme française. François Fillon approuve, il va signer ce décret. Est-ce que vous approuvez également cette initiative ?
Jean-Marc AYRAULT.- Franchement, on est toujours dans la mise en scène et une espèce d'utilisation à des fins politiciennes et électoralistes...
Roselyne FEBVRE.- ... d'une décision du Conseil d'Etat. C'est ce que vous voulez dire ?
Jean-Marc AYRAULT.- Oui mais on a l'impression que c'est une mesure nouvelle. Comme si, pour la naturalisation de quelqu'un qui est étranger et qui demande à devenir français, il n'y avait pas des lois. Il existe des lois. Bien avant ce que vous venez d'évoquer, à chaque fois qu'une personne qui voulait devenir française ne respectait pas les lois de la République, elle n'était pas naturalisée. C'est pas une mesure nouvelle. C'est une jurisprudence, elle doit être appliquée dans ce cas comme dans les autres. Tout simplement. Je n'ai pas à approuver puisque c'est déjà la loi et on ne fait qu'appliquer la loi.
Roselyne FEBVRE.- Donc c'est communiquer, c'est faire savoir ?
Jean-Marc AYRAULT.- On voit bien qu'il y a une espèce de mise en scène pour dire : "Vous voyez, on fait quelque chose contre la burqa." Non. Ça, c'est pas nouveau. Par contre, sur la burqa, qui est vraiment contraire à nos valeurs, contraire à la dignité de la femme, je pense qu'il faut être intransigeants mais, en même temps, avoir une riposte graduée. La solution qui consiste à faire voter par l'Assemblée nationale une résolution qui rappellerait les principes très clairs de la République serait une bonne méthode.
Roselyne FEBVRE.- Ça suffira ?
Jean-Marc AYRAULT.- Non mais c'est la première chose qu'il faut faire. C'est la première chose parce que ce serait un rappel solennel des positions. Ça peut faire consensus aussi au Parlement - et je le souhaite. La deuxième chose qu'il faut faire, c'est, dans les services publics, que ce soit les services des communes ou de l'Etat, des hôpitaux mais aussi dans les transports publics et dans les commerces, par exemple les banques, dire : "On ne vient pas voilé. On ne vient pas le visage masqué."
Roselyne FEBVRE.- Pas sur la voie publique, donc ?
Jean-Marc AYRAULT.- Alors, après, c'est la troisième question. Est-ce qu'il faut généraliser cette interdiction à l'espace public ? Là, c'est beaucoup plus compliqué et ça pose des problèmes de droit national et international.
Roselyne FEBVRE.- Il faut une sécurité juridique, savoir si c'est possible.
Jean-Marc AYRAULT.- Et là, on ne l'a pas aujourd'hui. Mais, si on avance de façon graduée : un, la résolution pour rappeler les principes ; deux, tous les services publics ou tous les lieux ouverts au public. On ne vient pas masqué, on ne vient pas voilé intégralement. Trois, si, au bout d'un an, on s'aperçoit que ce qui a été fait n'est pas suffisant, on peut passer - on aura pris toutes les précautions juridiques pour cela, on aura eu le temps de le faire - à la phase suivante. Pourquoi pas une loi générale ? Il ne faut pas l'exclure. Au bout d'un an, on pourra faire le point.
Roselyne FEBVRE.- Sur le débat sur l'identité nationale, on sent bien que cette affaire est enterrée l'air de rien.
Jean-Marc AYRAULT.- Oui, c'est un enterrement de premier classe avec le séminaire gouvernemental, donc c'est une forme d'auto-désaveu. Parce que nous, nous avions dit que c'était une démarche totalement électoraliste, à la veille des élections régionales, pour essayer de séduire une partie de l'électorat qui échappe à l'actuelle majorité. Ça ne trompe personne.
Roselyne FEBVRE.- C'est raté ?
Jean-Marc AYRAULT.- C'est raté. Et puis surtout ça fait du mal. Ça fait du mal parce que ça divise et ça stigmatise. On a bien vu que, dans les débats organisés par les préfectures, qui était visé ? L'étranger, le musulman. Et c'est pas ce qu'il faut faire. La France est un pays où on doit se sentir bien ensemble et où on doit respecter les lois de la République, les droits et les devoirs mais, en même temps, on ne doit pas stigmatiser. Et ce débat lancé par le président de la République, avec M. Besson comme faire-valoir, a eu un effet négatif, c'est de diviser les Français alors que le rôle du chef de l'Etat, c'est pas de les diviser, c'est de les rassembler autour des valeurs républicaines.
Roselyne FEBVRE.- On va parler de l'économie et du social. Il nous reste quelques minutes. Donc des relations tendues entre le gouvernement et les syndicats, d'abord sur le dossier des retraites. On va en parler. Et puis surtout sur le projet de décret de mobilité des fonctionnaires qui introduit une brèche, finalement, dans la garantie d'emploi des fonctionnaires. Les syndicats y voient la crainte de licenciements, de dégraissages et François Fillon a assuré à la radio mercredi matin que la polémique était grotesque. Alors vous, quelle est votre position là-dessus ?
Jean-Marc AYRAULT.- Elle est grotesque ? C'est-à-dire qu'il faut bien se mettre à la place des fonctionnaires. Les fonctionnaires sont la cible permanente. Quand ça va mal, c'est leur faute. Donc non remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Ça, c'est déjà un point. Suppressions de postes massives : dans l'Education nationale, moins 16 000 postes ; dans la police, plusieurs milliers de postes. Ça crée un climat. Le pouvoir d'achat des fonctionnaires, c'est comme pour les autres salariés, il n'augmente pas. On parle aussi de modifier le calcul de leur retraite. Et puis enfin, maintenant, on apprend qu'on pourra les licencier facilement. Quand vous cumulez tout ça, ça crée un climat.
Roselyne FEBVRE.- Pourtant on ne voit pas beaucoup de grèves, on ne voit pas beaucoup de manifestations.
Jean-Marc AYRAULT.- Non parce que, vous savez, il y a une forme de colère rentrée.
Roselyne FEBVRE.- Prête à exploser ?
Jean-Marc AYRAULT.- En tout cas, il y a eu beaucoup de défilés, beaucoup de manifestations mais, si vous voulez, à partir du moment où il n'y a pas de dialogue social, pas de négociation, parfois les gens qui vont manifester, ils se disent : "Est-ce que ça vaut la peine de recommencer ?" Ça ne veut pas dire qu'au fond d'eux-mêmes ils ne gardent pas une amertume, une colère qu'ils exprimeront d'une autre façon. Il y a aussi le bulletin de vote qui peut servir. Dans un pays comme la France, qui est confronté à de très graves problèmes économiques, financiers, budgétaires, fiscaux, il faut accepter de négocier et de trouver un compromis. Et, dans notre pays, la démocratie sociale est en panne. Elle est vraiment en panne. Et là, il va y avoir une épreuve très importante, c'est le dossier des retraites.
Roselyne FEBVRE.- Justement, on va en parler avec Martine Aubry, qui a fait quand même un rétropédalage sur l'âge de la retraite. Elle avait parlé de soixante et un ans et, finalement, elle est revenue sur le curseur. Est-ce que soixante, c'est le curseur qui est bloqué ?
Jean-Marc AYRAULT.- Non, il y a eu une forme de malentendu. L'âge légal, c'est-à-dire la possibilité de partir, si on le souhaite, à soixante ans, il faut le maintenir. Parce que, sinon, on va déraper, on va se retrouver à soixante-dix ans si on continue comme ça.
Roselyne FEBVRE.- Vous avez vu l'Espagne ? Soixante-sept ans.
Jean-Marc AYRAULT.- Oui, justement. Si c'est ça qu'il faut faire, franchement, je crois que les Français sont très majoritairement contre. Par contre, il y a un problème de financement de notre système de retraite par répartition qu'il faut traiter. Il ne faut pas faire comme si ça ne se posait pas. En intégrant la question de l'allongement de la durée de la vie, de l'espérance de vie, mais aussi la question de la pénibilité, qui n'a toujours pas été réglée.
Roselyne FEBVRE.- Il y a quand même un problème démographique de base.
Jean-Marc AYRAULT.- Donc moi, ce que je crois, c'est qu'il faut mettre tout ça sur la table et pas passer en force. Parce que j'ai l'impression qu'on est en train de préparer l'opinion pour que, après les régionales, ça passe en force, la majorité étant largement majoritaire au Parlement pour décider toute seule. Alors que, sur un sujet comme celui-ci, dans tous les pays où le problème des retraites a été réglé, et souvent on les prend en exemple, on prend la Suède, par exemple, comme exemple concret, il y a eu négociation, il y a eu consensus entre les partenaires sociaux et le Parlement ne vient qu'après. Donc c'est ce que nous, nous souhaitons. Il ne s'agit pas de ne rien faire. Il ne s'agit pas d'avoir les yeux bouchés.
Roselyne FEBVRE.- Donc vous n'êtes pas bloqués sur soixante ans ? Vous pouvez évoluer ?
Jean-Marc AYRAULT.- Nous avons réaffirmé le droit à l'âge légal à soixante ans mais on est bien conscients que, avec l'allongement de la durée de la vie, avec le fait que des jeunes rentrent beaucoup plus tard sur le marché du travail, les années de cotisation le reporteront sans doute plus tard. Mais ça n'interdit pas de maintenir l'âge légal à soixante ans. Il y a encore beaucoup de gens aujourd'hui en France qui ont travaillé très jeunes. Supprimer l'âge légal à soixante ans, c'est une vraie faute sociale et je crois qu'on ne pouvait pas l'accepter.
Roselyne FEBVRE.- Xavier Darcos a appelé à un pacte républicain sur ce dossier. Est-ce que vous êtes prêts ?
Jean-Marc AYRAULT.- Je vous ai dit la méthode. Pour moi, c'est chercher un accord avec les partenaires sociaux. Ça, c'est le préalable et puis c'est après que le Parlement aura à se prononcer.
Roselyne FEBVRE.- Donc la porte n'est quand même pas totalement fermée ?
Jean-Marc AYRAULT.- C'est un sujet difficile sur lequel il faut toujours rechercher l'efficacité et l'équité. Et on en est loin.
Roselyne FEBVRE.- Le plan de redressement des finances publiques de la France, vous, vous dites : "C'est un plan caché d'austérité."
Jean-Marc AYRAULT.- C'est ce que nous craignons après les élections régionales. Parce que la France en est à peu près à 9 % de déficit, sa dette explose - nous en serons bientôt à 90 % du PIB, il y a très longtemps qu'on n'a pas connu une situation aussi dramatique. Donc la part principale de cette dette, c'est l'Etat à 80 %. La Sécurité sociale : 10 %, ; les collectivités territoriales : 10 %, même si on les met toujours dans le collimateur. Et je pense que ce qui a été annoncé à Bruxelles par la France risque de se traduire par un plan d'austérité très, très dur mais, comme on ne veut pas dire la vérité aux Français avant les élections, il faut s'y préparer pour après. Et nous, notre devoir, c'est d'alerter les Français.
Roselyne FEBVRE.- Vous disiez que le mécontentement pourrait se traduire dans les urnes. Martine Aubry avait parlé d'un grand chelem. Elle vend quand même la peau de l'ours avant de l'avoir tué, ce qui peut être un peu problématique, surtout avec l'affaire Frêche, qui risque peut-être de gagner la région. C'est probable, d'ailleurs. Le grand chelem, ça vous paraît un peu osé aujourd'hui ?
Jean-Marc AYRAULT.- On part dans une campagne électorale pour la gagner, pas pour la perdre, donc on est combatifs et on a bien des raisons pour ça. Notre bilan de la gestion des régions par nos présidents de région, sur les 22 régions que nous gérons, est remarquable. Et ça, les Français le savent. Chacun le sait dans sa région. Donc nous voulons le défendre. Ça a été un amortisseur de crise. Souvent les régions ont été moteur dans les plans de relance qui ont été lancés et il faut que ça continue. En même temps, on porte des politiques de service public, de solidarité sur les territoires. Donc, avec un tel bilan porté par les socialistes, je crois qu'on est en mesure de dire : "Voilà. Dans la période qui vient, qui ne va pas être facile, notamment au niveau de l'emploi, vous pouvez compter sur des équipes régionales qui vont vous aider, vous protéger, vous défendre et qui, en même temps, préparent l'avenir par les choix qu'elles font." Et puis, dernier point, au moment du vote, chaque Français sera amené à dire ce qu'il pense. On ne va pas le couper en deux. Il votera à la fois pour sa région, le projet pour sa région et puis, en même temps, il donnera aussi son sentiment sur ce qu'il se passe au niveau national.
Roselyne FEBVRE.- On a le sentiment que le Parti socialiste, par ce qu'exprime, ce qu'est aujourd'hui Martine Aubry, reprend du poil de la bête.
Jean-Marc AYRAULT.- Oui, je le crois. Parce que les Français attendent que le Parti socialiste soit exemplaire dans le comportement de ses dirigeants, qu'il soit force de proposition, qu'il soit force aussi d'espoir. Et quand on fait comme ça, ça va mieux. On le sent autour de nous.
Roselyne FEBVRE.- Question de vitalité démocratique, une opposition en forme ?
Jean-Marc AYRAULT.- C'est important d'avoir une bonne opposition qui soit, bien sûr, intransigeante - à l'Assemblée nationale, c'est ce qu'on fait - mais, en même temps, qui prépare des solutions de rechange, des solutions nouvelles pour que le pays reprenne confiance dans l'avenir.
Roselyne FEBVRE.- Alors, la montée de Martine Aubry et la mise en abîme de Ségolène Royal ? Est-ce qu'elle serait dans les choux ?
Jean-Marc AYRAULT.- Ségolène Royal est candidate pour être réélue présidente de la région. Je souhaite qu'elle soit réélue. Je souhaite, comme les autres candidats, qu'elle le soit. Après, on verra qui choisir. Mais ça, ce sera pour le temps d'après.
Roselyne FEBVRE.- Je vous repose la question. Est-ce qu'elle est dans les choux ?
Jean-Marc AYRAULT.- Je crois qu'elle a perdu de son influence comme candidate possible à l'élection présidentielle. Beaucoup de gens le diront. En tout cas, moi, personnellement, je pense à d'autres candidats, nous en avons parlé tout à l'heure. Mais viendra le moment de choisir, ne nous trompons pas de moment. En ce moment, c'est un grand rendez-vous démocratique dans toutes les régions de France, ne le manquons pas.
Roselyne FEBVRE.- On ne pourra pas poser la question à Martine Aubry de savoir si elle pense à la présidentielle le matin en se rasant !
Jean-Marc AYRAULT.- Je ne crois pas que vous pourrez lui poser la question parce qu'elle aurait du mal à répondre mais je crois qu'elle veut surtout faire son travail de premier secrétaire du Parti socialiste et c'est d'abord ça qu'on attend d'elle aujourd'hui et je crois qu'elle le fait pas mal.
Roselyne FEBVRE.- Votre choix est fait dans votre tête ?
Jean-Marc AYRAULT.- Non, je ne l'ai pas complètement fait mais ce que je pense qu'il faut faire, c'est faire un choix qui nous permette vraiment de gagner et de donner aux Français une solution, un choix possible. Et je pense que ce moment, il est attendu. Je suis convaincu qu'on sera au rendez-vous.
Roselyne FEBVRE.- Merci, Jean-Marc Ayrault, d'avoir été l'invité de France 24.
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Commentaires (5)
LES RETRAITES
Comment comprendre que les gens de gauche prônant la retraite à 60 ans, puissent,eux être encore en exercice, alors qu'ils ont dépassé largement lesdits 60 ans
ENTRE AUTRES
Gremetz député communiste 70 ans
MAUROIS sénateur 80 ans
BADINTER sénateur 80 ans
Qu'ils laissent la place aux jeunes qui ont travaillé pour être diplomés et exercer ces métiers
POUR eux:
Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais.
EH puis: pourquoi ne pas interdire à tout français âgé de 60 ans, d'être député, sénateur, maire ou autres fonctions.
discourt tv vidèo
mr le dèputè de nantes les discourts sont plus facile que les actes,tant de nous crevont de faim,et les travaux de la ville sont colosalle et nos appt en mauvais ètat quand a nos retraites si sarko reste sur sa position il nous mènne a la guerre civil car ont en a tous mare il faut dire haut ce que lon pense tout bas
ayrault
mr le dèputè maire de notre ville de nantes,vous vous battè pas asser fort alors quond a votè pour vous et qua ce jour ont crève de faim avec ma retraite de 704 euros et nos appt sont lamentable,et ont ne peu pas avoir un plombier de nantes habitat alors que ma douche mit en septembre 09 ne tient pas fixè dans le mur
vous faite partir des députés
vous faite partir des députés quigagne plus de quatre milleeuro par mois donc des cinq pour cent des plus riches de france donc vous devrer donner dix pourcent devotre salaire sa ne vous ferait pas boité mais vous ètre comme tout les politiques l'argent pour vous lesbelles paroles pour lepeuple qui n'est que du vent de gauche comme droite pour les retaitesil faut voter une loi mille trois centeuro par mois et pour les personnes qui gagnes plus de trois milles euro par mois ils doit ce faire une complémenter
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