06 février 2010 - 14H23  

Warlikowski emmène Isabelle Huppert dans "Un Tramway" nommé déception
Le Théâtre de l'Odéon crée jusqu'au 3 avril un spectacle visuellement soigné du Polonais Krzysztof Warlikowski, qui croit utile de bourrer de références littéraires le "Tramway nommé Désir" de Tennessee Williams et en fait un long spectacle à la gloire d'Isabelle Huppert.
Le Théâtre de l'Odéon crée jusqu'au 3 avril un spectacle visuellement soigné du Polonais Krzysztof Warlikowski, qui croit utile de bourrer de références littéraires le "Tramway nommé Désir" de Tennessee Williams et en fait un long spectacle à la gloire d'Isabelle Huppert.

AFP - Le Théâtre de l'Odéon crée jusqu'au 3 avril un spectacle visuellement soigné du Polonais Krzysztof Warlikowski, qui croit utile de bourrer de références littéraires le "Tramway nommé Désir" de Tennessee Williams et en fait un long spectacle à la gloire d'Isabelle Huppert.

Après Paris, cette ambitieuse coproduction européenne sera jouée à Varsovie (10-14 avril) puis lors de la saison 2010-2011 à Berlin, Grenoble, Luxembourg, Amsterdam, La Haye et Genève.

Sur le papier, le projet était particulièrement alléchant. Non seulement l'un des grands novateurs du théâtre contemporain, Krzysztof Warlikowski, auteur de spectacles fascinants et dérangeants ("Krum", "Angels in America"...), allait s'approprier la pièce (1947) de l'Américain Tennessee Williams (1911-1983). Mais c'est une actrice française hors normes, Isabelle Huppert, qui allait incarner le personnage immortalisé par Vivien Leigh dans le film (1951) d'Elia Kazan. Le tout dans les mots d'un auteur au verbe ardent, le Libanois-Québécois Wajdi Mouawad, qui a signé un nouveau texte en français pour l'occasion.

Difficile de déceler ce qui revient exactement à Mouawad dans la très libre adaptation de Warlikowski. Si libre que le metteur en scène n'a pas été autorisé par les ayants droit de Tennessee Williams à utiliser le titre complet de la pièce.

Warlikowski s'est contenté d'"Un Tramway": c'est court et ça tranche avec un spectacle au long cours (2h40 sans entracte), truffé de textes savants ("Salomé" de Wilde, "La Dame aux camélias" de Dumas fils...) ou plus populaires ("Fesse qui te plaît" de Coluche) et de chansons (de Jarvis Cocker à Amanda Lear). Sans parler du "Combat de Tancrède et Clorinde" de Monteverdi revu à la sauce rock par la chanteuse autrichienne Renate Jett, moins inspirée que dans le récent "(A)pollonia" de Warlikowski. Lequel cite Platon et Sophocle: n'est-ce pas beaucoup pour le théâtre psychologique de Tennessee Williams ?

Isabelle Huppert, elle, ne se ménage pas dans la peau de Blanche DuBois, cette femme perdue dans la promiscuité du logement de sa soeur Stella et son beau-frère Stanley Kowalski, au bout d'une ligne de tramway. Demi-folle marmonnant et se grattant les bras sur son tabouret, petit être couché dans les toilettes ou aguicheuse sûre de son fait et vociférant, l'actrice, virtuose, semble en permanence dire au public "regardez ce dont je suis capable"...

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